L’agriculture : une partie de la solution au réchauffement climatique
Trop souvent, l’agriculture est vue uniquement comme une activité émettrice de gaz à effet de serre. Mais est aussi l'un des principaux leviers à actionner pour lutter contre le réchauffement climatique en constituant un amortisseur efficace de la dérive climatique planétaire. Explications.

Positiver le lien entre agriculture et climat

Il est avéré que l’accélération de l’évolution climatique est due aux émissions de gaz à effet de serre, ou GES générées par les activités humaines.

Les principaux secteurs responsables de cette accélération sont l’énergie, l’industrie et les transports. Les émissions dues à l’agriculture et à la déforestation se sont stabilisées, mais sont responsables de 24% des émissions mondiales de GES, soit 11% pour l’agriculture (avec principalement la fertilisation azotée (N20), l’élevage et les rizières (CH4), 10% pour le changement d’usage des terres, et principalement la déforestation (CO2), 3% pour d’autres causes, feux de tourbières et de forêts...(CO2).

Cependant le « secteur des terres » peut jouer un rôle majeur et pourrait contribuer de 20 à 60% au potentiel d’atténuation des émissions de GES d’ici 2030. Comment ?

Grâce au rôle méconnu de l’agriculture et de la forêt en tant que pompe à carbone, permettant de stocker le carbone et de compenser les émissions des autres secteurs, par la production de matériaux et d’énergie renouvelables et par une évolution des modes de production (agro-écologie notamment). 

L’agriculture est par ailleurs un des secteurs les plus vulnérables au changement climatique, qui impacte directement les récoltes et la productivité (hausse des températures, précipitations, événements extrêmes...). C’est pourquoi, il est essentiel pour le secteur agricole de trouver des solutions pour contenir le dérèglement climatique et s’y adapter.

 

<img alt="Agriculture et climat - Ludovic Larbodière" src="http://webtv.agriculture.gouv.fr/ressources/media/photo-4930-agriculture-et-climat-ludovic-larbodiere.html" /><h2><iframe allowfullscreen="true" class="player" frameborder="0" height="324" mozallowfullscreen="true" scrolling="no" src="http://webtv.agriculture.gouv.fr/index.php/player-html5-b6d830dbe3d8b8eb8b77092f5b50f94d.html" webkitallowfullscreen="true" width="576">Agriculture et climat - Ludovic Larbodière</iframe></h2> <p>L&amp;#39;agriculture est impactée par le changement climatique. Elle est aussi responsable de 20 % environ des émissions de gaz à effet de serre. Elle assure également un rôle de stockage de carbone dans les sols et de production de matériaux et d&amp;#39;énergie renouvelables. Ludovic Larbodière est chargé de mission au bureau du changement climatique et de la biodiversité (DGPE) et participe aux négociations européennes et internationales dans le cadre de la préparation de la conférence de Paris COP 21. Il nous éclaire sur ces enjeux et sur la manière dont l&amp;#39;agriculture peut contribuer pour faire face au changement climatique.</p>

 

Quelques illustrations:

Le projet agro-écologique et l’initiative 4 pour 1000 afin de répondre aux enjeux du changement climatique

L’agro-écologie constitue une réponse pour faire en sorte que l’agriculture puisse lutter efficacement contre le réchauffement climatique. En effet, celle-ci permet d’engager une réflexion globale et systémique permettant, à terme, de réduire les émissions de gaz à effet de serre grâce aux recours préférentiels à l’azote organique et au développement des légumineuses, à la technique de méthanisation des effluents d’élevage ou au développement de l’agroforesterie. Les arbres et les haies participent à la durabilité de l’agriculture en assurant protection et enrichissement en carbone des sols, en réduisant le risque de stress hydrique, en offrant un abri naturel aux animaux d’élevage, en abritant les auxiliaires des cultures et en favorisant la biodiversité.

L’initiative 4 pour 1000 permet également de s’adapter aux changements climatiques grâce notamment à des sols mieux adaptés aux différents stress et aux calamités. L’initiative a également pour but de stocker le carbone dans les sols afin de stopper l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère. Le tout en répondant à l’enjeu de durabilité.

En savoir plus sur :

L’agriculture, un réel défi pour le changement climatique

Au niveau international, l’équation est complexe. L’enjeu est de produire plus en raison de l’augmentation de la population mondiale, mais aussi de préserver la sécurité alimentaire, tout en s’adaptant et en contrant les émissions de gaz à effet de serre.

L’agriculture est une solution face au défi climatique. Certes, l’agriculture est un secteur particulier en raison de son potentiel d’atténuation limité mais l’ensemble des pays doivent s’engager dans une transition vers des systèmes agricoles résilients et bas carbone. Grâce à des initiatives comme l’agro-écologie ou le 4 pour 1000, cette transition est possible.