Développer : la méthanisation, production d’énergie et de fertilisants
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©Xavier Remongin/Min.agri.fr.

La méthanisation est un processus de dégradation de la matière organique en absence d’oxygène. Il en résulte du biogaz et un résidu, le digestat. Le premier peut être transformé en électricité et en chaleur (la cogénération) ou en biométhane (injecté dans les réseaux de gaz naturel, ou directement utilisable comme carburant par exemple). Le second a des propriétés fertilisantes. Les minéraux qu’il contient sont directement assimilables par les plantes, ce qui le distingue des effluents bruts (comme le fumier) et ses fractions organiques ont un effet amendant sur les sols.

Réduction des émissions de gaz à effet de serre des effluents agricoles, gestion des déchets, production continue d’une énergie stockable aux formes multiples et de matières fertilisantes renouvelables, génération de valeur ajoutée supplémentaire pour les producteurs de biodéchets… les projets se montent pour un ou plusieurs de ces avantages en fonction des besoins des territoires.

Geotexia (22) rassemble des agriculteurs, des industries agroalimentaires, des élus et un industriel de l’énergie. Cet équipement collectif permet de transformer l’azote excédentaire pour son utilisation en dehors du territoire tout en produisant de l’électricité et de la chaleur. Les rejets d’eau irriguent des plantations pour une plateforme boisénergie locale.

AgriBioMéthane (85) est portée par quatre élevages. Les lisiers et fumiers de ces exploitations ainsi que des sousproduits et déchets de l’agroalimentaire y sont digérés. Le biogaz ainsi produit est épuré en biométhane, de composition équivalente au gaz naturel, qui est injecté dans le réseau de GrDF et utilisé en expérimentation comme carburant pour les véhicules de ramassage scolaire.

Sur Biovalsan, ce sont les boues issues du traitement des eaux usées urbaines de Strasbourg qui sont méthanisées pour produire du biométhane injecté dans le réseau Gaz de Strasbourg.

Trifyl (81) est un syndicat mixte départemental. Les déchets résiduels des ménages non valorisés sont orientés vers un bioréacteur (sorte de centre d’enfouissement où la dégradation des déchets est accélérée). Le biogaz qui y est produit est valorisé de trois façons différentes : la cogénération, le biométhane-carburant et l’hydrogène. Ainsi 13 véhicules de service, un tracteur et un polybenne roulent au biométhane-carburant. Trifyl s’est également engagé dans un projet qui consiste à expérimenter la transformation du biogaz en hydrogène.

Les projets de méthanisation sont donc très divers, par les matières premières utilisés, les acteurs impliqués et les modes de valorisation du biogaz.

La France s’est fixée des objectifs ambitieux de développement de la filière biogaz. À ce titre, les installations sont soutenues de plusieurs façons :

  • des subventions peuvent être proposées pour les études de faisabilité et l’investissement, notamment via l’Ademe et les régions ;
  • un tarif d’achat réglementé pour l’électricité produite à partir de biogaz et le biométhane permet de compenser les différences de coût de production par rapport aux énergies traditionnelles ;
  • des fonds européens peuvent être alloués aux projets innovants.

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