La pisciculture : production et consommation
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©Nick Brokensha/ Min.Agri.Fr
La pisciculture est une spécialisation de l'aquaculture, elle désigne l'élevage des poissons en milieu naturel ou en bassin artificiel, destinés à la consommation. En France, elle regroupe trois secteurs d’élevage bien distincts : la salmoniculture, la pisciculture marine et la pisciculture d’étangs. Les professionnels de la pisciculture sont regroupés en syndicats ou instances nationales représentatives et développent leur activité dans le cadre d’une approche respectueuse de l’environnement tout en misant sur une production de haute qualité.

Les tendances de production et de consommation du secteur piscicole

  • La salmoniculture

La truite arc-en-ciel est l’espèce la plus produite avec plus de 32 000 tonnes (voir encadré ci-dessous, extrait du recensement 2007). Les 374 entreprises selon l’enquête 2013 sont de toutes tailles mais le secteur est très concentré : ainsi selon le recensement 2007, les 19 entreprises qui réalisaient plus de 500 tonnes représentaient 50% de la production. Pour les autres, l’activité est maintenue par une meilleure valorisation sur le marché du repeuplement et de la pêche de loisir, importante pour la survie de ces structures.

La production de salmonidés et le nombre d’exploitations en France a diminué de 20% entre 1997 et 2007. Cette baisse de la production est due en partie, aux exigences environnementales liées à l’application de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE). Les autorisations délivrées aux piscicultures sont de plus en plus contraignantes et entraînent une réduction de la production.

  • La pisciculture marine

Apparue au début des années 1970, la pisciculture marine regroupe aujourd’hui 27 entreprises qui assurent une production de 5 200 tonnes (données 2013). Le secteur est très concentré : 8 entreprises réalisent 80% des ventes. Les principales espèces élevées sont : le bar (2 360 tonnes), la dorade royale (1 640 tonnes), ainsi que des poissons marins divers (le turbot, le saumon et la truite de mer , le maigre) à hauteur de 1 200 tonnes. Après une croissance soutenue jusqu’en 1995, la pisciculture marine française stagne ou régresse depuis cette date (absence de toute création de nouvelles unités). Les conditions d’évolution sont freinées par la rareté des sites disponibles et par la concurrence avec les autres activités littorales pour l’accès à ces sites, notamment le tourisme. Outre-mer, quelques élevages se développent principalement avec une espèce, l’ombrine ocellée et à terme le cobia. Grâce à son grand savoir-faire la France est une productrice importante d’alevins dont une grande partie est exportée (voir encadré extrait du recensement 2007).

                                                                       Le saviez-vous ?

Des alevins enviés : en matière de reproduction des poissons, la France est appréciée par ses voisins européens pour ses techniques de pointe. A tel point qu’elle est devenue le premier exportateur d’alevins en Europe, triplant sa production en dix ans. Ces alevins sont des œufs de bars, daurades, turbots et maigres qui voient le jour dans des écloseries marines situés principalement dans le Nord Pas de Calais. Mais, toujours selon le recensement, le développement sur le territoire pour la pisciculture reste difficile à cause, entre autres, de pressions environnementales et de réglementations strictes
Grâce aux travaux de recherche réalisés en France, la production d’esturgeons s’est également développée en région Aquitaine pour la production de caviar (une vingtaine de tonnes par an, ce qui place la France parmi les premiers producteurs mondiaux). L’espèce d’esturgeon élevée en France (Acipenser baeri) se développe sur des sites en eau douce, bien que cette filière très spécifique soit associée à la pisciculture marine en raison d’un itinéraire technique presque similaire. (voir encadré extrait du recensement 2007).

Du caviar d’Aquitaine : Contrairement aux idées reçues, le caviar n’est pas que l’apanage de la Russie. En France on dénombre seize entreprises élevant des esturgeons. En 2007, année de l’étude, seulement quatre d’entre elles ont produit des œufs d’esturgeon appelé aussi caviar, mais leur production représentent tout de même 81 % du chiffre d’affaire du secteur. Pour l’instant, le caviar se destine principalement au marché hexagonal, et son prix reste élevé car il faut entre sept et onze ans avant qu’une femelle ponde des œufs ! La production d’esturgeon se situe en Gironde et en Dordogne.

  • La pisciculture d’étang

La pisciculture d’étang est une activité traditionnelle dont la production atteint les 8 000 tonnes. La plus grande partie de la production est valorisée sur le marché du repeuplement suivi par celui de la consommation directe. La pisciculture extensive en étang exploite et préserve un patrimoine d’une grande biodiversité mais se trouve confrontée depuis plus de 10 ans à la progression de la prédation par les cormorans. Après l’arrêt des activités en Sologne et en Camargue, la déprise menace les autres grandes régions (Brenne, Dombes, Forez et Lorraine).

Les signes de qualité du secteur piscicole

Les acteurs de la filière piscicole française misent sur une production de haute qualité, répondant à une demande croissante des consommateurs. Dans cette optique, une partie croissante des produits est commercialisée différents signes de qualités :

Le label rouge garantit une qualité supérieure des produits résultant de conditions particulières de production conformément à des cahiers des charges. Sont commercialisés sous ce label : du turbot, du bar, de la daurade.

Aquaculture bio : sont produits dans ces conditions du bar, de la daurade, du maigre, de la truite et des crevettes.