Le cheval au travail, une énergie d’aujourd’hui
07/11/2014
Benoît Biteau, agriculteur (Identi'Terre) - prix de l'agriculture 2009. Élevage de chevaux de trait Poitevin Mulassier. ©Min.Agri.Fr
Des communes, des agriculteurs en France font le pari de remettre l’énergie animale au goût du jour. De doux rêveurs passéistes ? Détrompez-vous : alliés du développement durable, les équidés n’ont jamais été aussi modernes.

Grande première début juillet 2014 à Paris : trois chevaux de trait comtois se sont chargés de l’entretien de la piste du concours d’obstacles Paris Eiffel Jumping. L’enjeu était de taille : les quarante meilleurs cavaliers mondiaux s’affrontaient dans l’arène. « Les sols équestres sont très techniques : il faut du sable souple, qui absorbe les chocs. C’est la première fois qu’un grand prix nous fait confiance  », souligne Sophie Bougel, chargée de mission à France Trait. Les chevaux tiraient une herse dont la mise au point avait nécessité de nombreux essais techniques. Ils ont rempli leur contrat, tout aussi bien qu’un quad l’aurait fait, et sans polluer !

©Cheick.Saidou/Min.Agri.Fr

C’est là un des grands avantages de la traction animale, et une des raisons pour laquelle plus de deux cent communes ont fait ce choix : elle engendre peu de déchets, pas d’émissions polluantes ou de nuisances sonores. Dans les centres-ville étroits, le cheval se révèle aussi plus maniable qu’un camion. Collecte du verre, entretien des espaces verts, transports scolaires ou touristiques…Le cheval en ville n’a pas qu’une seule utilisation. Lors du Paris Eiffel Jumping, des ânes bâtés ramassaient les détritus des visiteurs. «  Cela crée du lien : avec un âne, les enfants vous sourient, les gens vous regardent différemment et viennent vous poser des questions, ce qui n’est pas le cas quand vous conduisez un camion poubelle !, » raconte Arnaud Place, éleveur, qui menait ce jour-là deux ânes Grand noir du Berry. « Étonnamment, ce type de dispositif incite aussi les gens à mieux trier  », précise Sophie Bougel. Pour qu’il ne prenne pas peur en ville, l’animal est « désensibilisé » : on l’habitue le plus tôt possible au bruit, à avoir des gens autour de lui, à faire confiance au meneur.

©Cheick.Saidou/Min.Agri.Fr

A la campagne, les chevaux de trait sont notamment utilisés pour le travail de la vigne et le maraîchage. En forêt, le débardage à cheval est possible en terrain difficile : l’animal se contente de passages de moins d’un mètre de large. Comme l’explique Sophie Bougel, «  le cheval apporte les grumes jusqu’à la périphérie de la forêt et vient donc en complémentarité des camions ».Autre service rendu par les équidés : ils peuvent être de véritables « débroussailleurs ». Dans les parcs naturels, les landes, les zones humides, les chevaux, poneys et ânes les plus rustiques entretiennent le couvert végétal sans dégrader les sols.

©Pascal.Xicluna/Min.Agri.Fr

Le cheval n’a pas que sa force de travail à offrir : source d’épanouissement pour les pratiquants d’équitation, il est aussi un partenaire privilégié pour aider à l’insertion de jeunes en difficultés et de détenus. En équithérapie, il est un formidable outil pour les thérapeutes auprès de personnes handicapées ou en grande détresse.

Visiter le site de l’association Des équidés au travail

De l'âne au trait, le site de Marie-Astrid et Arnaud Place, éleveurs d'ânes et de chevaux de trait

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