L'agriculture biologique à l'assemblée générale du CGAAER du 7 septembre

L’assemblée générale du CGAAER, réunie le 7 septembre, était consacrée au développement de l’agriculture biologique en France.

Une première séquence a d’abord réuni les acteurs publics français du bio.

Florent Gulh, directeur de l’Agence Bio a présenté les chiffres clés du secteur : 7,3 % des exploitations, 11 % de l’emploi agricole, 1,5 millions d’hectares cultivés en bio dont un tiers en phase de conversion. La croissance du bio constatée ces dernières années découle autant des politiques publiques d'incitation que des effets du marché désormais structuré par la demande des consommateurs.

Nicolas Petit, membre du CGAAER, a présenté le rapport relatif au programme Ambition bio 2017 dont l’objectif était de doubler les surfaces, développer la consommation et structurer les filières. Si le bilan du programme est globalement positif, il révèle cependant deux faiblesses : l’insuffisance de la mise en œuvre des dispositifs d’aide à la production et la non atteinte de 20 % de produits Bio dans la restauration collective.

Valérie Pieprzownick, cheffe du bureau de la qualité de la DGPE, a rappelé que le programme avait été bâti avec les professionnels et les régions qui avaient réalisé un diagnostic très détaillé. Elle a recensé les efforts accomplis et signalé l’effet démultiplicateur des crédits d’État sur les investissements privés pour accompagner le changement d’échelle, développer les productions françaises et le tissu industriel des TPE et PME qui n’est pas encore arrivé à maturité.

Un autre membre du CGAAER, Christophe Gibon, a présenté la revue de l'Agence Bio à l'occasion du renouvellement de son contrat d'objectifs et de performances (COP). Le COP 2014-2017 compte 73 indicateurs de performance, un nombre estimé trop important pour le pilotage de l’organisme. L’intervenant a formulé les questions stratégiques qui se posent sur le statut de l’agence, son périmètre, sa gouvernance et sa localisation. S’agissant des missions de l'agence, divers points ont été abordés : l’évolution du système d’informations, la communication, la structuration des filières, le Fonds Avenir Bio, et l’animation du réseau régional.

Marie Guittard, directrice de l’INAO, a présenté le rôle qu’exerce depuis 2006 l’institut en matière d’agriculture biologique notamment dans l’interprétation de la réglementation communautaire, le comblement éventuel de ses lacunes et l’organisation d’un système de contrôle délégué à des organismes conventionnés et visant au respect du cahier des charges. Elle a signalé que l’agriculture biologique ne participait pas au financement du budget de l’INAO.

La seconde séquence de l'assemblée générale était consacrée au témoignage de trois acteurs de terrain face aux enjeux du changement d’échelle de l’agriculture biologique en France.
Sandrine Clément, directrice de l’agriculture et de la forêt du Conseil régional du Centre Val de Loire, a rappelé que la région connait un retard de développement du bio par rapport à la moyenne nationale : 2,4 % des surfaces y sont consacrées. Les priorités de la collectivité sont : développer les surfaces, les filières et la consommation, amplifier le rythme de conversion et développer la restauration AB. Les programmes mis en oeuvre par la région sont co-construits avec la DRAAF. Des politiques spécifiques sont mises en œuvre concernant l’accompagnement et l’aide à la certification, l’aide au maintien et à la conversion.

Selon Céline Détang-Dessendre, adjointe au directeur scientifique agriculture de l’INRA, la croissance du secteur bio répond à une demande en augmentation motivée par des questions de santé, d’enjeu environnemental et de bien-être animal. L’agriculture biologique requiert une pratique plus complexe (innovation, formation, conseil) et est plus intensive en travail humain. L’intervenante a souligné les dépendances de l’agriculture biologique à l'égard de l’agriculture conventionnelle (cohabitation de cultures, fixation des prix, coordination des méthodes de protection des végétaux…) et la place de l’élevage dans les systèmes. L'intervenante a conclu sur l’émergence d’une segmentation de l’agriculture biologique.

Christophe Baron est président de BIOLAIT SAS, un groupement de producteurs créé en 1994, qui emploie 70 salariés, regroupe 1 200 fermes et collecte 150 millions de litres de lait. Si seulement 3 % de la production française est bio, la croissance des conversions est importante. La collecte laitière de BIOLAIT a doublé en 5 ans. Elle représente une part significative des 600 millions de litres produits en France par 2 400 producteurs. Le groupement doit faire face à de nouveaux défis avec le changement d’échelle notamment en matière de traçabilité et de contrôle.