Les dispositifs Ecophytos : inventaire, analyse, recommandations
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Depuis le premier plan Écophyto visant à réduire l’usage et l’impact des produits phytopharmaceutiques, plusieurs dispositifs ont été mis en place par l’État et ses opérateurs. Près de 20 ans plus tard, quelle analyse peut-on en faire et quels points d’amélioration peut-on proposer ?
Rapport de mission de conseil n°25052-P
Février 2026
Enjeux
Depuis 2007, la réduction de l’usage des produits phytopharmaceutiques (PPP) est un axe constant de l’action gouvernementale, notamment via les plans Écophyto. Mais la réduction quantitative espérée tarde à se concrétiser, alors que le nombre et les possibilités d’usage des substances actives (SA) se réduisent.
Récemment, et en particulier avec le nouveau plan Écophyto 2030, l’accent est mis sur l’adaptation du rythme du retrait des autorisations de SA à la disponibilité de solutions alternatives, avec des financements publics destinés à la recherche, au transfert, à l’achat d’équipements, etc. tout en maintenant les dispositifs plus anciens, certains ayant aujourd’hui près de vingt ans d’âge.
Dans ce contexte, serait-il nécessaire de réaménager certains dispositifs, voire de reformuler la stratégie de l’État et sa mise en œuvre opérationnelle pour lui redonner du sens, de la cohérence et de l’efficience ?
Méthodologie
Une première série d’entretiens a été réalisée avec les principaux acteurs impliqués dans la stratégie Écophyto 2030 que sont les directions des administrations concernées, les organismes de recherche, les instituts techniques, les organismes économiques et de développement.
L’analyse des données disponibles pour chaque plan identifié a permis d’élaborer une cartographie des dispositifs.
La poursuite des entretiens s’est déroulée avec les principaux acteurs techniques et économiques d’un territoire régional.
Résumé
De réels potentiels d’amélioration ont été identifiés sans redondances manifestes. En revanche, les leviers économiques qui seuls permettraient une massification plus importante restent trop faiblement utilisés.
Depuis le premier plan Écophyto (2008), vingt-six dispositifs ont été mis en place par l’État et ses opérateurs. Ils visent, directement ou indirectement, à stimuler la recherche d’alternatives, à réduire les quantités de substances actives et les risques associés, et à encourager l’adoption de pratiques plus économes par les applicateurs.
Ces dispositifs mobilisent des ressources importantes - jusqu’à près d’un milliard d’euros par an ces deux dernières années - un grand nombre d’acteurs nationaux et dans les territoires, et ont des effets positifs, même si certains résultats peuvent apparaître encore trop lents ou insuffisants. L’opportunité de nouveaux financements post-COVID a stimulé la recherche d’alternatives et incité des collectifs de l’amont des filières à prolonger leur engagement dans les dispositifs.
Malgré leur nombre, la plupart des dispositifs existants sont complémentaires. Pour faciliter la prise en compte de la diversité des acteurs et des projets, la mission recommande cependant de renforcer la gouvernance d’ensemble, en particulier le rôle du conseil scientifique et technique Écophyto, ainsi que la capacité de pilotage et de suivi du ministère chargé de l’agriculture.
La mission constate aussi la difficulté à engager la plupart des exploitants dans ces démarches de progrès, individuelles ou collectives, et recommande de renforcer le niveau régional dans l’animation des collectifs d’agriculteurs, qui est à rationaliser. Dans les exploitations agricoles, le succès des pratiques durables est essentiellement dépendant de la compétitivité relative des systèmes dans lesquels ces pratiques s’insèrent. L’État doit mobiliser à cette fin les paramètres qu’il contrôle pour renforcer la compétitivité relative des agricultures durables, sauf à mettre en échec les autres efforts réalisés pour soutenir l’innovation en agriculture. La mission recommande de poursuivre et d’accentuer la déconcentration et la territorialisation des politiques et des moyens d’action, pour permettre un meilleur ciblage des moyens de l’État. Mais l’État doit aussi encourager et responsabiliser les acteurs privés de l’amont et de l’aval de la production agricole à s’engager avec les agriculteurs dans la réduction de l’usage des PPP.