L’élevage représente une part importante de la valeur des productions agricoles. Les maladies des animaux, par les pertes directes (animaux malades, mortalité ) ou indirectes (augmentation du coût des productions, entraves aux échanges commerciaux ) qu’elles engendrent, entament la valeur de ces productions et peuvent avoir de graves conséquences socio-économiques et politiques.
La santé animale représente aussi un important facteur de compétitivité de l’élevage et donc un enjeu pour la France, tournée vers l’exportation, et développant des productions à haute valeur ajoutée.
De plus, certaines maladies, en tant que zoonoses (maladie qui se transmet naturellement des animaux vertébrés à l’homme et vice-versa), ont un impact direct sur la santé publique.
Actualités
Présence du virus de Schmallenberg en France
16 février 2012La présence du virus de Schmallenberg vient d’être confirmée dans 55 nouvelles exploitations ovines et 3 exploitations bovines.
Au total ce sont 152 élevages qui sont donc touchés dans 25 départements (02, 08, 10, 14, 16, 21, 27, 36, 50, 51, 52, 54, 55, 57, 58, 59, 60, 62, 67, 70, 76, 80, 86, 87, 88).
Ce virus de la famille des orthobunyavirus, qui n’affecte que les ruminants, a été identifié pour la première fois au Pays-Bas et en Allemagne en novembre dernier. D’autres foyers ont depuis été recensés en Belgique et au Royaume-Uni.
Il s’agit d’une maladie d’élevage qui peut se manifester par de la fièvre, une chute de production ou des malformations à la naissance, en particulier chez les ovins. Le virus n’est pas contagieux d’un animal à l’autre mais est transmis par des insectes vecteurs.
Dès l’apparition du virus, la DGAL avait activé une surveillance spécifique, au travers de la plate-forme nationale d’épidémiosurveillance en santé animale, pour détecter le plus précocement possible l’arrivée de la maladie en France. Les animaux malades des élevages concernés ont été pris en charge par le vétérinaire de l’exploitation et les services départementaux.
S’agissant d’une maladie d’élevage pour laquelle l’ensemble des solutions techniques n’est pas encore disponible, les experts scientifiques, les vétérinaires et les laboratoires pharmaceutiques du Réseau français pour la santé animale (RFSA) ont été chargés par le ministère de l’Agriculture de définir des priorités de recherche afin de mettre au point dans les meilleurs délais un test sérologique et un vaccin adapté.
D’ores et déjà le Laboratoire de santé animale de l’Anses à Maisons-Alfort est en capacité de réaliser le diagnostic.
Il est conseillé aux éleveurs de ruminants dont les animaux présentent des symptômes, de maintenir les animaux malades à l’intérieur du bâtiment d’élevage et de contacter leur vétérinaire dans le cadre de la surveillance clinique mise en place.
La plateforme nationale de surveillance épidémiologique en santé animale est lancée
Née des réflexions menées lors des Etats généraux du sanitaire tenus en 2010 sous l’égide du ministère en charge de l’agriculture, une plateforme nationale de surveillance épidémiologique en santé animale a été mise en place en octobre 2011. La surveillance épidémiologique est la base de toute politique de prévention et de lutte contre les maladies. Si la situation sanitaire de notre pays en matière de santé animale est actuellement très favorable, un tel statut n’est jamais définitivement acquis et requiert une attention accrue.
Les maladies réputées contagieuses
Les maladies réputées contagieuses (MRC) sont soumises à une réglementation particulière (en raison de leur impact sur la santé publique, socio-économique, sanitaire) prévoyant une intervention adaptée immédiate de l’Etat lors de toute suspicion de l’une d’entre elles afin d’empêcher leur diffusion et d’assurer leur éradication.
Les maladies réputées contagieuses figurent dans une nomenclature fixée par décret (article L. 223-2 du code rural). Elles sont soumises à déclaration obligatoire et donnent lieu à l’application de mesures de police sanitaire. La liste de ces MRC évolue en fonction de la réglementation européenne et des listes A ou B de l’OIE (listes réunissant les principales maladies contagieuses susceptibles d’entraîner des restrictions commerciales lors d’échanges internationaux).
- Liste des maladies réglementées (Maladies à déclarations obligatoires et MRC) : Note de service DGAL N2006-8064 du 6 mars 2006 ; (BO n°10 du 13/03/2006)
- Liste des désinfectants agréés au titre de l’arrêté du 28 février 1957 relatif a la désinfection dans le cas de maladies contagieuses - mise à jour : 20/04/06 (pdf)
- Consulter les bulletins épidémiologiques spéciaux sur les MRC
Bulletin épidémiologique n° 46 - Spécial MRC - Bilan 2010
Bulletin épidémiologique n° 40 - Spécial MRC - Bilan 2009
Les prophylaxies
Les actions de l’Etat relevant du régime des prophylaxies regroupent un ensemble de mesures de lutte contre les maladies des animaux, à caractère facultatif (à la différence des mesures contraignantes et coercitives imposées aux éleveurs sous peine de sanctions lors de l’application de l’action sanitaire obligatoire en cas de maladies réputées contagieuses).
Les prophylaxies dirigées par l’Etat
L’Etat reste le maître d’œuvre des plans de lutte contre des maladies établis en concertation avec les éleveurs et les professionnels impliqués dans les filières d’élevage.
Le plan de lutte collectif et facultatif, est proposé aux éleveurs. Les éleveurs convaincus, adhérant au programme de lutte et s’engageant à l’appliquer, reçoivent un appui technique et financier de l’Etat. L’assainissement des cheptels débouchent sur une qualification officielle attribuée par l’Etat.
Le plan de lutte collectif peut devenir obligatoire (article L. 224-1 du code rural) lorsque les résultats obtenus par une majorité d’éleveurs engagée dans une action facultative sont compromis par une minorité d’éleveurs difficile à convaincre.
Plusieurs grandes maladies d’élevage telles que la brucellose ou la tuberculose bovine sont concernées par ces prophylaxies collectives obligatoires dirigées par l’Etat.
Les prophylaxies encouragées par l’Etat
L’Etat n’intervient pas directement dans la mise en oeuvre des plans de lutte contre des maladies mais encourage les éleveurs à concevoir leurs propres programmes d’action et/ou de certification. L’Etat peut les agréer, faciliter leur réalisation par un soutien technique et/ou financier, et attribuer une qualification à l’élevage assaini.
Certains programmes nationaux de prophylaxie sont définis par l’Etat en collaboration avec les organisations professionnelles d’éleveurs concernées et de vétérinaires et sont gérés par un organisme à vocation sanitaire agréé comme le groupement de défense sanitaire (GDS).
Comme pour les prophylaxies dirigées par l’Etat, les plans de lutte gérés par un maître d’oeuvre local (autre que l’Etat) peut devenir obligatoire.
C’est le cas du programme national d’éradication de l’hypodermose bovine (varon).
Les fondamentaux
Un guide pratique de diagnostic et de gestion des épizooties
Destiné avant tout aux vétérinaires sanitaires et aux agents des services vétérinaires, ce guide rassemble, en 18 monographies, les données essentielles à connaître sur les principales épizooties, dont l’influenza aviaire :
les symptômes et les données épidémiologiques qui doivent conduire à
établir une suspicion ;
les prélèvements et les analyses nécessaires pour confirmer ou
infirmer cette suspicion ;
la conduite à tenir pour prévenir la diffusion de l’agent pathogène.
Le manuel a été réalisé par la direction générale de l’alimentation (DGAL), avec l’aide de l’agence Semacom :http://www.semacom.net (contact@semacom.net) qui a coordonné le conseil éditorial et la gestion des sous-traitants (dont l’agence Dreamnuance www.dreamnuance.com, pour la mise en ligne informatique du guide).
Pour en savoir plus
Le Bulletin épidémiologique santé animale - alimentation
12/01/2011
Réalisé par l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et la direction générale de l’alimentation (DGAL), Le bulletin épidémiologique permet de diffuser des informations épidémiologiques, issues des réseaux animés par l’Anses et des données recueillies par la Dgal (notamment à travers les plans de contrôle et de surveillance).
Voir aussi
Portail interministériel de prévention des risques majeurs
Le portail interministériel de prévention des risques majeurs a pour objectif de vous apporter les connaissances nécessaires et les comportements à adopter en situation de crise. Ainsi, face aux risques majeurs qu’ils soient naturels, technologiques ou sanitaires, vous serez à même de participer activement à votre protection et à celle de vos proches.
