troupeau de moutons en pâturage
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27 mai 2026 Info +

Clavelée : la foire aux questions

La clavelée ou variole ovine et la variole caprine, maladies inscrites sur la liste des maladies de catégorie A de la Loi Santé Animale européenne (règlement UE 2016/429), sont dues à des virus du genre Capripoxvirus (CaPV). Les mesures de gestion de ces maladies sont déclinées dans un plan d’intervention d’urgence (PISU).

Présentation générale de la maladie

  • La clavelée ou variole ovine est une maladie virale strictement animale (non transmissible aux humains) qui n’affecte que les moutons et les chèvres. Les autres espèces animales ne sont pas concernées. La clavelée n’est pas transmissible à l’Homme, ni par contact avec des petits ruminants infectés, ni par la consommation de produits issus de petits ruminants contaminés.

    La clavelée est fortement préjudiciable à la santé des petits ruminants et conduit à des pertes de production importantes, jusqu’à la mort d’une partie des animaux du cheptel infecté. Elle est classée en droit européen comme maladie de catégorie A, soit une maladie habituellement absente de l’Union européenne et contre laquelle des mesures doivent être prises pour un objectif d’éradication immédiate.

  • La clavelée est présente en Afrique du Nord et Afrique sub-saharienne, Moyen-Orient, Asie centrale, Inde et Chine. Elle a été observée en Espagne en 2022/2023. Une épizootie majeure est survenue en Grèce puis dans les pays limitrophes au cours de l’été 2024, des cas sont aujourd'hui encore déclarés par les autorités grecques. La France est à ce jour indemne de cette maladie.

Symptômes

  • La période d'incubation de la clavelée est variable, et a été établie à 21 jours par le Code terrestre de l’Organisation mondiale de la santé animale. À l’issue de cette période d’incubation, apparaissent des lésions cutanées (macules et papules), autour de la bouche, sur la tête, sous la queue, entre les pattes, sur le corps entier. Ces lésions évoluent ensuite sous forme de croûtes en 5 à 10 jours. Des lésions internes sont aussi constatées. À cela s'ajoutent des symptômes respiratoires, des sécrétions et une mortalité élevée chez les agneaux.

  • Lorsque ces symptômes sont observés, l’éleveur alerte son vétérinaire qui se rend sur place pour les constater. En cas de suspicion de clavelée, le vétérinaire alerte à son tour les services de l’État (Direction départementale en charge de la protection des populations, DDecPP) qui organisent avec le vétérinaire les prélèvements et l’envoi rapide des échantillons au laboratoire national de référence (LNR). Si le laboratoire confirme la maladie, des mesures seront prises dans l’élevage et dans une zone réglementée qui est mise en place autour.

    Consulter la liste des laboratoires officiels et reconnus en santé animale.

Propagation / transmission

  • La clavelée se transmet principalement par contact direct et/ou par inhalation d’aérosols infectieux (écoulement nasal, salive, exsudats des vésicules, voire croûtes desséchées).

    La contagion à distance et à long terme se fait via les mouvements d’animaux infectés ou de véhicules de transport mal nettoyés et désinfectés. La transmission par les insectes est considérée comme rare.

  • Les petits ruminants sont exposés sur les points de rassemblement : dans les bergeries ou les pâturages, sur les marchés et aux points d’eau.

    Les périodes précédant des mouvements importants d’animaux, comme par exemple les évènements festifs ou religieux (Pâques, Aïd el Kébir…), sont particulièrement à risque si les animaux transportés et/ou rassemblés proviennent de zones infectées.

  • Le virus n’est pas transmissible à l’Homme, ni par contact avec des petits ruminants infectés, ni par la consommation de produits issus de petits ruminants contaminés. Une personne se rendant sur une exploitation d’élevage ou à proximité d’une pâture contaminés ne risque donc pas de se contaminer.

    Par contre, une personne en contact avec les animaux peut porter du virus sur ses vêtements ou ses chaussures et propager l’infection au sein d'autres élevages.

  • Le virus n’est pas transmissible aux animaux autres que les petits ruminants. La clavelée n’est pas transmissible aux chiens, chats, chevaux ou bovins par exemple. Ils ne contribueront donc pas à la propagation du virus.

    Il n’y a donc pas de raison d’interdire les mouvements des animaux (autres que les petits ruminants), ni les activités équestres par exemple. En revanche les véhicules ayant préalablement servi au transport d’animaux sensibles doivent être nettoyés et désinfectés avant toute réutilisation du véhicule.

Mesures de gestion

  • La lutte contre la clavelée passe d’abord par la gestion appropriée des suspicions de maladie en élevage de petits ruminants : suspension immédiate des mouvements et réalisation de prélèvements.

    En cas de confirmation de l’infection, les mesures de gestion des foyers détectés sont :

    • dépeuplement de tous les petits ruminants du foyer. Du fait des caractéristiques épidémiques de cette maladie, l’arrêt de la propagation à d’autres élevages et l'éradication de la clavelée ne sont possibles qu'en appliquant un dépeuplement total des petits ruminants des foyers, en plus des mesures de limitation des mouvements et de biosécurité. Étant donné son impact important sur la santé animale, la clavelée est classée, en droit européen, comme maladie de catégorie A, et le glement UE 2020/687 (article 12) impose un dépeuplement total.

    • nettoyage, désinfection du site d’élevage et du matériel (dont véhicules).
  • Dans un élevage infecté, il y a des animaux présentant des signes cliniques, des animaux en incubation et des animaux non infectés. Les petits ruminants en incubation présenteront des signes cliniques à l’issue de ce délai d’incubation. Ces animaux ne sont pas facilement détectables, même avec des analyses de laboratoire. Or, ils pourront contribuer à transmettre le virus dès lors qu’ils présenteront des signes cliniques.

    Ne dépeupler au sein d’un foyer que les animaux présentant des symptômes fait prendre un risque de propagation de la maladie, car la présence du virus sera maintenue par les animaux infectés en incubation.

    Seul le dépeuplement total du foyer permet de d’éteindre rapidement la circulation du virus. L’expérience des pays qui ont mis en œuvre cette méthode montre que c’est la plus efficace, associée aux autres mesures de lutte que sont le contrôle des mouvements et éventuellement la vaccination.

    En 2022/2023 l'Espagne a pu éradiquer la clavelée par l'application de mesures strictes de dépeuplement total des foyers et par le contrôle des mouvements.

  • La clavelée est une maladie virale, et il n'existe pas de médicament pour éliminer ce virus. Une fois la maladie introduite dans un troupeau, elle se propage, une partie des malades ne survivront pas. Tous les petits ruminants atteints sont dangereux car ils sont hautement contagieux pour tous les troupeaux voisins de petits ruminants.

  • Le dépeuplement se fait rapidement et sur place, pour éviter de déplacer le virus en déplaçant les petits ruminants infectés. Il est fait sous supervision de vétérinaires, sous l’autorité des services de l’État, afin de maîtriser le risque sanitaire et les conditions de mise à mort des animaux. Les animaux vivants infectés sont la source principale de virus, leur mise à mort rapide est donc nécessaire.

  • Les véhicules de transport des cadavres de petits ruminants sont étanches et les roues/bas de caisse et le dessus sont désinfectés à la fin du remplissage. Le transport est direct jusqu’à l’usine d’équarrissage . Ces mesures permettent de maitriser le risque de propagation de la maladie pendant le transport des cadavres.

  • Les cadavres des petits ruminants issus des foyers de clavelée ont le statut de sous-produits animaux. Ils sont collectés et d’abord transformés en farines animales par une entreprise spécialisée et agréée pour cette activité. Le traitement permettant la transformation en farines animales est équivalent à une stérilisation. Les farines sont destinées à être éliminées par incinération, le plus souvent en cimenterie.

  • Une zone réglementée est instaurée autour du foyer par arrêté préfectoral.

    Cette zone réglementée comprend :

    • une zone dite « de surveillance », dans un rayon de 20 kilomètres autour du foyer, où s’appliquent des mesures de prévention (renforcement de la surveillance vétérinaire, désinsectisation), ainsi que des restrictions sur le déplacement des petits ruminants visant à éviter que la maladie ne soit diffusée dans d’autres élevages par transport de petits ruminants.
    • une zone dite « de protection », dans un rayon de 5 kilomètres autour du foyer, où s’appliquent les mêmes règles que dans la zone de surveillance, avec des mesures plus strictes concernant le déplacement des animaux. Si 21 jours s’écoulent après le dépeuplement du dernier élevage infecté, sans détection d’autres foyers, alors la « zone de protection » devient une « zone de surveillance ».

Soutien aux éleveurs

  • Dans les zones touchées par le virus, les éleveurs vivent une situation très difficile, en particulier quand leur cheptel est touché. Des cellules dédiées sont prévues par la Mutualité sociale agricole pour l’accompagnement social.

    Les Chambres d’agriculture mettent également en place des guichets d'assistance aux éleveurs (réseau Réagir).

    L’Etat apporte un soutien financier via une indemnisation des éleveurs touchés par la maladie

  • Un foyer est dépeuplé afin d’éviter la propagation de la maladie à d'autres élevage. Le propriétaire des animaux reçoit une indemnisation de l'État pour chacun des animaux abattus sur ordre de l'administration. Deux experts indépendants sont chargés d'évaluer la valeur de remplacement en fonction de l’âge, de la génétique, du potentiel de production... Un acompte peut être versé dans les jours suivant le dépeuplement, sans attendre l’évaluation de ces experts.

    De plus, la période d’improductivité de l’exploitation est également indemnisée via la prise en compte du déficit momentané de production.

Vaccination

  • Il existe un vaccin contre la clavelée, qui est présent dans la banque européenne de vaccin. Il s’agit d’un vaccin vivant atténué reconnu pour sa qualité, son innocuité et son efficacité.

    Il ne présente aucun danger pour l'humain, ni pour l'environnement, et n'a aucun impact sur la qualité de la viande ou du lait.