Xylella fastidiosa, c'est quoi ?
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© EPPO Global Database

La bactérie Xylella fastidiosa, transmise et véhiculée par des insectes vecteurs, s'attaque à un très large spectre de végétaux : vigne, olivier, Prunus, Citrus, caféier, chêne, luzerne, etc. En Amérique, la bactérie est connue comme l'agent de la maladie de Pierce qui a fortement touché les vignobles californiens à la fin du 19ème siècle. Elle est également responsable de la chlorose variéguée des agrumes au Brésil à la fin des années 1980. Depuis 2013, Xylella fastidiosa est responsable du complexe de desséchement rapide de l’olivier (CoDiRO) en Italie (région des Pouilles).

A ce jour, six sous-espèces de Xylella fastidiosa ont été identifiées dans le monde :

  • multiplex,
  • pauca,
  • fastidiosa,
  • sandyi,
  • morus
  • tashke.

Chacune de ces sous-espèces présente un spectre de plantes hôtes spécifiques.

Bactérie du xylème, Xylella fastidiosa empêche la plante de s'alimenter en gênant les mouvements de la sèvre brute. Les symptômes de ses manifestations sont peu spécifiques (flétrissement, brûlures foliaires) et rendent difficile sa détection. Actuellement, il n'existe pas de moyens curatifs pour lutter contre cette bactérie. La décision européenne, visant à empêcher l'introduction et la propagation de la bactérie sur le territoire, préconise l'arrachage et la destruction des plants contaminés.

Comment la bactérie se transmet-elle ?

La multiplication, l’exportation et la plantation de plants contaminés représentent un risque important de dissémination. De plus, tout insecte piqueur-suceur se nourrissant de sève brute (xylème) est à considérer comme potentiellement vecteur de cette bactérie. Enfin, les outils de taille ou autres outils provoquant des blessures sont suspectés de participer à la dispersion de la maladie de plante à plante.

Les insectes vecteurs de Xylella fastidiosa n’ont pas encore été identifiés. Le nombre d’espèces potentiellement vectrices en France a toutefois été estimé à 51 (48 en France métropolitaine et 12 en Corse) (Germain J-F, 2016).

La bactérie n’est transmissible ni à l’homme, ni aux animaux.

Où est-elle présente ?

Xylella fastidiosa est présente dans de nombreux pays-tiers (ou régions de pays-tiers) :

  • sur le continent américain : Argentine, Brésil, Canada, Costa Rica, Honduras, Mexico, Paraguay, Pérou, Puerto Rico, Etats-Unis, Venezuela ;
  • en Asie : Iran, Taiwan ;
  • sur le continent européen : Italie, et en cours d'éradication en France, Espagne, Allemagne, République tchèque (en cours de notification).

Carte de la distribution de Xylella fastidiosa

En orange : présent ; en violet : présence transitoire, en cours d’éradication.

Un très grand nombre de plantes sensibles à la bactérie

Selon la sous-espèce et la souche de la bactérie, les plantes hôtes varient. Au total, ce sont 359 espèces potentiellement hôtes de Xylella fastidiosa qui ont été recensées dans le monde (EFSA, février 2016 « mise à jour de la liste des végétaux hôtes de Xylella fastidiosa ») .

Sur la base de cette liste pré-établie par l'EFSA, la Commission européenne a retenu une liste de plus de 200 espèces de végétaux sensibles à Xylella fastidiosa (Annexe I de la décision 2015/789 modifiée). Cette liste contient l'ensemble des végétaux pour lesquels au moins deux publications scientifiques ont montré leur sensibilité à la bactériose. Ces végétaux, lorsqu’ils sont destinés à la culture ou à la plantation, sont appelés « végétaux spécifiés ».

Parmi ces végétaux spécifiés, les végétaux « hôtes » de Xylella fastidiosa sont ceux sur lesquels la bactérie a été identifiée en Europe. En Europe, la bactérie a été découverte sur de nombreuses essences végétales dont l’olivier, le laurier rose, le cerisier, l’amandier, etc. La liste des espèces végétales sensibles aux isolats européens (dits « végétaux hôtes ») est disponible sur le site de la Commission européenne (en anglais).

Quels sont les symptômes de la maladie ?

Les symptômes de Xylella fastidiosa n'étant pas caractéristiques, des plantes a priori symptomatiques (brulures foliaires, dessèchements) peuvent être saines. A l’inverse, des plantes sans symptômes peuvent être très contaminées (cas notamment des caféiers et de certaines espèces plantes ornementales).

Par ailleurs, le risque de confusion avec d'autres causes d’origines biotiques ou abiotiques (carences, stress hydriques, etc.) est élevé.

Différents types de symptômes peuvent être observés. A titre d’exemples :

  • Les brûlures foliaires et, dans les stades les plus avancés, le dessèchement des rameaux (notamment dans le houppier des arbres), suivis de la mort de la plante dans les cas les plus graves (polygales à feuilles de myrte, laurier-rose, olivier, amandier, …) ;
  • Les chloroses foliaires (sur caféier, oranger).
  • Les défauts de lignification (aoûtement) et la persistance des pétioles après la chute des feuilles (vigne);
  • Le nanisme, accompagné d’une coloration bleue-verte des feuilles (luzerne);
  • Le port tombant et la réduction des entre-nœuds (pêcher) ;
  • Jaunissements et des rougissements des feuilles (vigne).

Accéder aux guides de reconnaissance des symptômes

Que faire en présence d'un foyer ?

La bactérie Xylella fastidiosa est un organisme nuisible de quarantaine, réglementé à l'échelle européenne : elle est listée en annexe IA2 de la directive européenne 2000/29/CE relative aux mesures de protection contre l'introduction et la propagation dans l’Union Européenne (UE) d'organismes nuisibles aux végétaux : son introduction et sa dissémination sont ainsi interdites sur le territoire européen.

La décision d’exécution 2015/789/UE modifiée de la Commission européenne précise les dispositions relatives à cette bactérie, visant à empêcher d’autres introductions ainsi que sa propagation dans l’Union européenne.

Dans le cas de la découverte d’une nouvelle contamination par Xylella fastidiosa, le nouveau foyer est matérialisé par une zone délimitée d’un périmètre d’au moins 10 kilomètres autour la (les) plante(s) infectée(s). Cette zone délimitée comprend une zone infectée concentrique d’au moins 100 mètres de rayon et d’une zone tampon d’au moins 10 kilomètres de rayon.

Schéma d'une zone délimitée comprenant une zone tampon et une zone infectée

Au niveau français, elle est classée parmi les dangers sanitaires de catégorie 1, donc d'intérêt général, par l'arrêté du 15 décembre 2014 relatif à la liste des dangers sanitaires de première et deuxième catégorie pour les espèces végétales.