La Martinique, terre d'agriculture
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

Le voyageur qui atterrit à l'Aéroport International Aimé Césaire sera frappé d'emblée par la diversité de paysages de l'île, malgré sa modeste superficie de 110 km2. Il pourra profiter de la douceur des plages du sud puis, d'un coup d'aile de colibri, contempler la beauté menaçante de la Montagne Pelée dont l'éruption de 1902 reste gravée dans toutes les mémoires. Car la Martinique est aussi terre de mémoire et de culture : d'Édouard Glissant à Malavoi, en passant par la tradition du bélé, la Martinique ravit l’œil autant que l'esprit.

Mais la Martinique est aussi et surtout une terre d'agriculture. Là aussi, la diversité se veut synonyme d'excellence : environnementale, avec le Plan Banane Durable 2 qui s'applique aux quelques 6 000 hectares cultivés qui trouvent naturellement leur place à l'exportation, mais aussi économique, avec 4 000 hectares de canne à sucre destinés principalement à la production de rhum agricole AOC.

Les filières animales ne sont pas en reste, avec la production de races locales ovines et bovines (le bœuf Brahmane). L'élevage hors-sol, notamment de volailles, se targue de proposer une production permettant d'assurer tous les besoins en frais de l'île, ce malgré les difficultés liées à l'insularité et à la nécessité de faire appel aux importations,

Les agrumes y sont évidemment présents, notamment le citron pour le traditionnel ti-punch, ainsi que le maraîchage,  le voyageur goûtera avec délice les légumes peyi qui accompagnent les plats issus de la gastronomie locale. De ce pays de mémoire renaissent également les cultures historiques que constituent le café et le cacao. La pharmacopée traditionnelle issue de la richesse des espèces endémiques offre un débouché à la culture et la transformation de plantes aromatiques et médicinales.

Les industries de transformation proposent au niveau local comme à l'exportation des jus de fruits - notamment de goyave - dont la qualité fera sans doute naître en vous l'envie d'être ce prochain voyageur qui atterrira à l’Aéroport International Aimé Césaire.

Un produit, un lycée agricole, une forêt, un événement, une initiative...

Retrouvez ci-dessous les spécificités de la région avec, au choix :

En Martinique, producteurs et transformateurs de goyave voient la vie en rose

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DAAF / Martinique
L'entreprise centenaire Denel, ainsi nommée depuis les années 2000, transforme en jus, confitures et purées de fruits de nombreuses espèces tropicales dont la goyave récoltée par un nombre grandissant d'arboriculteurs regroupés au sein de la coopérative « Vergers et Jardins Tropicaux » (VJT). Les sept agriculteurs du départ, qui produisaient au milieu des années 90 environ 50 tonnes de ce délicieux fruit à la chair rosée, sont aujourd’hui quarante à en livrer plus de 1000 tonnes à l'usine qui s'approvisionne désormais uniquement en goyave 100% locale.

Soucieuse de préserver l'environnement, cette industrie agroalimentaire transforme en compost tous ses déchets de fruits (pelures, graines et bagasses). Elle est équipée d'une station d'épuration dont les rejets sont utilisés pour irriguer plusieurs plantations certifiées en Haute Valeur Environnementale ou exploitées en agriculture biologique. Trois cent tonnes de fruits certifiés BIO sont attendues en 2018 pour fabriquer le jus de goyave BIO lancé en 2016. Denel et la coopérative VJT entretiennent ainsi en outre-mer un partenariat aussi remarquable que durable !

Lycée professionnel agricole du Robert : l'esprit d'entreprise agroalimentaire

Le LPA du Robert est le plus grand des deux que compte la Martinique, avec 250 apprenants de la 3e au BTS. Sa filière phare est l'agroalimentaire. Un temps fort de la dynamique de projets dans cet établissement est la participation de ses étudiants au concours Entreprendre Pour Apprendre (concours régional, national et européen) dans le cadre du Module d'Initiative Locale « création et communication autour d'un produit innovant issu du terroir », étude d'un produit innovant depuis la production jusqu'à la commercialisation. En 2016, la mini entreprise « Configel » a reçu le 2e prix EPA Martinique en présentant de la confiture à base d’arômes locaux. En 2017, 1er prix régional avec la mini-entreprise « Pim’fruit» et sa purée de piments végétariens aux fruits. Cette victoire leur a permis de découvrir le concours national à Paris.

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DAAF Martinique

En 2018, fort de son expérience, l’établissement a de nouveau remporté le 1er prix régional avec « Sweet potatoes » et sa fabrication de pâtes alimentaires et de crème à base de patates douces. Il a été classé 3e sur 80 participants au championnat national pour le prix RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale).

À Sainte-Luce, la forêt de Montravail ouverte à l'art sculptural

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DAAF / Martinique
Référencée sur nombre de sites touristiques, la forêt départementalo-domaniale de Montravail se situe à 4 km du bourg de Sainte-Luce. Cette forêt de 75 hectares est la seule forêt publique du Sud de Martinique présentant des essences de forêt tropicale humide sous couvert de mahogany. Ce peuplement forestier atypique pour cette partie de la Martinique, fait de la forêt de Montravail l’un des sites boisés préférés des Martiniquais.

L’Office National des Forêts (ONF), gestionnaire de cet espace, fait donc en sorte de privilégier la vocation sociale du massif forestier et porte un soin particulier à ses aires d’accueil. Celles-ci ont d’ailleurs fait l’objet de mesures de réhabilitation et d’amélioration récentes, financées par des aides européennes dans le cadre du Plan de Développement Rural Martiniquais (PDRM). Le fromager géant est roi au bord des sentiers balisés. On y découvre aussi des roches gravées caraïbes datant de l'époque précolombienne.

La manifestation « Forest Art », premier parcours artistique et support pour le développement de la première application mobile en forêt publique martiniquaise, concourt également à améliorer l’attractivité de ce massif déjà fort prisé.

Un GIEE pour sécuriser les viandes de ruminants

Le GIEE « Sécurisation des viandes martiniquaises » est le 5e Groupement d’Intérêt Économique et Environnemental de la Martinique. Il regroupe 24 éleveurs-membres situés sur l’ensemble du territoire. Ces femmes et ces hommes, confrontés à la problématique de la pollution à la chlordécone, font partie de ceux qui ont entièrement revu leurs pratiques d’élevage.

Cela leur permet de décontaminer leurs animaux tout en valorisant au mieux le potentiel de leur exploitation. Ainsi, l’utilisation d’eau de pluie, la valorisation des ressources fourragères locales, la mise en place de rotations plus rapides des animaux sur les parcelles sont quelques unes des pratiques d’élevage qu’ils ont, désormais, adoptées. Ils ont aussi modifié la parcellisation de leurs exploitations afin d’utiliser les zones non polluées pour la décontamination et la finition de leurs animaux.

Ils sont accompagnés dans leur démarche par le Groupement de Défense Sanitaire de la Martinique (GDSM) : l’organisme à vocation sanitaire animal qui leur apporte un appui technique et logistique dans le diagnostic, la mise en place et le suivi de leurs mesures de décontamination.

La Martinique en chiffres

  • Superficie de l'île : 110 km2 ;
  • 51 000 hectares d'espaces naturels ;
  • 2 900 agricultrices et agriculteurs ;
  • SAU (surface agricole utile) totale de 22 000 hectares dont : 6 000 de banane, 4 000 de canne, 7 000 de prairies et 3 000 de maraîchage ;
  • 1 200 apprenants dans l'enseignement agricole.

Retrouvez le site de la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de Martinique