La situation de Xylella en France et en Europe
Crédit ci-après
© EPPO Global Database

En France

Xylella fastidiosa subsp. multiplex a été identifiée pour la première fois en 2015, dans les régions Corse et Provence-Alpes Côte d‘Azur (PACA). En septembre 2016, X. fastidiosa, subsp. pauca a été identifiée pour la première fois en France, dans un foyer situé en PACA.

En mai 2017, 360 foyers ont été identifiés dont 340 en Corse et 20 en PACA.

Voir la carte interactive de la situation phytosanitaire au regard de Xylella fastidiosa.

Zones délimitées (foyers) en France

La bactérie (sous-espèce multiplex) a été détectée sur une trentaine d’espèces végétales, qui sont majoritairement des plantes ornementales du paysage méditerranéen : Polygala myrtifolia, Spartium junceum, Calicotome villosa, Helichrysum italicum, Lavandula angustifolia, Cistus monspeliensis, etc. A ce jour, aucun cas positif n’a été trouvé sur les oliviers, vignes ou agrumes.

Depuis la première détection de la bactérie en France, plus de 18 000 prélèvements ont été réalisés. En 2016, l’application du plan de surveillance et du plan d’urgence a conduit à la réalisation de près de 10 000 inspections sur l’ensemble du territoire. Une forte pression d’échantillonnage est exercée aussi bien sur les espèces hôtes de X. fastidiosa subsp. multiplex que sur les espèces visées dans le plan de surveillance.

Depuis 2015, 36 espèces végétales ont été trouvées contaminées par Xylella fastidiosa subsp. multiplex, en France. Trois espèces végétales représentent environ 70% des échantillons contaminés : Polygala myrtifolia (environ 52%), Calicotome villosa (10%), et l’immortelle d’Italie (9%). En France, Xylella fastidiosa, subsp. pauca a été découverte dans trois plants de Polygala myrtifolia.

La situation dans les régions PACA et Corse sont différentes : tandis qu’en PACA les manifestations de la bactérie semblent confinées et présentes en milieux essentiellement urbain et péri-urbain (jardins privés, espaces verts urbains), en Corse, la dissémination de la bactérie est largement favorisée dans le milieu naturel (forêt, maquis).

Aussi, et contrairement à la situation dans la région des Pouilles (Italie), où des dépérissements massifs d’oliviers conduisant à la mort des sujets sont observés depuis plusieurs années, aucun dépérissement inquiétant n’a été observé en France et les champs de production de végétaux d’intérêt économique (vignes, agrumes, oliviers, pêchers, cerisiers, etc.) sont à ce jour épargnés.

En Corse

Depuis l’identification du premier foyer de X. fastidiosa subsp. multiplex, 340 foyers ont été identifiés en date de mai 2017, dont 323 foyers situés en Corse-du-Sud et 17 foyer en Haute Corse.

La bactérie a été détectée sur une trentaine d’essences végétales différentes (Helichrysum italicum, Spartium junceum, Cistus monspeliensis, Genista corsica, Lavandula stoechas, Myrtus communisa…). Celles-ci présentent la caractéristique d’être endémiques et typiques du maquis corse.

Les zones délimitées représentent près de 50% de la surface corse. Considérant l’étendue de la dissémination de la bactérie sur l’île, son éradication apparaît compromise et néfaste pour les écosystèmes car elle peut favoriser le développement de plantes envahissantes.

La France a officiellement demandé le passage à l’enrayement en mars 2017 à la Commission européenne. La stratégie d’enrayement vise à contenir toute propagation de la maladie au delà de la frontière de la zone délimitée, grâce à une forte pression de surveillance dans une zone tampon de 30 kilomètres de largeur et l’arrachage des végétaux contaminés.

Dans le cas de la Corse, la mer apparaît comme une barrière physique naturelle contre toute propagation de la bactérie au delà de l’île. La demande a été soumise à l’approbation des États membres et doit faire l’objet d’une modification de la décision européenne.

En PACA

Les foyers découverts se trouvent essentiellement en milieux urbain ou semi-urbain. Cinq espèces végétales ont été trouvées contaminées par la bactérie dans la région (Polygala myrtifolia, Lavandula officinalis, Lavandula x intermedia, Cercis siliquastrum, Spartium junceum).

 En Europe

  • En Italie

La bactérie (sous-espèce pauca) a été détectée pour la première fois en 2013, sur des oliviers. La zone des Pouilles est en enrayement. La surveillance renforcée dans la bande tampon permet d’identifier régulièrement des oliviers contaminés, qui sont alors éradiqués. Le typage des sous espèces continue d’indiquer que seule la sous-espèce pauca est présente.

  • En Allemagne

En juin 2016, la bactérie (sous espèce fastidiosa) a été détectée sur un plant de Laurier-rose dans une petite pépinière produisant de jeunes végétaux et des plantes ornementales, et accueillant les plantes de particuliers pendant l’hiver dans une petite serre. La dernière notification officielle date du 22 novembre 2016, et fait état de résultats positifs : laurier rose (Nerium oleander), romarin (Rosmarinus), primevères (hybrides de Streptocarpus) et hybrides de Erysimum.

La sous-espèce identifiée est fastidiosa. A ce jour, il n’existe pas d’élément qui indiquerait que la contamination se soit répandue au-delà de l’établissement.

  • En Espagne

L’Espagne avait notifié le 10 novembre 2016 le premier foyer suite à la découverte de trois cerisiers contaminés à Majorque. A ce jour, trois îles des Baléares sont contaminées : Majorque, Minorque et Ibiza. Les contaminations concernent un grand nombre d'espèces végétales (vignes, oliviers, laurier-roses, polygales à feuilles de myrte, mimosa, lavandes, amandiers, cerisiers...) et trois sous-espèces différentes (multiplex, pauca et fastidiosa). Par mesure de précaution, tout le territoire des îles Baléares est considéré comme une zone délimitée. L’éradication étant impossible, le passage à l’enrayement est en cours d’examen par les autorités espagnoles. Un audit de la Commission européenne est prévu en juin 2017.

  • En République Tchèque

Un plant de polygale à feuilles de myrte a été retrouvé contaminé dans le jardin d’hiver d’une propriété privée. Des analyses supplémentaires sont en cours afin de valider ce premier résultat. Le foyer n’est donc pas encore officiellement confirmé et notifié.