Saumon : aucune anomalie relevée lors des contrôles sanitaires
©Pascal.Xicluna/MinAgri.Fr
Zoom sur un produit phare de cette fin d'année: le saumon. Ce poisson gras dont la consommation hebdomadaire est recommandée par le Programme National Nutrition Santé (PNNS) pour ses apports en Oméga 3 et vitamine D fait, toute l'année, l'objet de contrôles sanitaires stricts effectués par la DGAL. L'objectif? garantir la conformité sanitaire de cet aliment au regard de la réglementation européenne. Décryptage.

800 000 résultats d'analyses des denrées

Chaque année, la Direction générale de l’Alimentation met en œuvre un ensemble de plans de surveillance et de plans de contrôle (PSPC) de la contamination des denrées alimentaires d’origine végétale et/ou d’origine animale ( produits de la pêche compris) et de l’alimentation animale. En départements, les services effectuent des inspections dans les établissements de la chaîne alimentaire.

Il s’agit de contrôler la conformité des produits mis sur le marché aux exigences réglementaires définies au niveau européen concernant la santé publique, et de surveiller les niveaux de contamination. Le règlement (CE) n°854/2004 impose à chaque État membre de surveiller les niveaux de contamination des parties comestibles des produits de la pêche mis sur le marché. La programmation des prélèvements s’appuie sur une expertise et une évaluation des risques.

Chaque année, environ 60 000 prélèvements sont effectués sur les denrées dans le cadre de ces PSPC, donnant lieu à plus de 800 000 résultats d'analyses effectuées par des laboratoires agréés, encadrés par des laboratoires de référence.

Les analyses sont conduites sur les différentes catégories de produits de la mer ou d’eau douce, sauvage ou d’élevage, produits en France ou dans un pays européen ou pays tiers et mis sur le marché français.

Risque chimique: qu'est ce que "l'exposition du consommateur" ?

Les recommandations de consommation des produits de la pêche (ANSES)

Aucun résultat non conforme constaté sur le saumon sauvage

Parmi les contaminants chimiques recherchés, on trouve  ceux qui sont réglementés au niveau européen (règlement 1881/2006 qui fixe des teneurs maximales)  : dioxines/PCB, éléments traces métalliques (cadmium, mercure, plomb), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). De ce fait, chaque année, pour vérifier le respect de ce texte, des plans de surveillance des produits de la mer sont programmés (contrôle aléatoire à l'étal).

Sur les 2875 résultats d'analyses obtenus entre 2013 et 2015 dans le cadre de ces plans de surveillance, il a été observé 39 résultats non conformes.

Le taux de conformité au règlement 1881/2006 sur l'ensemble des analyses réalisées entre 2013 et 2015 est donc de 98.7%.

Concernant plus particulièrement le saumon1, il représente 8% du nombre total d'analyses réalisées sur cette période, 83% des saumons analysés provenant de Norvège.

Aucun résultat non conforme n'a été constaté sur le saumon, quelle que soit leur provenance pour l'ensemble des contaminants chimiques recherchés.

Aquaculture: le point sur la réglementation européenne

Les conditions d’élevage des principales espèces aquacoles, en ce qui concerne l’aspect zoosanitaire, sont harmonisées au niveau européen par la directive 2006/88/CE du Conseil. L’agrément zoosanitaire encadre la mise sur le marché d’animaux d’aquaculture. Il comprend l’enregistrement des mouvements d’animaux, la déclaration des hausses de mortalité inexpliquées, une analyse des risques dans les fermes aquacoles, l’application des bonnes pratiques sanitaires en aquaculture et la mise en œuvre d’un Plan de surveillance zoosanitaire comme indiqué dans l’arrêté du 8 juin 2006. Les mesures de lutte contre les maladies sont précisées dans un arrêté du 4 novembre 2008.

La directive 96/23/CE impose aux États membres un quota obligatoire de contrôles en élevage piscicole, représentant un prélèvement par 100 tonnes de la production annuelle. Font à ce titre l’objet de contrôle officiel :

  • les substances interdites (activateurs de croissance, hormones, chloramphénicol, nitroïmidazoles, nitrofuranes, vert malachite),
  • les résidus de médicaments vétérinaires (antibiotiques, anthelmintiques, etc), ainsi que les résidus de traitements phytopharmaceutiques et autres contaminants de l’environnement (PCB, dioxines, métaux lourds)

Sur la période de 2013 à 2015, sur les 1377 lots de poissons d’élevage contrôlés, 1 seule non-conformité antibiotique a été relevée en 2014 .

Contrôles des importations : les lots de saumon conformes sur le plan sanitaire

Les lots importés font systématiquement l'objet d'un contrôle frontalier (documentaire et d'identité) et physique selon une fréquence déterminée par le risque sanitaire. Les lots soumis à prélèvement sont choisis sur une base aléatoire. Les tests sont effectués au hasard sur 3 % de l'ensemble des lots.

Les produits de la pêche représentent environ 80% des lots de produits animaux importés.

Nombre de lots de saumon importés en 2015 (stock sauvage et élevage, saumon frais, congelé, et en filets) : 25000 lots correspondant à environ 3540 tonnes

En 2015, 300 contrôles sur des lots de saumon ont été effectués , dont 39 lots prélevés pour analyses, 0 non-conformité sur le saumon
Sur 2016, jusqu'à aujourd'hui, 858 lots de saumons du Pacifique contrôlés , 23 lots avec prélèvements, 0 non-conformité

La présence d'un contaminant n'est donc pas systématiquement synonyme de toxicité pour l'Homme. En revanche, une présence supérieure aux teneurs maximales prescrites par la réglementation européenne indique que le risque sanitaire chez l'Homme ne peut être exclu.

Saumon de Norvège : concernant l'origine Norvège, il y a un accord bilatéral entre l'UE et la Norvège : les normes sanitaires et d'élevage norvégiennes sont reconnues équivalentes à celles appliquées au sein de l'UE. La Norvège, en tant que membre de l’AELE, Association Européenne de libre-échange, respecte donc les dispositions européennes dans le cadre de l'accord, notamment, le respect des teneurs en contaminants chimiques. Aussi les produits d'origine animale et les animaux vivants en provenance de Norvège ne font pas l'objet de contrôle à l'importation en poste d’inspection frontalier.

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