Qu'est-ce que le datura ?
Le datura est une plante toxique, dont la consommation peut entraîner des troubles hépatiques, nerveux et sanguins.

Le Datura (Datura stramonium) est une plante herbacée, que l’on retrouve dans les champs et qui contient, en particulier dans ses graines, des alcaloïdes. Les alcaloïdes sont des substances naturelles d’origine végétale, utilisées en pharmacologie pour leurs propriétés thérapeutiques, mais qui peuvent aussi être très toxiques. Les alcaloïdes les plus connus sont la morphine, l’atropine, la caféine, la théine et la cocaïne.

Toxicité du datura

Les alcaloïdes contenus dans le datura (atropine et scopolamine) peuvent provoquer des troubles hépatiques, nerveux et sanguins plus ou moins graves : sécheresse de la bouche, pupilles dilatées, troubles de la vue, tachycardie, agitation, confusion, désorientation spatio-temporelle, hallucinations, paroles incohérentes… De très petites quantités suffisent pour déclencher une intoxication.

Datura dans le sarrasin

Le seuil de risque est estimé à une graine de Datura pour 10 000 graines de sarrasin. Les graines ayant la même taille, il n’est pas possible de les séparer par tamisage en moulin, d’où l’importance de la maîtrise des risques lors de la production au champ du sarrasin.

Le risque de contamination du sarrasin étant connu par les producteurs, ceux-ci mettent en œuvre des moyens préventifs pour éliminer les plants de Datura dans les parcelles où est cultivé le sarrasin (emploi d’herbicides, arrachage manuel, repérage visuel…).

Quels contrôles sur le datura ?

La maîtrise des risques sanitaires à tous les stades de la chaîne alimentaire, y compris en production primaire agricole, est couverte par la réglementation relative au Paquet Hygiène. Celle-ci prévoit qu’une denrée alimentaire ne peut être mise sur le marché que si elle est sûre et saine pour le consommateur.

Les producteurs sont les premiers responsables de la mise sur le marché de produits sûrs. Pour vérifier la bonne application de cette législation, la Direction générale de l’alimentation (DGAL) a mis en place des plans de contrôle chez les agriculteurs sur tout le territoire national. Tous les types de production sont concernés. Ces contrôles viennent en complément de ceux réalisés par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) au stade de la distribution de ces produits.

Les contrôles menés par les services de la DGAL visent à vérifier la mise en place efficace de Bonnes Pratiques d’Hygiène chez les agriculteurs. Ces bonnes pratiques sont indispensables pour assurer la qualité sanitaire des produits (par exemple, bonnes pratiques de fertilisation, d’irrigation, de conditionnement des produits, etc.). La traçabilité des produits est également un point fort de ces contrôles.

Plusieurs centaines de contrôles chez les producteurs sont réalisés chaque année par les agents de la DGAL. Ils sont ciblés sur les produits ou les modes de production les plus à risques pour les consommateurs.

Suite à l’alerte liée à la présence de Datura dans le sarrasin ayant entraîné des syndromes atropiniques chez des consommateurs, la DGAL a lancé des investigations spécifiques chez les producteurs du sarrasin incriminés.

Info : sarrasin ou blé noir ?

C’est la même chose ! Le sarrasin est le nom scientifique du blé noir. Contrairement à ce que cela peut laisser entendre, le blé noir n’est pas une graminée comme le blé, mais fait partie de la famille des polygonacées (comme la rhubarbe ou l’oseille). Utilisé principalement en farine pour les galettes de sarrasin, le blé noir sert aussi à la confection de pain, des crozets, du whisky, ou de la cervoise, la fameuse bière bretonne. Contrairement au blé, il peut être consommé par les personnes intolérantes au gluten.