02 juin 2026 Publication

Évolution des parcours des cadres affectés sur des emplois de direction de l’administration territoriale de l’État en DDI et SGCD

  • Magali PECQUERY (CGAAER)
  • Nathalie COLIN
  • Stéphane ROUVÉ (IGA)
  • Éric GINÉSY (IGAS)
  • Jean-Pierre LESTOILLE (IGEDD)
  • Éric TANAYS (IGEDD)
  • Éric CAYOL (IGÉSR)
  • Nicole NESPOULOUS (IG DGCCRF)

Depuis le début des années 2000, l’organisation territoriale de l’État a connu des transformations profondes marquées, notamment, par la création des directions départementales interministérielles (DDI), et l’installation des secrétariats généraux départementaux (SGCD). Des directeurs, assistés de directeurs adjoints, tous détachés dans des emplois fonctionnels de direction de l’administration territoriale de l’État (DATE), sont à la tête de ces services déconcentrés de l’État. Une mission inter-inspections a examiné les conditions dans lesquelles les parcours professionnels des cadres occupant ces emplois s’accomplissent, afin d’en renforcer l’attractivité.

Lettre du CGAAER juin 2026

Rapport de mission interministérielle de conseil n°25068

Novembre 2025

Enjeux

Les conditions d’exercice des fonctions de directeurs de l’ATE ont profondément évolué sous l’impact des contraintes budgétaires, des évolutions de périmètre des DDI, de la déconcentration accrue sous l’autorité du préfet et de la réforme de l’encadrement supérieur de 2022. Les responsabilités s’en sont trouvées modifiées, attirant de nouveaux profils.
En outre, antérieurement à l’organisation territoriale actuelle, chaque ministère était responsable du parcours professionnel des directeurs des services déconcentrés du niveau départemental. Depuis 2010, plusieurs autorités concourent à la gestion de leur parcours. Or, l’occupation d’un même emploi fonctionnel étant limitée dans le temps, l’accompagnement des agents pour la poursuite de leur carrière est essentiel. Dans un contexte de vieillissement des cadres, l’attractivité de ces postes constitue un enjeu crucial.

Méthodologie

Composée de six inspections ministérielles et coordonnée par l’Inspection générale de l’administration (IGA), la mission a entendu les représentants des administrations centrales concernées, des préfets de région et de département, des directeurs régionaux des services déconcentrés, des directeurs et directeurs adjoints de DDI et de SGCD ainsi que de jeunes cadres susceptibles d’occuper à terme un emploi de DATE. Elle a adressé un questionnaire à l’ensemble des cadres en poste et mené des entretiens avec 62 d’entre eux.

Résumé

Comme les autres emplois de cadres supérieurs, les emplois de DATE en département sont confrontés à des enjeux d’attractivité. Les responsabilités qui leur correspondent sont source d’une forte motivation, tout en s’accompagnant d’obligations professionnelles, liées notamment à une charge de travail accrue ces dernières années. La conciliation de la vie professionnelle et de la vie personnelle semble difficile.

L’adéquation entre les missions et les moyens est de plus en plus interrogée. Répondre rapidement à ces enjeux est d’autant plus nécessaire que la démographie des titulaires actuels se traduira par des départs en nombre croissant dans les prochaines années. Il est donc essentiel, pour garantir l’attractivité de l’encadrement supérieur de l’État dans les territoires, de préparer les renouvellements sur ces postes en tenant compte des attentes des nouvelles générations de cadres, plus exigeantes sur les conditions d’exercice des fonctions.

La mission estime également que la gouvernance du dispositif de suivi de ces cadres par l’ensemble des ministères concernés nécessite d’être revue pour rénover la gestion de leurs parcours.

Elle considère par ailleurs que l’attractivité des emplois de DATE repose sur un ensemble de mesures qui doivent viser tant les titulaires en poste que les futurs candidats à ces fonctions, auxquels il faut donner envie d’y consacrer une partie de leur vie professionnelle. Il s’agit tout d’abord de mieux accompagner la prise de poste, notamment sur le plan matériel, ainsi que de veiller au bon positionnement des directeurs et directeurs adjoints au sein du premier cercle de responsabilités du collectif de l’ATE, dirigé par le préfet. Ensuite, le mode de recrutement doit pouvoir s’appuyer sur des viviers de cadres appelés à occuper à terme ces emplois. La politique de constitution de ces viviers reste à consolider. Le déroulement des parcours doit être mieux organisé et valorisé. Les dispositifs de formation existants doivent être améliorés, à l’appui du déroulement de la carrière.

L’un des principaux constats porte sur la difficulté à assurer un pilotage stratégique des parcours des directeurs et directeurs adjoints adapté à la pluralité des attentes des acteurs ministériels qui contribuent à leur gestion. À ce titre, la mission préconise d’élaborer des lignes de gestion interministérielles (LDGI), à l’instar de celles en vigueur pour les administrateurs de l’État. Elle préconise enfin de renforcer le pilotage de ces parcours à travers une nouvelle gouvernance nationale fondée sur deux composantes : une instance de pilotage stratégique réunissant les secrétaires généraux des ministères de l’ATE et l’actuelle instance collégiale avec des compétences élargies au suivi des parcours dans leur ensemble, dans le cadre des LDGI qui auront été élaborées.

Pour la mission, cette nouvelle gouvernance permettra une meilleure coordination des employeurs et donnera un signe fort de l’engagement des administrations centrales dans la valorisation des emplois de l’administration départementale de l’État.

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