Forêt - Bois

La surface des forêts françaises a doublé depuis 1850 et couvre aujourd’hui environ 15 millions d’hectares, soit plus du quart de notre territoire. De nos jours, la forêt s’accroît d’environ 40 000 ha par an.

La forêt française est la première forêt feuillue d’Europe. Elle est essentiellement privée (74 %), avec 3,8 millions de propriétaires, dont 200 000 possédant plus de 10 ha (représentant 68 % des surfaces). Les forêts publiques, de l’Etat (10 %) ou des collectivités territoriales (16 %), sont gérées par l’Office national des forêts, établissement public à caractère industriel et commercial, conformément au régime forestier. Toutes les forêts publiques et les forêts privées au-dessus de 10 à 25 ha selon les régions doivent présenter un document de gestion approuvé par l’Etat.
La plus grande partie de la forêt française a pour vocation de produire du bois d’oeuvre de qualité, dans le cadre d’une gestion durable, c’est-à-dire soucieuse de la conservation de la diversité biologique et du maintien des potentialités des sols, en évitant toute évolution irréversible. La filière forêt-bois regroupe plus de 450 000 personnes, aux métiers très différents, mais complémentaires.

Les grands axes de la politique forestière

La politique forestière repose sur quatre axes prioritaires :

  • valoriser la forêt, source de croissance et d’emplois,
  • conforter la gestion durable des forêts,
  • développer la valorisation de la biomasse forestière,
  • enfin se mobiliser dans les démarches internationales et communautaires concernant la forêt.

Plan national d’action pour l’avenir des industries de transformation du bois

Stéphane LE FOLL, ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt et Arnaud MONTEBOURG, ministre du Redressement Productif ont présenté le 18/10/2013 les mesures en faveur des industries du bois (Communiqué de presse du 18/10/2013)

La forêt française : panorama

Le milieu forestier s’avère être un habitat indispensable à la diversité de la flore et de la faune, ainsi qu’à la préservation des équilibres naturels. Si elles ne disposaient pas du refuge des sous-bois, un grand nombre d’espèces vulnérables, animales ou végétales, n’existeraient plus aujourd’hui.

Mais la forêt, c’est aussi un puissant régulateur naturel qui protège les sols contre l’érosion, empêche la formation d’avalanches ou de glissements de terrain, constitue des réserves stables d’eau en retenant et filtrant les eaux de pluies. Elle limite les risques d’inondation en retenant une grande partie des eaux d’orage.

La forêt française s’accroît chaque année, tant en surface plantée qu’en volume d’arbres sur pied. C’est le résultat d’une gestion saine et durable . Entretien, coupes et reboisements assurent le renouvellement régulier et l’extension du domaine forestier. Ils maintiennent également sa diversité biologique et sa vitalité.

Les dernières statistiques relatives à la forêt (superficie, essences, accroissement biologique) sont collectées et traitées par Institut national de l’information géographique et forestière (Service de l’inventaire forestier, placé sous la double tutelle des ministères en charge de l’agriculture et du développement durable). Le service statistique du ministère assure la collecte et le traitement des données relatives aux volumes de bois récoltés.

Découpage de la forêt métropolitaine : les SylvoÉcoRégions

En 2006, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche a confié à l’IFN (Institut forestier national) la mission de définir un nouveau cadre forestier pour servir notamment de :

 

  • référence nationale aux documents cadres de la gestion forestière durable ;
  • cadre bioclimatique et écologique permettant de suivre avec plus d’efficacité l’impact du changement climatique comme de délimiter des territoires optimisés (zones maximales de validité) en vue de la réalisation des guides pour le choix des essences ;*- support à la publication des résultats de l’IGN.

Une pré-étude menée en 2006 à partir des régions pilotes Champagne-Ardenne et Rhône-Alpes a permis de valider une méthode d’élaboration à l’échelle régionale qui a ensuite été adaptée pour être appliquée sur l’ensemble de la France métropolitaine.

Une SylvoÉcoRégion (SER) se définit comme «  la plus vaste zone géographique à l’intérieur de laquelle les facteurs déterminant la production forestière ou la répartition des habitats forestiers varient de façon homogène entre des valeurs précises, selon une combinaison originale, c’est-à-dire différente de celles des SER adjacentes.  »

Le découpage du territoire métropolitain en sylvoécorégions est achevé depuis juin 2009 à l’échelle du 1/ 1 000 000 et est en cours de finalisation à l’échelle du 1/25 000.

91 SER, dont 5 SER azonales correspondant aux vallées alluviales des grands fleuves français, ont dès à présent été définies. Les SER sont issues dans la majorité des cas de la fusion de plusieurs des 309 régions forestières actuelles, mais ces dernières ont parfois été fractionnées.

Voir aussi

La forêt sur le territoire

La forêt de production représente plus de 90%de la forêt dans la majorité des régions françaises. Seules la Corse, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes ont plus de 10%de forêt non destinées à la production de bois.
A noter que la forêt de production comprend près de 200 000 ha de peupleraies.
Par ailleurs, elle comprend également la forêt « fermée », où les arbres couvrent au minimum 40%de la surface au sol, qui représente près de 92%de l’ensemble de la forêt. Les 8%restants constitués de forêt « ouverte », arborée à moins de 40% , sont situés principalement en Corse, Provence-Alpes-Côte d’Azur, et Languedoc Roussillon.

On trouve en France trois grands types de forêts :

Les forêts tempérées :
Les forêts tempérées sont très marquées par l’activité humaine (Il n’existe plus de forêts vierges),
Elles sont composées :

  •  majoritairement de feuillus dans les plaines océaniques, à l’exception du massif de pin maritime des landes de Gascogne,
  •  de mélanges feuillus résineux en plaine continentale en basse montagne,
  •  de résineux en montagne ;

Les forêts subtempérées ou méditerranéennes :
Ces forêts sont composées de mélanges résineux-feuillus à feuilles persistantes,avec des formations basses : maquis ou garrigues ;

Les forêts tropicales
On les trouve dans les départements d’outremer dont la Guyane composées de feuillus en de très nombreuses espèces (plus de 1000 en Guyane, contre une centaine en métropole).

Loisirs en forêt

La forêt est un lieu privilégié de loisirs, de détente, de tourisme et de découverte de la faune, de la flore et des paysages. Les forêts publiques sont particulièrement équipées pour cet accueil du public. C’est une des missions confiées par l’Etat à l’Office National des Forêts (ONF)
Équiper et entretenir, sensibiliser à la nécessaire protection des espaces naturels, c’est aussi le travail des forestiers. Mieux connaître la forêt permet de mieux la protéger.

Pour en savoir plus

Les forêts des départements d'Outre-Mer

Les forêts de Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte et Réunion représentent plus de 8 millions d’hectares, soit plus d’un tiers de la forêt française. Des mangroves des littoraux antillais aux immenses forêts denses de Guyane en passant par les forêts de la montagne réunionnaise, les forêts tropicales françaises sont très diverses et offrent une biodiversité exceptionnelle.

La France est l’un des seuls pays développés à détenir des forêts tropicales. Les forestiers et les scientifiques y mènent de nombreuses actions de recherche et d’expérimentation. La recherche forestière en Outre Mer est assurée par le CNRS, l’INRA, le CIRAD, l’IRD, l’ONF et l’ONCFS.

Actualités

 

La forêt de Guyane

 


La forêt guyanaise couvre près de 8,3 millions d’hectares, soit plus de la moitié de la surface forestière métropolitaine. Elle appartient au grand massif amazonien. Elle est entièrement de domaine public et gérée dans un but prioritaire de protection.
Les forêts de Guyane comptent 7 à 10 000 espèces végétales (dont plus de 1 300 espèces ligneuses parmi lesquelles 300 de grands arbres), 1 200 espèces de vertébrés dont 685 espèces d’oiseaux, 400 000 espèces d’insectes, soit entre 10 et 20%du nombre d’espèces d’insectes inventoriées dans le monde.
La production de bois se concentre sur une bande côtière de 2,4 millions d’hectares à vocation forestière permanente. La filière bois en Guyane emploie environ 500 personnes pour une production annuelle de65 000 M3 ( 0,2%de la production française ) dont 90%sont commercialisés sur le marché local.

Le Parc Amazonien de Guyane, créé en 2007, est la plus grande aire protégée de l’Union Européenne située en milieu tropical. Couvrant près de 3,4 millions d’hectares de forêt primaire ou faiblement anthropisée, ce parc national est un outil majeur de protection d’un écosystème très menacé à l’échelle mondiale.
Cette zone est soumise à une réglementation adaptée pour les communautés d’habitants qui tirent traditionnellement leurs moyens de subsistance de la forêt.

La forêt en Guadeloupe et en Martinique

La forêt couvre 64 000 hectares en Guadeloupe et 49 000 hectares en Martinique, soit respectivement 39%et 46%de la superficie totale de ces îles. 53%de la forêt est publique en Guadeloupe et 33%en Martinique. L’office national de la forêt (ONF) assure une gestion centrée sur la protection des milieux, le reboisementet l’accueil du public. La production de bois reste faible (300 M3 par an en Guadeloupe, 5 500 en Martinique), mais constitue une activité économique importante. La filière bois emploie 1700 personnes en Martinique.
Les forêts de Guadeloupe et Martinique abritent plusieurs dizaines d’espèces endémiques et font partie d’un des 34 « points chauds » [1] de la biodiversité mondiale (Caraïbes). Près de 20%de la surface de la Guadeloupe (notamment un parc national dont le cœur couvre 22 000 hectares) et 10%de la surface de la Martinique sont des espaces protégés. De plus l’archipel de la Guadeloupe est classé Réserve de la biosphère par l’UNESCO.

La forêt de la Réunion

La forêt de la Réunion s’étend sur 88 000 hectares, soit 35%de la superficie de l’île. L’ONF est chargé de la gestion de la forêt publique, qui représente 76%des surfaces totales en forêt de la Réunion.
La production de bois d’œuvre s’établit à 9 000 M3 par an pour 1785 emplois dans la filière bois. Seuls 3%des forêts gérées par l’ONF sont exploitées.
La Réunion fait partie du « point chaud » de Madagascar et les Iles de l’Océan Indien. La biodiversité y est en effet remarquable et nombre d’espèces réunionnaises sont endémiques. Les différents espaces forestiers protégés couvrent plus de 40%de la surface de l’île, notamment grâce au parc national de la Réunion, créé en 2007, dont le cœur occupe 106 000 hectares et inclut deux pics volcaniques. Les « Pitons, cirques et remparts de l’ile de la Réunion », correspondant au cœur de ce parc national, ont été ajoutés par l’UNESCO à la liste du Patrimoine Mondial en 2010.

La forêt de Mayotte


La forêt de Mayotte couvre 14 000 hectares, dont 65%sont publiques. La gestion de la forêt publique de Mayotte est assurée par le Service des ressources forestières du Conseil Général de Mayotte.
La filière bois est très peu développée, seuls 120M3 de bois sont exploités en bois d’œuvre chaque année.
Les forêts naturelles de Mayotte recèlent plus de 200 espèces d’arbres dont certaines sont endémiques.Six réserves forestières permettent de protéger près de 5500 hectares de forêt publique, ce qui correspond à 40%de la surface forestière totale.Mayotte fait partie, avec la Réunion, du « point chaud »(1) de Madagascar et les Iles de l’Océan Indien.


[1] Les « points chauds » sont des zones prioritaires pour la conservation de la biodiversité mondiale. Au nombre de 34, ils sont définis par l’Union Mondiale pour la Nature (UICN).

Les forêts en Europe

La grande masse forestière se situe bien évidemment en Russie du fait de l’étendue de ce pays mais le nord de l’Europe se caractérise par d’importants boisements qui font de la Suède et de la Finlande les deux pays les plus boisés d’Europe. Selon qu’on parle de surfaces forestières ou de forêts de production, viennent ensuite l’Espagne et la France.

Caractéristiques de la forêt d’Europe, notamment de l’Union européenne

- une surface en légère extension par boisement de terres agricoles abandonnées (800 000 ha/an en moyenne),
- une forêt très anthropisée [1] (surtout dans l’UE) souffrant de pollutions de l’air mais encore très « naturelles » par leur composition (4%de plantations),
- un équilibre entre forêts publiques et forêts de particuliers,
- une gestion planifiée et contrôlée par l’Etat à travers divers documents de gestion durable,
- une récolte abondante de bois en augmentation régulière, mais qui préserve l’avenir puisqu’elle ne correspond qu’à 62 %de l’accroissement annuel,
- une partie significative croissante des forêts (10 %en UE et 4 %pour toute l’Europe) est classée sous un statut de protection pour la conservation de la biodiversité,
- la multifonctionnalité des forêts, ce qui signifie que pour toutes les forêts, on cherche à concilier la production de bois, la préservation de la biodiversité et la protection des sols et paysages.

Les défis à relever pour la foresterie européenne sont le maintien de l’équilibre financier de la gestion forestière via un niveau de récolte supportable et préservant la biodiversité, le financement des aménités apportées à la société et l’adaptation au changement climatique. La situation globalement bonne est cependant à nuancer selon la zone géographique d’Europe :

-  Russie  : la forêt russe a un potentiel économique etécologique considérable à la dimension mondiale de sa surface mais les problèmes de surveillance sont très prégnants

-  Nord de l’Europe  : la forêt prédominante dans le territoire est majoritairement privée, bien organisée et orientée vers la production de bois avec des engagements forts à respecter les objectifs de maintien de la biodiversité

-  Centre-ouest de l’Europe  : les questions forestières ne sont pas centrales pour l’économie et la société de ces pays bien que les populations réagissent fortement aux menaces sur les forêts

-  Centre-est de l’Europe  : les processus de transition à partir des économie planifiées ont été les défis à relever par les institutions qui ont conservé leurs bases dans la majorité des cas,

-  Sud-ouest de l’Europe  : quelques forêts gérées intensivement mais la plupart souffrent des conséquences de la dépopulation des campagnes (feu, absence de gestion, ..)

-  Sud-est de l’Europe   : des situations très diverses avec des risques de dégradation des forêts mais des niveaux d’information inégaux.

Les initiatives en cours telles que la préparation d’un accord juridiquement contraignant pour la politique forestière au niveau des 46 pays de l’Europe dans le cadre de « Forest Europe » et d’une stratégie forestière de l’Union européenne doivent conduire à s’accorder sur des standards commun de gouvernance forestière et limiter les écarts de gestion, pour une meilleure valorisation des forêts de notre continent.

Pour en savoir plus 


[1] transformée par l’action de l’homme

Forêt de protection : un statut

 

A ce jour, 150.410 ha sont concernés par ce statut soit 1%de la surface forestière métropolitaine. Ce statut a été créé en 1922 pour lutter contre l’érosion des sols en montagne, et la défense contre les risques naturels (avalanches, glissements de terrain...)ainsi que contre l’envahissement des eaux et des sables en zone côtière. Il a été élargi en 1976, par la loi sur la protection de la nature, aux forêts dont le maintien s’impose soit pour des raisons écologiques, soit pour le bien-être de la population pour les forêts péri?urbaines.

Procédure de classement

Le classement fait l’objet d’une procédure centralisée au ministère en charge des forêts et il est prononcé par décret en Conseil d’Etat.
Il crée une servitude nationale d’urbanisme et soumet la forêt à un régime forestier spécial qui entraîne une restriction de la jouissance du droit de propriété : tout défrichement est notamment interdit ainsi que toute implantation d’infrastructure. Une gestion forestière est possible tenant compte des enjeux à protéger.
Le régime forestier spécial permet également de contrôler la circulation du public et des véhicules motorisés. Le code forestier prévoit une possibilité d’indemnisation des propriétaires qui constateraient une diminution de leur revenu due au classement.

Le classement en forêt de protection, outil juridique le plus contraignant pour la protection des forêts, est réservé aux massifs présentant de forts enjeux en matière environnementale et sociale, notamment en zone périurbaine. Cet outil de protection contribue à la stratégie de création des aires protégées mise en place par le Grenelle de l’environnement.

Pour en savoir plus

 

Les paysages forestiers français

La forêt française en 5 paysages

Forêts de plaines

Les forêts de plaines sont marquées par la présence de l’Homme, qui y a depuis toujours pratiqué une sylviculture liée à ses besoins : fourniture en bois de chauffage, en bois de construction ou de marine et en merrains (bois dont on fait les tonneaux).

Elles sont très différentes les unes des autres, mais ont une chose en commun : elles sont en perpétuelle évolution.

Lorsqu’on entre dans ces forêts, on découvre différentes variétés de feuillus comme les chênes (chêne pédonculé, chêne sessile ou chêne pubescent), le hêtre et quelques essences précieuses comme l’alisier, mais aussi des résineux comme les pins (pin sylvestre, pin noir d’Autriche), le douglas et l’épicéa.

Si les feuillus sont naturellement majoritaires (ils couvrent 80 %de la surface boisée de plaine dont la moitié en chênes), les résineux sont aussi appréciés car certains peuvent se développer sur les sols les plus pauvres.

Les forêts de plaine, qui couvrent 60 %de la surface forestière française, peuvent produire du bois de grande qualité. C’est notamment le cas des bois " tranchés " ou " déroulés " pour l’ameublement, ou encore " fendus " pour la tonnellerie. Ces forêts sont très riches en ambiances, qui changent au rythme des saisons selon la densité et la hauteur des arbres. Elles abritent de nombreux animaux, des plus petits, les insectes, aux grands mammifères comme le cerf en passant par les oiseaux dont le chant anime les paysages forestiers. Elles sont secrètes car on les découvre au fur et à mesure que l’on s’avance, riches sur un plan écologique et accueillantes en toute saison.

Forêts de montagne

A partir de la seconde moitié du 19ème siècle, certains massifs montagneux français ont été plantés de résineux pour réduire le ruissellement, les crues torrentielles, l’instabilité des pentes, les avalanches et pour produire du bois.

Aussi, et bien que les forêts de montagne présentent une certaine diversité d’essences, a-t-on souvent l’impression qu’elles sont toutes peuplées de conifères.

Autre point commun des montagnes : leur végétation varie selon l’altitude et l’exposition . On trouve le plus souvent un premier étage de peuplements denses et obscurs composés de sapins, épicéas, hêtres ; c’est " l’étage montagnard ". Puis des peuplements plus clairs de pins à crochets ou de mélèzes, qui constituent " l’étage subalpin ". Et enfin des alpages enherbés coiffés de rochers affleurants : c’est " l’étage alpin ".

Mais en fait ces forêts sont aussi variées qu’il existe de massifs et d’expositions : les Vosges, le Jura, les Alpes, le Massif Central et les Pyrénées ont tous une flore, une faune, des reliefs et des ambiances forestières bien caractéristiques.

Outre leur fonction de protection contre l’érosion et les avalanches, les forêts de montagne sont productives : 37 %des forêts françaises de production se trouvent en montagne. Les activités forestières sont donc très importantes dans l’économie montagnarde.

Enfin les montagnes accueillent de nombreux touristes qui, du fait du relief, découvrent la forêt " de loin " avant de la pénétrer. Et lorsqu’on gravit les montagnes et que l’on traverse les forêts, la transparence de la végétation et la présence de différents repères comme les sommets, les rochers ou les villages offrent un sentiment de liberté et l’impression que l’on ne peut pas se perdre.

Forêts méditerranéennes

La forêt méditerranéenne s’étend sur tout le pourtour méditerranéen et l’arrière-pays. La plupart des terres qu’elle occupe étaient autrefois pâturées ou cultivées comme en témoignent en sous-bois les vestiges de " restanques " (paysages en terrasses) qu’un observateur attentif peut découvrir. Cette forêt est issue de l’abandon de ces activités par l’Homme.

Elle est parfois marquée par l’incendie, dont témoignent de nombreux chantiers de reboisement. Le paysage forestier est marqué également par le débroussaillement proche de l’habitat et des voies d’accès.

Du littoral aux montagnes méditerranéennes, la forêt est liée au minéral, aux reliefs escarpés, à la chaleur. D’où le développement spécifique d’une forêt sèche, claire, essentiellement composée, sur les sols calcaires (région de Montpellier par exemple) du pin d’Alep et du chêne vert, alors que sur les sols siliceux des Maures ou de l’Esterel ce sont le pin maritime et le chêne liège qui dominent.

A certains endroits, là où les sols sont trop érodés ou appauvris, d’autres formations végétales se sont développées : la garrigue sur les sols calcaires, avec son cortège de chênes kermès, genévriers cades et romarins ; le maquis sur les sols siliceux avec la bruyère arborescente, les genêts et les cistes.

Soumise à un climat sec et à une forte pression de l’Homme, le forêt méditerranéenne est une forêt particulièrement fragile, soumise de surcroît à des risques d’incendie

Forêts des Landes de Gascogne

C’est à la fin du 18ème siècle que l’on commence à planter des pins maritimes en Aquitaine pour fixer la dune, assainir les zones insalubres et pratiquer le gemmage. L’activité forestière se substitue à l’élevage des moutons, principale économie jusqu’alors.

Aujourd’hui, cette forêt couvre plus d’un million d’hectares, et constitue l’image de marque de la région. Située entre la vallée de la Garonne, la Gironde, la vallée de l’Adour et l’océan, la forêt du massif des landes de Gascogne est le premier fournisseur français des industries de pâte à papier, panneaux, parquets et lambris.

Composée de 90 %de pins maritimes et de 10 %de chênes (chênes verts essentiellement), la forêt abrite par endroits un sous- étage de fougères et de bruyères.
Les incendies qui ont longtemps sévi sont maintenant bien maîtrisés grâce à la prévention et à la rapidité des interventions (surveillance, infrastructures routières).

Enfin la forêt est un cadre de vie : écrin pour les villages, elle est aussi traversée par les touristes estivants qui rejoignent l’océan.

Cette forêt artificielle a donc différentes fonctions : ressource économique, protection de la dune, patrimoine paysager, cadre intimiste pour ses habitants et lieu de passage ou de promenade pour les touristes.

Forêts tropicales

La France possède 8,3 millions d’hectares de forêts tropicales dans les 4 départements d’outre-mer, dont 98 %dans la seule Guyane.

A la Martinique, à la Guadeloupe et à la Réunion, la priorité des gestionnaires est la protection des sols et la conservation des milieux naturels. Les forêts sont fréquentées par un public de plus en plus nombreux du fait de l’accès plus facile à ces régions depuis quelques années. La production y est modeste, avec par exemple quelques petites exploitations de mahogany aux Antilles.

En Guyane, la forêt est dense, humide et offre une exceptionnelle diversité biologique. L’inventaire du patrimoine végétal n’y est d’ailleurs pas achevé et l’on compte déjà plus de 1300 espèces ligneuses, dont plus de 300 grands arbres, parmi lesquels l’angélique, le gonfolo et le grignon. La faune y comprend notamment 685 espèces d’oiseaux et 400 000 espèces d’insectes (soit 10 à 20 %du nombre inventorié dans le monde).

Les forêts tropicales françaises sont remarquables par leur luxuriance et leur diversité. La France s’est engagée dans leur protection active et aux nombreux sites écologiques protégés s’ajoutent trois parc nationaux : le parc amazonien de Guyane, le parc national de la Guadeloupe et le parc national de la Réunion.

Pour en savoir plus