22 avril 2026 Publication

Évaluation du réseau des vétérinaires référents en antibiothérapie

  • Karine Guillaume
  • Pierre Lecouls
  • Mireille Deray
  • avec l'appui de Claire Armengaud

Comment redynamiser le réseau des vétérinaires référents en antibiothérapie ? Ce dispositif, créé dans le cadre des plans Écoantibio et financé par le ministère chargé de l’agriculture, est mis à disposition des praticiens pour les conseiller sur le bon usage des antibiotiques mais il est peu utilisé. La mission s’est attachée à décrire le fonctionnement et les résultats du réseau actuel, à recueillir les attentes des vétérinaires et partenaires pour, enfin, dresser les perspectives d’avenir d’un dispositif rénové.

Bandeau Lettre du CGAAER Avril 2026

Rapport de mission de conseil n°24099

Avril 2025

Enjeux

Les antibiotiques, largement utilisés en médecine vétérinaire comme humaine avant les années 2000, ont contribué à l’émergence de l’antibiorésistance.
Afin de lutter contre l’antibiorésistance et de promouvoir l’usage raisonné des antibiotiques, un réseau de vétérinaires référents a été créé pour dispenser aux praticiens des conseils opérationnels.
Or, ce réseau, financé par le ministère chargé de l’agriculture et piloté par la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV), est peu sollicité et son site internet ne fonctionne plus.
Il s’agit donc d’évaluer le fonctionnement du réseau et ses résultats et de proposer des évolutions vers un dispositif plus efficace, plus visible et mieux adapté aux attentes des vétérinaires.

Méthodologie

Outre la consultation de ressources documentaires, les missionnés ont conduit 43 entretiens et réalisé un sondage auprès des vétérinaires qui leur ont permis de recueillir de nombreux avis d’acteurs institutionnels, référents et organisations professionnelles vétérinaires concernées et de mieux identifier les attentes des utilisateurs.

Résumé

Le réseau a été créé dans le cadre d’un accord interministériel entre les ministères chargés respectivement de la santé et de l’agriculture et datant de novembre 2013.

Même s’il apparaît modeste au regard des dispositifs existants en médecine humaine, il est intéressant pour les vétérinaires, qui bénéficient de l’écoute et des conseils pratiques d’autres praticiens. Il constitue un signal fort de soutien du ministère chargé de l’agriculture pour aider les vétérinaires dans leur engagement à mieux et moins utiliser les antibiotiques.

L’organisation du pilotage du réseau par la SNGTV mériterait toutefois d’être mieux structurée et formalisée autour de missions et d’objectifs clarifiés par la direction générale de l’alimentation (DGAL). Le site internet du réseau, de conception trop ancienne, nécessite la création d’un nouvel outil mieux adapté aux attentes des utilisateurs (base de données, outil d’aide à la décision thérapeutique en antibiothérapie apportant une réponse rapide aux interrogations des praticiens). Les membres du réseau doivent être plus proactifs en direction des vétérinaires praticiens (réalisation d’opérations de sensibilisation, formation, communication).

Le budget annuel alloué par la DGAL (60 000 €) ne permet pas au réseau d’être suffisamment efficace et visible. Une enveloppe revalorisée et pluriannuelle apparaît nécessaire.

Compte tenu de ces constats, et afin de redynamiser le réseau, la mission recommande d’affirmer son rôle essentiel dans la lutte contre l’antibiorésistance. Ceci nécessite, notamment, un accompagnement plus soutenu par la DGAL. Les procédures et règles de gouvernance et de fonctionnement du réseau doivent être formalisées. Son coordinateur doit être assisté par un suppléant ou un adjoint, notamment pour œuvrer à une meilleure visibilité du réseau et de son site internet.

La mission préconise la création d’un site internet plus moderne, fournissant une base de données, un outil pratique d’aide à la décision thérapeutique en antibiothérapie et une foire aux questions. Le forum d’échange entre praticiens et référents du site actuel, peu utilisé, sera remplacé par un moyen externe au site.

Pour financer le nouveau site, une dotation budgétaire doit pouvoir être dégagée dès 2025. Enfin, les prochaines conventions de financement devront prévoir un budget pluriannuel revalorisé permettant un fonctionnement proactif et visible du réseau.

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