Daniel Siredey, propriétaire de 80 hectares de forêt à Channay (Côte-d’Or)
Daniel Siredey, propriétaire de 80 hectares de forêt à Channay (Côte-d’Or) - Xavier Remongin/agriculture.gouv.fr

26 février 2025 Info +

Propriétaire forestier, une passion… et des questions

Pour de nombreux propriétaires privés en France, s’occuper de sa forêt relève à la fois de l’intérêt économique et de la transmission aux générations futures. Méthodes sylvicoles, vente du bois, choix des essences à planter, lutte contre les maladies... Les questions sont nombreuses et pour s’y retrouver, les (heureux) possesseurs d’un coin de forêt peuvent s’appuyer sur les centres régionaux de la propriété forestière (CRPF). C’est le cas de Daniel Siredey, ancien responsable de grands chantiers à la retraite et propriétaire de 80 hectares de forêt à Channay (Côte-d’Or), qu’Alim’agri est allé rencontrer sur ses terres.

Il est tête en l’air, mais n’allez pas y voir un défaut : pour un propriétaire forestier qui veut connaître l’état de santé de ses arbres, c’est la première des qualités. Chaque jour, Daniel Siredey arpente ses parcelles avec le nez levé. Depuis son départ en retraite il y a une quinzaine d’années, l’ancien ingénieur en travaux publics a développé une passion pour les arbres : c’est au milieu d’eux, dans sa « salle de gym en plein air », qu’il passe la plupart de ses journées. Et, de façon aussi naturelle qu’il prend soin de sa santé, il prend soin de sa forêt : 80 hectares de pins sylvestres, épicéas, chênes et hêtres, qui plongent leurs racines dans le grand plateau calcaire du nord de la Bourgogne.

Une gestion à quatre mains

Entre les pins sylvestres et les hêtres, Daniel Siredey marche et observe. À ses côtés se trouve Alexandre Guerrier, technicien au Centre régional de la propriété forestière (CRPF), qui accompagne les propriétaires privés dans la gestion de leurs parcelles. Un soutien important, en particulier pour trouver la bonne réponse en cas de maladies ou d’attaques de parasites. En 2018, certains épicéas de la forêt ont été attaqués par les colytes et ont dû être coupés, comme le raconte Daniel Siredey : « Ils commençaient à rougir, les écorces commençaient à se décoller, ils perdaient leurs aiguilles… » Plus récemment, ce sont des pins sylvestres qui ont montré des signes de dépérissement. « C’est important de bien regarder ses arbres, complète Alexandre Guerrier, et de suivre l’état sanitaire de ses peuplements pour pouvoir réagir ».

Alexandre Guerrier, correspondant observateur au Centre régional de la propriété forestière (CRPF).
Alexandre Guerrier, correspondant observateur au Centre régional de la propriété forestière (CRPF). - Xavier Remongin/agriculture.gouv.fr

« Je n’aurais jamais pensé que planter un arbre soit si compliqué ! », reconnaît Daniel Siredey. L’ancien directeur de travaux fait le parallèle avec son ancien métier : « La construction d’un barrage ou d’un pont, on sait quand ça commence et quand ça se termine. Quand on plante un arbre, on n’est jamais sûr de ce qu’il va devenir, car ça dépend des aléas qu’il peut subir. » Il peut compter sur l’aide du CRPF pour déterminer les essences les plus adaptées au terroir, ou les plus résistantes aux aléas climatiques comme la sécheresse. En s’appuyant sur le catalogue des stations forestières(1) et de BioClimSol, un outil d’aide à la décision dans le contexte du changement climatique, le technicien peut lui proposer des solutions de renouvellement. Un accompagnement indispensable pour Daniel Siredey, qui souhaite pouvoir exploiter ses pins « pour ne pas les perdre, et pour envisager l'avenir ».

L’application numérique FORECCAsT by BioClimSol, principalement destinée aux gestionnaires forestiers, permet un diagnostic sylvo-climatique et donne des recommandations de gestion au niveau de la parcelle forestière.
L’application numérique FORECCAsT by BioClimSol, principalement destinée aux gestionnaires forestiers, permet un diagnostic sylvo-climatique et donne des recommandations de gestion au niveau de la parcelle forestière. - Xavier Remongin/agriculture.gouv.fr

Une aide qui s’intègre dans un plan d’avenir

Envisager l’avenir, c’est aussi l’objectif du plan simple de gestion (PSG). Ce document, obligatoire à partir de 20 hectares, est établi pour une durée comprise entre 10 et 20 ans. Il permet de « se projeter dans l’avenir, de réfléchir à l’avenir de la forêt. C'est un guide qui peut être évolutif, en fonction de nos contraintes et des aléas climatiques », précise Daniel Siredey. Le PSG est un outil réglementaire, mais aussi un outil d'aide pour le propriétaire afin de réfléchir au peuplement : « J’ai replanté 20 000 arbres. Il y en a environ les deux tiers qui sont en pleine pousse. Pour moi, c’est une fierté. »

Parcelle de forêt replantée
Xavier Remongin/agriculture.gouv.fr

Disposer d’un plan simple de gestion agréé par le CNPF permet d’être libre de réaliser les coupes et travaux selon un programme intégré au PSG, mais aussi de bénéficier d’avantages fiscaux et d’obtenir des aides. C’est le cas de Daniel Siredey, qui compte sur les aides financières du volet renouvellement forestier de France 2030 pour accélérer l'adaptation de sa forêt. Un enjeu de taille, pour lui : « Gérer cette forêt est une occupation pour ma retraite, mais je constitue aussi un patrimoine pour les générations futures. Si rien n’est fait sur le plan national, c’est un appauvrissement général qui va se produire. La mission de l'État, c’est d’encourager les propriétaires à reboiser quand il y a des dépérissements. »

(1) Une station est une étendue de terrain de superficie variable (quelques m2 à plusieurs dizaines d’hectares), homogène dans ses conditions physiques et biologiques.

3,5 millions de propriétaires privés en France.

Soraya Bennar, directrice-adjointe du CRPF Bourgogne-Franche-Comté.
Soraya Bennar, directrice-adjointe du CRPF Bourgogne-Franche-Comté. - Xavier Remongin/agriculture.gouv.fr

« Le CRPF privilégie une approche de proximité, créant une relation de confiance avec les propriétaires forestiers, grâce aux visites de terrain et à l'accompagnement sur le long terme. Chaque technicien, responsable de son secteur, connaît bien les propriétaires. Cela permet un suivi personnalisé.
En misant sur la pédagogie, le CRPF les encourage à s'impliquer dans la gestion de leur patrimoine. Des formations et conseils pratiques leur sont proposés pour mieux comprendre les enjeux de la forêt et les accompagner dans une démarche de gestion durable. »

Soraya Bennar, directrice-adjointe du CRPF Bourgogne-Franche-Comté.

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