Maladies animales

17/07/2014

La lutte contre les maladies des animaux est une priorité et se fait grâce à l’intervention de l’Etat par des actions concertées, collectives, systématiques et des moyens financiers, techniques et humains.

L’élevage représente une part importante de la valeur des productions agricoles. Les maladies des animaux, par les pertes directes (animaux malades, mortalité ) ou indirectes (augmentation du coût des productions, entraves aux échanges commerciaux ) qu’elles engendrent, entament la valeur de ces productions et peuvent avoir de graves conséquences socio-économiques et politiques.
La santé animale représente aussi un important facteur de compétitivité de l’élevage et donc un enjeu pour la France, tournée vers l’exportation, et développant des productions à haute valeur ajoutée.
De plus, certaines maladies, en tant que zoonoses (maladie qui se transmet naturellement des animaux vertébrés à l’homme et vice-versa), ont un impact direct sur la santé publique.

Actualités

Vigilance Peste porcine
La peste porcine africaine est une maladie virale très contagieuse qui touche les porcs, les suidés d’Afrique (phacochères, potamochères), les sangliers d’Europe et d’Amérique.
La peste porcine africaine ne constitue pas une menace pour la santé de l’homme.
Au 21 juillet 2014 sont recensés : 9 foyers dans la faune sauvage et 1 foyer en élevage de porc domestique en Pologne, 9 foyers chez les porcs domestiques ,25 dans la faune sauvage en Lettonie, 2 foyers dans la faune sauvage et 1 chez les porcs domestiques en Lituanie.
En l’absence d’un vaccin et d’un traitement, la prévention reste primordiale.

Vigilance fièvre aphteuse

L’Union européenne est indemne de fièvre aphteuse depuis 2007 mais de nombreux pays sont touchés dans diverses parties du monde notamment en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. Parmi les pays proches géographiquement de l’Europe, il y a notamment l’Egypte, la Libye, la Turquie, la Tunisie et depuis peu l’Algérie.
Consulter l’article concernant la Tunisie sur le site de la plateforme ESA
Consulter la liste complète des pays non indemnes

La fièvre aphteuse n’est pas une maladie transmissible à l’homme mais elle est extrêmement contagieuse pour les troupeaux et se transmet très rapidement. Elle fait partie des maladies à déclaration obligatoire et pour lesquelles des mesures de police sanitaire doivent être prises.
Des précautions doivent être prises par les personnes voyageant dans ces pays pour éviter de rapporter la maladie en Europe et de la transmettre aux cheptels.


Cas de DEP aux Etats-Unis, Canada, Mexique et Japon

Mai 2014
La DEP (diarrhée épidémique porcine) est une maladie porcine à coronavirus identifiée depuis les années 70.

L’Europe a connu un épisode de DEP au Royaume-Uni ainsi qu’en Belgique en 1971 puis une épizootie en Italie il y a 8 ans. Entre temps des cas sporadiques ont été détectés jusque dans les années 90.

Elle est apparue en Chine dans les années 80 puis en Corée et à Taïwan en 1992.

Cette maladie ré-émerge et se propage dans une forme nouvelle (virus variant beaucoup plus virulent qu’auparavant) aux États-Unis et au Canada, depuis avril 2013 ainsi qu’au Mexique et au Japon (fin 2013) . Elle a récemment été notifiée à l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale) en tant que maladie émergente par les Etats-Unis, le Canada et le Japon.

Elle touche particulièrement les porcelets sous la mère (taux de mortalité de plus de 90%) mais aussi les porcs en croissance et adulte. Les cheptels peuvent être rapidement décimés et les conséquences économiques qui en découlent pour les exploitations être dramatiques.

Elle se traduit cliniquement par des diarrhées et vomissements chez les porcelets et également chez les mères. Elle se transmet par contact oral avec des souillures contaminées ; sa durée d’incubation est très courte (12 à 24 heures) et il n’existe pas de vaccin efficace à ce jour.

Les deux sources principales de transmission de la maladie sont l’introduction d’un animal vivant excréteur du virus ou d’aliments animaux contenant des produits porcins contaminés

Les autorités françaises ont pris plusieurs mesures pour faire face à cette maladie depuis le début de l’année 2014 :
- Le sujet a été abordé par la France avec la Commission européenne lors d’une réunion des Chefs des services vétérinaires de l’UE dès février 2014
- L’ANSES a été saisie en urgence pour émettre un avis scientifique sur les risques d’introduction et des recommandations en matière de mesure de gestion.
- Les autorités ont décidé le 29/04/14 d’inscrire cette maladie en danger sanitaire de catégorie 1 par arrêté ministériel.
Cette décision a notamment pour conséquence de rendre obligatoire sa déclaration.

- En attendant l’avis de l’Anses, la Direction générale de l’alimentation a examiné les mesures de restriction aux importations qui pouvaient être prises à titre conservatoire. Elle les a communiquées le 2 mai à la Commission européenne en lui demandant d’agir dans les meilleurs délais.

Le comité d’experts réuni le 6 mai à Bruxelles a décidé de renforcer la sécurisation de certains produits d’alimentation animale (plasma et sang séché de porc) importés des pays-tiers.

Parallèlement, les autorités américaines et canadiennes se sont engagées à ne pas exporter de porcs vivants vers l’Union européenne jusqu’à un réexamen de la situation au niveau européen mais également à l’occasion de la prochaine Assemblée de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) qui se réunira à Paris du 25 au 30 mai prochains.

Des mesures complémentaires seront adoptées si nécessaire, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire et des données scientifiques disponibles.
Le gouvernement français a donc décidé de suspendre la publication de l’arrêté initialement prévu pour parution au Journal officiel du 3 mai concernant l’importation de porcs vivants, de semences et de tout produit à base de porc (produits sanguins, hydrolysés, soies, articles à mâcher, lisiers) en provenance des États-Unis, du Canada, du Mexique ou du Japon.

Les entreprises françaises qui importent des produits porcins, à titre occasionnel ou régulier, sont appelés à la plus grande vigilance quant à la qualité sanitaire de ces produits ; leur traçabilité doit être assurée avec la plus grande rigueur.

A ce stade aucun cas n’a été observé en France et en Europe.

Cette maladie n’est pas transmissible à l’homme et la consommation humaine de produits à base de porc ne pose aucun problème sanitaire.

Les maladies réputées contagieuses

Les maladies réputées contagieuses (MRC) sont soumises à une réglementation particulière (en raison de leur impact sur la santé publique, socio-économique, sanitaire) prévoyant une intervention adaptée immédiate de l’Etat lors de toute suspicion de l’une d’entre elles afin d’empêcher leur diffusion et d’assurer leur éradication.

Les prophylaxies

Les actions de l’Etat relevant du régime des prophylaxies regroupent un ensemble de mesures de lutte contre les maladies des animaux, à caractère facultatif (à la différence des mesures contraignantes et coercitives imposées aux éleveurs sous peine de sanctions lors de l’application de l’action sanitaire obligatoire en cas de maladies réputées contagieuses).

Les fondamentaux

Un guide pratique de diagnostic et de gestion des épizooties

 
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Destiné avant tout aux vétérinaires sanitaires et aux agents des services vétérinaires, ce guide rassemble, en 18 monographies, les données essentielles à connaître sur les principales épizooties, dont l’influenza aviaire :
- les symptômes et les données épidémiologiques qui doivent conduire à établir une suspicion ;
- les prélèvements et les analyses nécessaires pour confirmer ou
infirmer cette suspicion ;
- la conduite à tenir pour prévenir la diffusion de l’agent pathogène.

Le manuel a été réalisé par la direction générale de l’alimentation (DGAL), avec l’aide de l’agence Semacom :http://www.semacom.net (contact@semacom.net) qui a coordonné le conseil éditorial et la gestion des sous-traitants (dont l’agence Dreamnuance www.dreamnuance.com, pour la mise en ligne informatique du guide).

Pour en savoir plus

  • Le bulletin épidémiologique santé animale alimentation
    Réalisé par l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et la direction générale de l’alimentation (DGAL), Le bulletin épidémiologique permet de diffuser des informations épidémiologiques, issues des réseaux animés par l’Anses et des données recueillies par la Dgal (notamment à travers les plans de contrôle et de surveillance).
 

Voir aussi



Une nouvelle version 2012 du portail interministériel de prévention des risques majeurs : son objectif est d’apporter les connaissances nécessaires et les comportements à adopter face aux risques majeurs qu’ils soient naturels, technologiques ou sanitaires. Parmi les nouveautés, une carte interactive pour identifier les risques par départements et dans le monde. Une version tablette et Smartphone existe désormais pour accompagner le citoyen dans tous ses déplacements.