Les filières canne, sucre, rhum et banane dans les DOM
© Pascal Xicluna / Min.Agri.Fr

Stéphane Travert, s'est rendu, du 23 au 25 novembre, en Guadeloupe et en Martinique pour faire un point de la situation avec l’ensemble des acteurs des filières agricoles et agroalimentaire. Il a notamment visité une usine de rhum et rencontré des producteurs de bananes. L'occasion de faire un point sur les filières canne, sucre, rhum et banane dans les départements d'outre-mer (DOM).

La filière canne, sucre et rhum

Cette filière est l'un des piliers des l’économie de la Guadeloupe, de la Martinique et de La Réunion. Elle est également présente en Guyane à travers le débouché rhum. Génératrice d’emplois, elle constitue également l’une des filières d’export des DOM avec la production de sucre et de rhum. Elle joue donc un rôle important dans la balance commerciale des territoires.

La France et l’Union européenne accompagnent le développement de cette filière avec la mise en place de dispositifs d’aide dédiés.

  • Canne

Cette filière occupe plus de 40 000 hectares, tous DOM confondus, soit plus du tiers de la surface agricole utile (SAU). La Réunion et la Guadeloupe concentrent l’essentiel des surfaces. On observe toutefois une régression des surfaces en canne depuis plusieurs années sous la pression de l’étalement urbain.

Près de 8 000 exploitations cannières sont présentes dans les DOM, où la production est structurée autour d’exploitations familiales de petites tailles bien que, depuis 2000, la surface moyenne des exploitations cannières tend à augmenter 5 hectares à la Guadeloupe, 18 hectares en Martinique et 7,5 hectares à La Réunion).

La production de canne est très dépendante des conditions climatiques particulières que rencontrent les DOM (sécheresse, cyclones...) et s’établit en moyenne à 2 700 000 tonnes par an.

Si ses principaux débouchés sont le sucre et le rhum, la canne joue également un rôle important en matière d’aménagement du territoire et de production d’énergie renouvelable. La bagasse, résidu fibreux issu du broyage de la canne, est ainsi utilisée comme combustible pour les distilleries et sucreries et permet d’alimenter les territoires en électricité.

  • Sucre

La production de sucre est réalisée par 5 sucreries présentes dans 3 DOM (2 sucreries à La Réunion, 2 sucreries en Guadeloupe et une sucrerie à la Martinique). Les périodes de production des entreprises sont très courtes (3-4 mois) liées aux cycles agricoles de la canne et les volumes produits sont limités mais plutôt stables : 260 000 tonnes de sucre en moyenne par an.

Le sucre est valorisé sous deux formes :
- le sucre destiné à être raffiné : 60% de la production de sucre des DOM est expédiée en Europe pour y être raffinée. Le sucre de canne est ainsi transformé en sucre blanc, au même titre que le sucre blanc tiré directement de la betterave ;
- les « sucres spéciaux » : le reste de la production est constituée de sucres roux non raffinés. Ces sucres sont écoulés sur le marché local et dans l’Union européenne Avec les DOM, la France est le premier producteur européen de sucre de canne.

  • Rhum

La production de rhum est assurée par 24 distilleries situées dans les quatre (Guadeloupe, Guyane, Martinique et La Réunion). Près de 260 000 hectolitres d'alcool pur (HAP) de rhum sont produits chaque année sous forme de rhum agricole, obtenu par fermentation alcoolique et distillation du jus de canne à sucre, ou de rhum de sucrerie, produit à partir de la mélasse, résidu du raffinage du sucre.

Dans le but de valoriser ses terroirs agricoles, la France a contribué à la reconnaissance des particularités du rhum traditionnel des DOM en demandant l’intégration de cette dénomination dans la réglementation européenne. Le rhum traditionnel des DOM bénéficie également de 7 signes de qualité avec :

  • l’appellation d’origine contrôlée (AOC) : Rhum de la Martinique ;
  • les indications géographiques (IG) : Rhum de la Guadeloupe, Rhum de la Réunion, Rhum de la Guyane, Rhum de la Baie du Galion, Rhum des Antilles françaises, Rhum des départements français d'outre-mer.

La filière banane

Celle-ci est concentrée aux Antilles françaises et concerne la banane dites « dessert ». Sa production représente 250 000 tonnes en moyenne annuelle, pour environ 540 exploitations (1/3 en Guadeloupe et 2/3 en Martinique) sur 7 450 hectares cultivés. Elle est destinée au marché européen continental.
Si la France reste un petit producteur à l’échelle mondiale avec moins de 5% de l’approvisionnement brut de l’Union européenne, elle représente toutefois 40% des tonnages produits dans l’Union européenne, et la production antillaise répond à la moitié de la demande française, qui est de 550 000 tonnes.
La production de banane joue également un rôle essentiel dans l'équilibre socio-économique des deux îles, Guadeloupe et Martinique : en termes d'emploi, la filière banane est le premier employeur privé des Antilles françaises avec 56% des salariés agricoles en Guadeloupe et 77% en Martinique.
La France et l’Union européenne accompagnent également le développement de la filière.

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