Emmanuel Macron : « La France doit être le leader des grandes transformations agricoles »
Soazig de la Moissonnière / Présidence de la République
Le président de la République a tenu un discours devant 700 élus bretons et invités, ce jeudi 21 juin, à Quimper (Finistère). Plusieurs thèmes ont été abordés, parmi lesquels la filière pêche et le Brexit, la Politique agricole commune (PAC), la sortie du glyphosate, le Grand plan d'investissement agricole. Extraits.

La pêche et le Brexit

« Je n’ignore rien des inquiétudes qui naissent avec les perspectives du Brexit », a déclaré le président de la République. « La position de la France sera claire en la matière : préserver nos équilibres et les accès aux zones de pêche aujourd'hui garantis. »

Il a également ajouté : « Nous continuerons à nous battre sur les sujets d’actualités pour nos pêcheurs :

  • les accompagner pour le renouvellement de la flotte ;
  • investir dans la formation, simplifier les mesures d'accueil des stagiaires et des apprentis ;
  • anticiper la prochaine Politique commune de la pêche et simplifier l'accès au fond européen (FEAMP). »

Avant de conclure sur ce sujet : « Nous serons donc aux rendez-vous des investissements nécessaires pour préparer la pêche de demain et permettre, en particulier aux plus jeunes, de faire les investissements indispensables pour pouvoir poursuivre l'activité. »

Une PAC ambitieuse qui protège

« Nous devons avoir une Politique agricole commune qui garde la même ambition sur le plan des investissements et des engagements budgétaires, mais qui accompagne la transformation des filières vers des perspectives d'avenir que nous sommes en train de construire », a expliqué le président de la République. « Et avec une PAC à venir qui doit permettre :

  • de protéger les agriculteurs face aux risques climatiques et de marché ;
  • de soutenir les transformations des filières ;
  • d'accompagner la transition environnementale. »

Emmanuel Macron a également réaffirmé que la proposition budgétaire de la Commission européenne n'était pas acceptable. « C'est inacceptable parce que c'est, en quelque sorte, vouloir dire, à tous les paysans d'Europe : "le coût du Brexit sera payé uniquement par vous". »

« Je serai le défenseur d'une PAC où nous aurons clarifié notre organisation entre ce qui relève de l’État et des régions », a poursuivi le chef de l'État. « Et je suis prêt à ce que le gouvernement confie aux régions les aides aux investissements pour la prochaine PAC. Ce sera plus clair et plus efficace. »

La sortie du glyphosate d'ici 3 ans

Emmanuel Macron a réaffirmé la détermination de la France à sortir du glyphosate d'ici 3 ans : « C’est parce que la France était là que nous avons limité à 5 ans la prolongation européenne. Sur ce sujet, il faut que nous arrivions à former, à éduquer, à essaimer les bonnes pratiques. Et nous allons ensemble construire un chemin de responsabilité dans les 3 ans à venir ».

Un Grand plan d'investissement agricole

« Au total, c'est plus de 4 milliards d’euros qui seront mis sur ce Grand plan d'investissement agricole », a déclaré le président de la République, « qui viendront accompagner les transformations portées par la loi qui sera promulguée à la fin de l'été ».

Emmanuel Macron a rappelé les enjeux portés par le projet de loi Agriculture et Alimentation : « Nos agriculteurs veulent pouvoir vivre dignement du prix payé. C'est au cœur des États généraux de l'alimentation et de la loi qui en ce moment même fait son chemin parlementaire et qui permettra de changer en profondeur la structure de notre agriculture et de la transformation ».

Le chef de l'État a également annoncé qu'il réunira en juillet à l'Élysée l'ensemble des filières pour « acter de leurs engagements, des évolutions qu'elles doivent porter ».

« Nous devons repenser en profondeur notre façon de produire pour retrouver pleinement cette souveraineté alimentaire en France et en Europe », a-t-il ajouté. « La France doit être le leader de ces grandes transformations », a conclu le président de la République.

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