Le (Bio)cycle de l'antigaspi
16/10/2017
Nous jetons chaque année 10 millions de tonnes d'aliments, dont 1,2 million sont encore consommables. Pour lutter contre ce gaspillage alimentaire, Biocycle est devenu, en trois ans, un relais de proximité entre les commerçants et les associations caritatives, grâce à une flotte de triporteurs qui redistribue près de 25 tonnes de denrées par an à Paris.

Collecter, pédaler, redistribuer

Enfourchant leur triporteur à assistance électrique, les bénévoles de l'association Biocycle collectent les invendus auprès des commerçants donateurs pour les redistribuer, le jour même, aux associations de l'aide alimentaire. « Le vélo était pour nous un choix évident car il nous permet de nous déplacer très facilement dans Paris. C'est pratique quand on transporte des produits frais », explique Mathieu Roger, responsable des partenariats de Biocycle, vantant les vertus écologiques du vélo. « Nous réfléchissons à des modèles à énergie solaire », poursuit-il sur les développements à venir de l'association. Doté d'une remorque isotherme posée sur ses deux roues arrière, chaque triporteur peut transporter jusqu'à 250 kg de fruits, légumes et produits laitiers.

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© Milli Golivet - Biocycle
Installé dans la fabrique des Grands Voisins (14e arrondissement de Paris), Biocycle s'est déployé dans tout le sud parisien. « Nous travaillons aujourd'hui avec différents commerçants donateurs comme Biocoop, Bio C bon, Auchan, Carrefour ainsi que certains marchés parisiens », détaille Mathieu Roger.

Tout commence à partir du box logistique de Biocycle. « Les cyclo-livreurs partent à destination de 3 ou 4 commerçants pour collecter leurs invendus. Ils signent un bon de sortie qui atteste de leur don et du transfert de responsabilités. Dans certains cas, cela peut leur permettre de défiscaliser les produits qu'ils donnent à hauteur de leur valeur d'achat. Ensuite, nous livrons les denrées à l'association partenaire qui signe un bon de réception et redistribue les aliments à ses bénéficiaires, le jour même. Tout cela se déroule en circuit court. Il n'y a aucun point de stockage. On part de notre hub et on revient à notre hub à vide », explique Mathieu Roger.

Les dons alimentaires sont principalement composés de fruits, de légumes, de produits laitiers et de pain pour respecter une alimentation équilibrée. « Nous travaillons notamment avec des associations du type Restos du cœur mais aussi avec l'AGORAé, qui est une épicerie solidaire étudiante et les centres d'hébergement comme Aurore ou l'Armée du salut », énumère Mathieu Roger.

Une mission de sensibilisation

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© Milli Golivet - Biocycle
Soutenu par des subventions publiques et privées ainsi que par la vente de prestations de sensibilisation au gaspillage alimentaire dans les entreprises, Biocycle est signataire du Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire. L'association compte 6 permanents : 2 salariés et 4 services civiques. « L'objectif est de monter, d'ici la fin de l'année, une équipe de 8 à 10 permanents ».

À l'occasion de la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, Biocycle est présent à la terrasse des Canaux au bord du Canal de l'Ourcq. « Nous allons transformer des fruits moches en délicieux jus frais grâce à nos vélos-mixeurs », sourit Milli Golivet, community manager. « Ce sont de vieux vélos qu'on a récupéré avant qu'ils aillent à la casse et sur lesquels on a installé des modules de mixage. Quand on pédale, on entraine la lame du mixeur », ajoute Mathieu Roger. « C'est un outil festif et ludique qui permet d'aborder le thème du gaspillage alimentaire tout simplement ». Lors de cette journée de sensibilisation, Biocycle propose, en collaboration avec le chef François Pasteau, un atelier culinaire à partir des ses invendus.