Xylella Fastidiosa, Fièvre Catarrhale Ovine et Influenza Aviaire : des maladies sous contrôle
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En quelques mois, la France a dû affronter trois crises sanitaires majeures.

Juillet 2015, Xylella fastidosia est découverte en Corse, nécessitant des mesures exceptionnelles d'arrachage car cette bactérie peut se propager rapidement et toucher de nombreux végétaux. Quelques mois plus tard, c'est l'élevage qui est en état alerte. Deux maladies très contagieuses font leur réapparition. La fièvre catarrhale ovine (ou maladie de la langue bleue) est détectée en septembre 2015 après trois années d'absence. Près de 240 foyers sont identifiés et une vingtaine de départements est touchée. Une campagne de vaccination de grande ampleur a été organisée par l'État, la circulation des animaux est restreinte sur une zone réglementée pour contenir la maladie. Fin novembre 2015, ce sont les élevages de canards et oies du Sud-Ouest qui sont confrontés à l'influenza aviaire. Cette souche n'est pas transmissible à l’homme. La consommation de viande, foie gras et oeufs ne présente également aucun risque. Mais le virus identifié est hautement pathogène pour les volailles. Enfin, fin février 2016 un cas d'ESB est détecté dans un élevage des Ardennes. Heureusement, il apparaît très vite qu'il s'agit d'un cas sporadique comme d'autres pays d'Europe en ont connu depuis trois ans. En l'occurrence, il n'y a pas de crise sanitaire.

Réactivité et performance

La réactivité et la performance de notre système sanitaire ont permis de contenir ces maladies. Restriction de mouvement d'animaux, vaccination à grande échelle ou vide sanitaire, les mesures sont lourdes à mettre en oeuvre pour les éleveurs et les pouvoirs publics, avec des enjeux à la fois sanitaires et économiques : il faut assainir les élevages, éradiquer la maladie et rassurer les consommateurs et les partenaires économiques.

La sécurité sanitaire, un bien public à appréhender à l'échelle de la planète

La France est un grand pays d'exportation d'animaux vivants et de produits transformés à base de viande. La perte de statut de « pays indemne » peut être dévastatrice pour les filières. La prévention des risques et la gestion des crises sanitaires entrent dans les missions classiques des services de l'État. Concernant les maladies animales, depuis une dizaine d'années, cette responsabilité prend une acuité particulière. En effet, l'émergence et la réémergence d'agents pathogènes sont favorisées par la mondialisation des échanges et le dérèglement climatique. Les maladies animales circulent d'un continent à l'autre, de nouvelles maladies ou de nouvelles souches apparaissent, et la liste des zoonoses (maladies animales transmissibles à l'homme) ne cesse de s'allonger. La sécurité sanitaire est un bien public qu'il faut appréhender désormais à l'échelle de la planète et dans une approche dite one health/une seule santé, intégrant santé humaine, santé animale, santé végétale et santé des écosystèmes.

Veille, prévention, comment les risques sont-ils appréhendés ? Comment l'État fait-il face à ces crises lorsqu'elles se déclenchent ? C'est ce que nous vous proposons de découvrir avec ce numéro hors-série d'Alimagri.

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