La formation professionnelle continue des exploitants agricoles
18/12/2015
Georges Gosset, Jacques Simon
Une mission conjointe de l’IGAS et du CGAAER analyse l'évolution récente de la formation continue des agriculteurs assurée par l’organisme dédié VIVEA, ainsi que celle de son financement

Gab85.org
Rapport de mission interministérielle d'évaluation N°14126 CGAAER - IGAS

Juillet 2015

Mots clés : Formation professionnelle, formation continue, formation des agriculteurs

Enjeux

Entre 2008 et 2014, le budget du fonds d’assurance formation VIVEA a plus que doublé, de même que le taux de la contribution obligatoire formation versée par les agriculteurs.

Suite à une nouvelle demande d'augmentation de ce taux adressée par VIVEA pour 2015, les ministres chargés respectivement de l'agriculture et de la formation professionnelle ont confié à l’IGAS et au CGAAER une mission visant deux objectifs principaux. D’une part, il s’agissait d’analyser l’évolution récente de l'activité de formation professionnelle des exploitants agricoles, ainsi que l’efficience de la gestion de ces fonds par VIVEA. Il était demandé, d'autre part, de porter une appréciation sur les besoins de formation des agriculteurs au regard des niveaux de qualification, de l’adaptation des compétences aux enjeux stratégiques du secteur agricole et agroalimentaire, et des objectifs des politiques publiques.

Méthodologie

La mission était composée de Mireille Elbaum et Antoine Magnier de l’IGAS, et de Georges Gosset et Jacques Simon du CGAAER.

La mission a rencontré plus de 120 acteurs et experts représentant les organisations agricoles membres du conseil d’administration de VIVEA et son équipe dirigeante, les réseaux d'organismes dispensateurs, des personnalités qualifiées et les directions d’administration centrale compétentes. À l’échelon local, elle a également rencontré les parties prenantes dans trois régions : Bretagne, Rhône-Alpes et Champagne-Ardenne.

Résumé

Entre 2008 et 2014, la dépense de formation des agriculteurs a augmenté de 21 à 44 millions d'euros, en raison notamment du déploiement massif du dispositif Certiphyto.

Chaque année, 110 000 des 600 000 agriculteurs contributeurs du fonds de formation, suivent au moins une session, soit un taux de 18 %. Plus élevé que celui des autres professions indépendantes, ce taux recouvre de fortes variations selon les statuts et les âges des actifs, les secteurs d'activité ou encore les régions. Parmi les 1 700 organismes dispensateurs de formation, les chambres d'agriculture assurent 40 % de l'activité.

Sur la même période, la collecte de la contribution formation a augmenté de 25 à 60 millions d'euros, auxquels s'ajoutent des cofinancements européens. Après les tensions de 2011 et 2012, les excédents successifs de 2013 et 2014 assurent à VIVEA un niveau de trésorerie confortable.

La mission porte une appréciation positive sur la gestion administrative et financière de VIVEA. Si la maîtrise des coûts de fonctionnement et la clarification des procédures d'achat sont soulignées, la prévision à moyen terme et l'évaluation sont cependant à renforcer. Une meilleure efficacité de l'organisation appelle la généralisation du niveau régional en tant que compétence stratégique et opérationnelle.

La mission constate la pertinence des priorités thématiques du plan stratégique triennal de VIVEA au regard des politiques publiques. Elle souligne la progression des formations consacrées au pilotage stratégique de l'entreprise, aux systèmes de production innovants ou encore aux modes de mise en marché, ainsi que les efforts déployés pour la gestion des ressources humaines ou l'installation. Toutefois, elle recommande une déclinaison plus précise et plus déterminée de ces axes prioritaires dans les appels d'offre permanents pilotés au niveau régional, en s'appuyant notamment sur une meilleure capitalisation des nombreuses actions pilotes que VIVEA impulse, souvent avec succès, sous forme d'appels d'offre spécifiques.

L'objectif prioritaire à moyen terme est d'accroître encore le nombre total d'agriculteurs ayant recours à la formation. Les propositions visent à intensifier les partenariats entre VIVEA et les acteurs économiques, activer le suivi des stagiaires des formations réglementaires, cibler avec précision les publics considérés comme prioritaires et renforcer la coordination régionale entre acteurs publics et professionnels.

Au plan quantitatif, la mission montre que les prévisions présentées par VIVEA pour la période 2014-2019 aboutissent à une large surestimation des besoins nouveaux. Tout en retenant l'objectif d'accroître l'effort de formation, il est permis de penser que la marge financière actuelle permet à VIVEA de développer une stratégie ambitieuse au moins pour les toutes prochaines années, sans nouvelle augmentation des taux de contribution.

Enfin, invitant les autorités de tutelle à s’impliquer davantage dans les orientations et le suivi de la formation continue des agriculteurs, la mission suggère d'engager la réflexion pour une contractualisation avec VIVEA et ses administrateurs sur des priorités ciblées.

Lien vers le rapport


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