La bio-économie des produits bio-sourcés en outre-mer
01/05/2020
Colas François, Thibault Henri-Luc
Le CGAAER a été chargé d'approfondir le sujet des bio ressources à usages non alimentaire et non énergétique dans le cadre du développement de la bio-économie ultramarine.

Rapport de mission de conseil n°19076

Mai 2020

Mots clés : bio-économie, outre-mer, produits bio-sourcés, usage non alimentaire, usage non énergétique

Enjeux

La bio-économie des produits bio-sourcés a fait l’objet en 2017 d’un document stratégique national qui s’est incarné dans un plan d’action 2018-2020 prévoyant des actions spécifiques pour les outre-mer. Ces actions, tout particulièrement destinées à identifier les bio ressources valorisables et les conditions de mise en place de nouvelles chaînes de valeurs, sont au cœur de l’ambition du ministère pour les territoires ultra-marins.

C’est pour rendre opérationnelles ces orientations et compléter les travaux afférents antérieurement engagés par le CGAAER en matière d’énergie et d’alimentation, qu’une nouvelle mission du CGAAER a été chargée d'étudier les aspects non énergétique et non alimentaire de la bio-économie ultra marine.

Méthodologie

De novembre 2019 à février 2020, la mission s’est attachée à collecter les informations nécessaires à ses travaux à travers une large revue documentaire, la diffusion d’un questionnaire aux services déconcentrés du ministère dans les cinq territoires ciblés (Mayotte, Réunion, Martinique, Guadeloupe, Guyane) et à se rendre dans chacun d’entre-eux.

Elle entendait disposer au terme de l’exercice et par territoire :

  • d’une matrice recensant les bio ressources d’intérêt avec pour chacune d’elles les produits de valorisation, les quantités potentiellement mobilisables, et les marchés visés,
  • d’une appréciation claire et documentée de l’intérêt politique porté à la bio-économie des produits bio sourcés et des éventuelles orientations arrêtées en la matière,
  • d’une description aussi complète que possible de l’écosystème des acteurs de la bio-économie, de leurs positionnements respectifs et de leurs actions collectives.

Résumé

Les outre-mer, territoires riches de leur biodiversité, ont, dans le passé, connu des expériences réussies de valorisation de leurs bio ressources à des fins non alimentaires et non énergétiques. L’ylang-ylang à Mayotte, le géranium à la Réunion, le bois de rose en Guyane en constituent quelques illustrations.

Ces expériences ont essentiellement concerné les domaines de la cosmétique, de la parfumerie et de la pharmacie. Mais elles ont été progressivement supplantées par des productions concurrentes issues de pays tiers à plus bas coûts de main d’œuvre ou par la chimie de synthèse. Ces réussites du passé continuent cependant à inspirer le présent et la recherche de nouvelles bio ressources remarquables dont les produits de transformation devront trouver leur marché et générer de la valeur au profit des territoires.

La mission indique que c’est à travers une approche territorialisée, visant à occuper des marchés de « niche » avec des produits « typés » et revendiquant leur double origine tropicale et européenne, que la bio-économie des produits bio sourcés pourra se développer outre-mer.

Á cette fin, la mission suggère de positionner le développement de la bio-économie de ces produits dans les stratégies de développement global des territoires et recommande de prévoir en fonction des spécificités de chacun d’eux, des organes d’accompagnement dédiés aux acteurs de ce secteur.

Elle plaide pour que les acteurs de la recherche coordonnent leurs efforts en la matière et que leurs travaux s’intéressent non seulement aux potentialités des bio ressources mais aussi aux marchés susceptibles de les valoriser. La mission observe avec regret que le développement de ce secteur ne s’appuie quasiment aujourd’hui que sur des financements publics et suggère de mieux impliquer l’aval de la production dans la définition des orientations et le choix des priorités d’intervention.

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