Emplois et formations dans le secteur forestier
01/10/2018
Patrick Dedinger, Jean Marc Fremont, Roland Renoult
Le CGAAER a été chargé d'étudier les conséquences du Plan national forêt bois en termes d'emplois et de formations.

Rapport de mission d’expertise n°17102

Octobre 2018

Mots-clé : emploi, forêt, formation, statistique

Enjeux

L'un des objectifs du Plan national forêt bois est une augmentation de la récolte de bois de plus de 30% à l'horizon 2026. Cet accroissement espéré de volume de bois aura des conséquences sur l'ensemble de la filière forêt-bois depuis la sylviculture jusqu'à la seconde transformation (ameublement, charpente et construction, ...).

La mission du CGAAER a été chargée d'évaluer les conséquences en termes d'emplois et de formations pour les seules activités de l'exploitation et de la gestion forestière, en allant jusqu'aux conducteurs d'engins de débardage et de grumiers.

Méthodologie

La mission a procédé à un inventaire critique des données disponibles dans le champ de l'étude. Au-delà du recueil des données, elle a rencontré les organismes responsables de ces données : MSA, DGER, Pôle emploi, FCBA, DGPE, ONF, VIVEA, FAFSEA... Afin d'apprécier le travail détaché et le travail illégal, la mission a rencontré la Direction Générale du Travail au ministère du Travail. Afin d'élaborer un scénario prospectif, la mission a complété ses rencontres de niveau national (CNPF, FNCOFOR... ) et régional (surtout les régions Bourgogne Franche-Comté, Auvergne Rhône-Alpes et, de façon moins approfondie, Nouvelle Aquitaine).

Résumé

La mission s'est concentrée sur les « emplois opérationnels » de la sylviculture et des travaux d'exploitation, usuellement tenus par des ouvriers forestiers, des ouvriers qualifiés ou des conducteurs d'engins. En effet, les enjeux majeurs de l'emploi se situent à ce niveau.

En matière de formation, le champ d'investigation a été étendu au niveau supérieur, BTS, licence professionnelle et master. Le périmètre géographique couvre la France métropolitaine. Le cas des DOM n'a pas été étudié.

L'état des lieux présente :

  • un inventaire critique des données : volume d'emploi, offre/demande d'emploi, type de travailleurs, offre de formation, nombre d'apprenants... Ces données sont rarement suffisamment fines pour donner lieu à une analyse pertinente sur le périmètre de l'étude.
  • une analyse de ces données, notamment la population employée et l'appareil de formation.
  • une étude de l'adéquation actuelle des formations aux emplois et une approche prospective des conséquences de la réalisation du Programme national de la forêt et du bois (PNFB) sur l'emploi et sur les besoins en formation.

Six conclusions majeures ressortent de ce panorama :

  1. La nécessité de construire un outil statistique à la hauteur du besoin dans le domaine de l'emploi forestier.
  2. Le travail illégal (dissimulation d'activité ou dissimulation de travailleurs), difficilement quantifiable, semble particulièrement développé dans l'activité forestière. Cette situation justifie d'expérimenter une carte professionnelle dans une région à définir.
  3. La connaissance de l'appareil de formation technique nécessite la mise en œuvre de plusieurs sources d'information, gérées par les deux ministères chargés de l'enseignement agricole et de l'éducation nationale. Bâtir une représentation cohérente demande de nombreux échanges. Dans ce contexte, aucune approche quantitative n'a pu être finalisée pour les niveaux supérieurs, licences professionnelles notamment.
  4. L'adéquation entre les formations actuelles et les métiers est bonne pour des emplois en exploitation conventionnelle et en sylviculture. Pour ces deux domaines d'activité, les difficultés de recrutement proviennent du manque d'attractivité des métiers. La profession doit poursuivre les actions de promotion mises en œuvre mais aussi s'attacher à améliorer les conditions de travail matérielles et financières de ces métiers.
  5. Les métiers de l'exploitation mécanisée sont dans une situation différente. Leurs atouts n'ont pas été complètement valorisés. L'outil de formation est en évolution : un nouveau certificat de spécialisation vient d'être officialisé. Les PRFB et les contrats régionaux de filière sont l'occasion pour les partenaires régionaux de déployer un outil de formation pertinent.
  6. L'accroissement de la récolte concerne très majoritairement des forêts à l'exploitation difficile. Les employeurs seront encore plus confrontés à des difficultés de recrutement. Les solutions évoquées pour remédier à la situation actuelle seront d’autant plus nécessaires. La problématique de la formation à la mécanisation ne changera pas de nature et peut être projetée en prenant comme hypothèse la croissance actuelle des besoins.

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Emplois et formations dans le secteur forestier. (PDF, 2.95 Mo)