Dépérissement de châtaignier : cartographie des dépérissements à cause de l'encre par télédétection
Morgane Goudet - DSF/agriculture.gouv.fr

La forêt de Montmorency, située à quelques dizaines de kilomètres de Paris, à la particularité, d’être constituée d’une surface en châtaigniers importante qui représente 70 % des 2000 ha de la partie publique de la forêt. Si des signes de dégradation des châtaigniers sont apparus lors de l’été 2015, c’est bien en 2016 avec un printemps pluvieux et un été sec que la problématique s’est complètement révélée. Dans cette situation de crise, le gestionnaire a besoin, au-delà de la connaissance technique du sujet, d’éléments chiffrés d’évolution de la problématique pour prendre ses décisions. C’est pourquoi l’Office National des Forêts a noué un partenariat avec le Département de la Santé des Forêts et les pathologistes forestiers de l’INRAE dès le début des évènements. La cartographie des peuplements atteints et leur évolution est un élément important dans la priorisation des actions. La cartographie des dépérissements a ainsi été réalisée par télédétection.

Des observations terrain ont été effectuées en forêt de mai à juillet 2019. Les données ont été acquises sur la base du protocole d’évaluation des dépérissements du DSF (DEPERIS) et ont été géoréférencées. Ces données (82 polygones) ont été utilisées dans le cadre d’une classification supervisée de l’état sanitaire des châtaigneraies sur des images à haute résolution spatiale des satellites Sentinel-2 de l’ESA (10 et 20 mètres selon les bandes spectrales).

Quatre classes ont pu être discriminées de façon satisfaisante : (1) : peuplement sain ou peu dépérissant (moins de 50% d’arbres dépérissants) ; (2) : peuplement dépérissant (au moins 50% d’arbres dépérissants et moins de 90% d’arbres très dépérissants) ; (3) : peuplement mort ou moribond (plus de 90% d’arbres très dépérissants) et (4) : coupe rase.

D’un point de vue méthodologique, ces premiers résultats ouvrent des perspectives. La même méthode a été reproduite sur l’ensemble des châtaigneraies d’Ile de France et d’Oise. Les résultats en cours de réalisation, permettront de qualifier l’état sanitaire de l’essence à l’échelle de la région. Au-delà de l’appui conséquent pour les forestiers dans la priorisation de leurs actions de terrain en situation de crise, cette vision inédite de l’état sanitaire d’une essence importante d’Ile de France dans un contexte de forêts périurbaines offrira aux différents décideurs des éléments clés dans la prise de décision.

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