Maladies des animaux aquatiques

04/06/2010

Les maladies affectant les animaux aquatiques les plus courantes sur le territoire français sont la septicémie hémorragique virale (SHV) et la nécrose hématopoïétique infectieuse (NHI). Ces maladies sont deux rhabdoviroses (genre Novirhabdovirus) non zoonotiques retrouvées dans de nombreuses espèces de poissons marins et d’eau douce dont principalement les salmonidés.

Présentation des maladies affectant les animaux aquatiques

La nécrose hématopoïétique infectieuse :
La nécrose hématopoïétique infectieuse (NHI) est causée par le virus de la nécrose hématopoïétique infectieuse (VNHI). C’est une maladie virale hautement infectieuse touchant plusieurs espèces de salmonidés. Les conséquences cliniques et économiques principales de la NHI se produisent dans les fermes aquacoles produisant de la truite arc-en-ciel où les manifestations aiguës peuvent aboutir à une mortalité très élevée.
Le frai et les juvéniles de moins de 6 mois sont les plus sensibles à la NHI.
Les saumons atlantique, keta, argenté, japonais, sockeye, chinook peuvent être aussi sévèrement touchés. L’infection est transmise horizontalement par l’eau, et les sécrétions et contacts directs avec des poissons malades. Le virus de la NHI peut conserver son pouvoir infectant pendant plusieurs semaines voire mois dans les sédiments.
Les géniteurs de salmonidés porteurs inapparents sont le principal réservoir de la NHI. La transmission par la surface des œufs issus de géniteurs contaminés est favorisée lorsque la désinfection de surface des œufs est imparfaite.

La maladie est en général caractérisée par une augmentation brutale de la mortalité en l’absence de lésions décelables. Les poissons malades présentent des signes cliniques : léthargie avec des accès d’hyperactivité, mélanose, branchies anémiées, ascite, abdomen dilaté, exophthalmie, et des pétéchies internes et externes.

Historiquement, l’éventail géographique de la NHI était limité à la partie occidentale de l’Amérique du Nord, mais la maladie s’est étendue en Europe continentale et en Extrême-Orient via l’importation de poissons et d’oeufs infectés.
Parmi chaque espèce de poissons, il y a un degré élevé de variation de sensibilité à la NHI. L’âge des poissons est extrêmement important : plus les poissons sont jeunes, plus ils sont prédisposés à la maladie. Comme pour le virus de la septicémie hémorragique virale, le bon état de santé global des poissons semble diminuer la sensibilité manifeste à la NHI. Les poissons deviennent de plus en plus résistants à l’infection et devenir porteurs asymptomatiques.

Prévention :
L’approvisionnement en eau doit être indemne de virus. Le statut sanitaire des poissons doit être maîtrisé notamment lors de leur introduction à la fois dans la pisciculture ou dans le bassin versant de la pisciculture et en particulier lors de l’introduction d’oeufs. Les fermes aquacoles ou des zones aquacoles peuvent obtenir le statut « indemne de la maladie » après la mise en œuvre d’un programme de qualification et sous réserve du respect des mesures strictes et spécifiques de la qualification.

La septicémie hémorragique virale
La septicémie hémorragique virale (SHV) est causée par le virus de la septicémie hémorragique virale (VSHV, synonyme : virus Egtved).
Elle est une cause majeure de mortalité de la truite arc-en-ciel en élevage. La truite fario, l’ombre commun, les corégones et le brochet sont sensibles à ce virus, ainsi que des espèces marines comme le turbot et la morue.
Les animaux de tous âges peuvent être touchés, mais la maladie est plus fréquente et plus grave chez les juvéniles.
L’infection naturelle est transmise horizontalement par l’eau ou par contact direct avec les sécrétions (urine) des poissons infectés. Le virus libéré peut parcourir 10 à 20 km au fil du courant avant d’atteindre des populations de truites arc-en-ciel sensibles. Les oiseaux piscivores peuvent agir comme vecteurs passifs.
La forme aiguë de la maladie se produit pendant les premiers stades de l’infection pendant lesquels les poissons malades montrent des signes cliniques clairs : augmentation rapide de la mortalité (peut atteindre jusqu’à 100%), léthargie, perte d’équilibre fréquente avec parfois nage en spirale, hémorragies à la base des nageoires, mélanose, branchies anémiées, ascite et abdomen dilaté, pétéchies internes et externes.

Prévention :
L’approvisionnement en eau doit être indemne de virus. Le statut sanitaire des poissons doit être maîtrisé notamment lors de leur introduction à la fois dans la pisciculture ou dans le bassin versant de la pisciculture. Les fermes aquacoles ou des zones aquacoles peuvent obtenir le statut « indemne de la maladie » après la mise en œuvre d’un programme de qualification et sous réserve du respect des mesures strictes et spécifiques de la qualification.

Réglementation liée aux maladies des animaux aquatiques

La réglementation de la santé des animaux aquatiques s’applique aux poissons, aux crustacés et aux mollusques d’élevage, aux espèces aquatiques sauvages et aux animaux aquatiques d’ornement, qu’ils soient d’eau douce ou d’eau de mer.

L’objectif essentiel des mesures réglementaires prises est de garantir le statut sanitaire des eaux du territoire communautaire.

Les principales mesures portent sur :

- l’agrément zoosanitaire des exploitations aquacoles qui mettent sur le marché des animaux d’aquaculture vivants comprenant : l’enregistrement des hausses de mortalités inexpliquées, l’analyse des risques dans les fermes aquacoles, l’application des bonnes pratiques sanitaires en aquaculture et la mise en oeuvre d’un plan de surveillance zoosanitaire

- les exigences sanitaires applicables aux échanges d’animaux aquatiques vivants entre zones et compartiments (établissements aquacoles) du territoire national ou avec d’autres Etats membres de la communauté européenne et aux introductions en provenance de pays tiers.

- les conditions d’obtention de la qualification « indemne » d’une ou plusieurs des maladies endémiques (non exotiques) listées dans la directive 2006/88/CE pour une zone ou un compartiment aquacole.

- Les mesures de police sanitaire applicables en cas d’apparition de maladies des animaux aquatiques.

Les maladies endémiques (non exotiques) visées par la réglementation :

- pour les poissons : l’anémie infectieuse du saumon (AIS), la septicémie hémorragique virale (SHV), la nécrose hématopoïétique infectieuse (NHI), l’herpèsvirose de la carpe (HVC)

- pour les crustacés : la maladie des points blancs (MPB)

- pour les mollusques :infection due à Bonamia ostreae, infection à Marteilia refringens

Les maladies exotiques :

Les maladies suivantes ne sont pas présentes sur le territoire communautaire, par conséquent le territoire est considéré indemne de ces maladies :

- pour les poissons : la nécrose hématopoïétique épizootique (NHE), le syndrome ulcéreux épizootique (SUE).

- pour les crustacés : le syndrome de Taura, la maladie de la tête jaune.

- pour les mollusques : l’infection à Bonamia exitiosa, l’infection à Perkinsus marinus et l’infection à Microcytos mackini.

En cas d’apparition, ces maladies feront l’objet de mesures de police sanitaire prévues par l’arrêté du 4 novembre 2008 relatif aux conditions de police sanitaire applicables aux animaux et aux produits d’aquaculture, et à la prévention de certaines maladies chez les animaux aquatiques et aux mesures de lutte contre ces maladies.

Règles applicables aux échanges

Pour pouvoir être introduits dans des zones ou fermes aquacoles reconnues officiellement indemnes, ou mettant en œuvre des programmes de qualification ou d’éradication au regard d’une ou plusieurs des maladies endémiques réglementées du territoire français ou d’un Etat membre, les animaux d’aquaculture doivent provenir eux même d’une zone ou d’un compartiment aquacole indemne de la ou des maladies en question. Les conditions sanitaires relatives aux échanges entre Etats membres et les modèles de certificats sanitaires à utiliser sont réglementés par le règlement 2008/1251/CE du 12 décembre 2008 modifié . Chaque expédition d’animaux aquatiques vers un autre Etat membre doit faire l’objet d’une notification par le système TRACES .

La France est reconnue indemne d’anémie infectieuse du saumon (AIS) : Décision 2009/177/CE du 31/10/2008 modifiée.

Des qualifications « indemne » au regard des maladies endémiques telles que la septicémie hémorragique virale (SHV) et la nécrose hématopoïétique infectieuse (NHI) ont été attribuées après la mise en oeuvre de programmes de qualification à des zones et des compartiments aquacoles sur le territoire français. Afin de faciliter les échanges entre zones et compartiments aquacoles qualifiés indemnes , des listes sont établies dans chaque Etat membre.