28 janvier 2026 Publication

Analyse des impacts de l'intelligence artificielle sur les grands métiers du Ministère de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de la Forêt et de ses opérateurs

  • Anne Dufour
  • Marie Luccioni
  • avec l'appui d'Etienne Achille

L’émergence de l’intelligence artificielle (IA) générative fait de l’IA une nouvelle rupture numérique d’ampleur mondiale, actuellement en cours. Son potentiel provoque des transformations profondes dans les organisations privées comme, plus largement, dans la société. Comment le ministère en charge de l’agriculture peut-il mobiliser l’IA au quotidien dans ses services pour optimiser l'efficacité de ses politiques publiques ?

Lettre CGAAER février 2026

Rapport de mission de conseil n°24053

Novembre 2024

Enjeux

Les enjeux de l'intelligence artificielle pour le ministère chargé de l’agriculture sont nombreux. Le recours accru à l’IA peut renforcer fortement l'efficacité de ses services en exploitant à grande échelle les données agricoles, et contribuer ainsi à la simplification administrative, notamment pour les agriculteurs, et au plein effet des politiques publiques. En outillant la transition agro-écologique, elle peut renforcer la compétitivité du secteur agricole et agro-alimentaire, et consolider la souveraineté alimentaire.

Méthodologie

La mission a rencontré toutes les directions d’administration centrale du ministère en charge de l’agriculture, le CGAAER, tous les chefs de services du Secrétariat général (Numérique, Statistique et prospective, Ressources humaines, Communication et Affaires juridiques), les représentants des services déconcentrés aux niveaux régional et départemental et les organisations syndicales. Elle a également auditionné un grand nombre d’opérateurs du ministère (ASP, Anses, FranceAgriMer, IGN, INRAE, OFB et ONF). Elle a observé les expériences d’IA menées par plusieurs autres administrations (Finances publiques, Douanes etc.) ou encore par l’URSSAF.

Résumé

L’intelligence artificielle : un levier stratégique potentiel pour le ministère en charge de l’agriculture

L’intelligence artificielle désigne un ensemble de théories et technologies mises en œuvre pour créer des machines capables de simuler l'intelligence humaine telles que la compréhension du langage, la production de contenus (texte, image, musique, code informatique) et l’exécution de tâches (agents IA), voire la prise de décision. Face à son développement accéléré, l’Europe a adopté le règlement sur l’intelligence artificielle (IA Act) pour garantir la sécurité, l'éthique et encourager l’innovation. La France ambitionne de devenir un leader mondial dans ce domaine, en mettant l’accent sur la recherche, l’innovation et l’industrialisation des technologies correspondantes. Dans ce contexte et dans le cadre de la Stratégie nationale pour l'intelligence artificielle, la sphère publique est encouragée à intégrer l'IA dans ses services, soutenue par des initiatives lancées au niveau interministériel afin d'optimiser l'efficacité et la qualité des services publics.

Au-delà du choix des outils, le ministère devra placer les agents au centre de l’intégration de l’IA, en mettant en œuvre une forte dynamique de formation structurée autour de trois axes : une acculturation ouverte à tous, une offre de formations techniques adaptées aux besoins des métiers et un parcours de formation avancé pour les agents spécialisés. Ce dispositif devra être complété par une politique de recrutement afin de constituer, dès 2025, une équipe spécialisée dans l'IA.

Par ailleurs, le ministère devra mobiliser toutes les sources de financement possibles, notamment le ministère de l’économie et des finances et/ou les fonds alloués au titre de la Stratégie nationale d’intelligence artificielle, pour financer ses ambitions. Cela permettra, d’une part, la mise en œuvre de preuves de concept avec des cas d’usages prioritaires pour améliorer les conditions de travail des agents et simplifier les démarches des usagers ; et, d’autre part, leur passage à l’échelle après validation, en prenant en compte les besoins en matériels et en infrastructures.

Une nouvelle doctrine et une gouvernance robuste de la donnée orientées vers l’IA sont des conditions essentielles pour réussir cette transformation.

Enfin, une feuille de route IA ambitieuse mais réaliste devra être élaborée, incluant un cadre éthique. Il sera essentiel de définir, en concertation avec les agents, des règles internes de l’usage de l’IA générative, à diffuser largement. Enfin, en tant que tutelle, le ministère devra coordonner à un haut niveau les initiatives en matière d’IA dans son champ de compétence, pour jouer un rôle-clé d’alignement des objectifs de tous ses opérateurs sur la stratégie ministérielle.

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