Le cordon dunaire Atlantique, une protection essentielle face aux aléas climatiques
Giada Connestari / IMAGEO

Chaque jour, les éléments naturels (vent, eau) façonnent le littoral français. Pour stabiliser et protéger les dunes, l’État se mobilise depuis plus d’un siècle et demi. De la Manche aux Landes, l'Office national des forêts (ONF) gère plus de 378 km de dunes domaniales, appelés « cordon dunaire Atlantique ». Cette mission d’intérêt général, confiée par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, comporte différents volets. Explications de Loïc Gouguet, chargé de mission littoral à l’ONF.

Pourquoi est-il essentiel de protéger les dunes ?

Sur le littoral Atlantique, la montée des eaux change l’aspect du littoral. Il est essentiel de garantir la résistance des dunes car elles représentent un bon moyen de protection. Elles constituent une protection en s’adaptant à l’érosion marine, et avec la montée des eaux et le réchauffement climatique, elles jouent un rôle de plus en plus important contre le risque de submersion. Leur maintien est donc une problématique majeure.

Quelles sont ces actions ?

Dès le début du XIXe siècle, les ingénieurs des Ponts et Chaussées puis des Eaux et Forêts ont formé et rehaussé la dune littorale avec des palissades de bois. L’objectif : accumuler le sable au plus près de la mer pour éviter l’engloutissement de maisons ou même de villages. Ils ont ensuite planté des oyats (graminées typiques des dunes) pour fixer ce sable.

Couvertures de débris végétaux (branchages fins), brise-vents (palissades en bois), plantation d’oyats, recyclage de sapins de Noël… Les techniques actuelles perpétuent les actions réalisées auparavant et qui étaient basées sur l’observation et l’imitation des processus naturels. Nous avons deux types d’actions : stabiliser les dunes – par exemple, favoriser le piégeage du sable transporté par le vent – mais également les protéger, en limitant l’érosion éolienne sur les zones non végétalisées, ou encore développer la végétation naturelle des dunes.

Comment cette mission a-t-elle pris en compte les évolutions de la société ?

Les travaux de fixation réalisés dans les années 70 ont très bien marché.

Au fil des années, les attentes de la société ont évolué. Notre gestion du cordon dunaire intègre un volet de protection des milieux et des espèces depuis les années 90. Par ailleurs, la dune est une zone de loisirs, il faut prendre en compte cette dimension dans notre planification d’actions : elle doit être gérée de manière raisonnée pour que l’accueil du public s’effectue dans de bonnes conditions, sans que cela ne l’abime.

D’autres missions sont venues se greffer à partir des années 2000 à cette lutte contre l’envol de sable. Par exemple, dans des zones basses urbanisées comme l’île de Noirmoutier ou l’île de Ré, le cordon dunaire joue aujourd’hui un rôle primordial dans la prévention de la submersion. 

L’action de l’État

Entre le XVe siècle et le XVIIIe siècle, des villages de la côte atlantique ont été ensablés au fil des tempêtes. Des expérimentations de fixation du sable ont été menées localement au XVIIe siècle.

En 1810 paraissait le premier décret de fixation des dunes. L’action gouvernementale s’est ensuite généralisée pour lutter contre les envols de sable.

Depuis 1964, l’ONF a pris le relais de l’administration des Eaux et Forêts pour la gestion du cordon dunaire Atlantique, leur entretien et la lutte contre les envols de sable.