Biodiversité : cap sur la COP13
05/12/2016
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© Pascal Xicluna / Min.Agri.Fr
La treizième réunion de la Conférence des Parties (COP13) se tient cette année du 4 au 17 décembre à Cancùn, au Mexique. Elle a été précédée les 2 et 3 décembre d’un segment ministériel dit de « haut niveau », réunissant chefs d’État, de gouvernement et ministres.

Après le franc succès de la COP22 sur le climat, c'est donc au tour de la biodiversité d'être à l'honneur avec la COP13 sur la Convention sur la biodiversité biologique. Car la menace sur la biodiversité est réelle : l'artificialisation croissante des sols, la fragmentation des habitats, la surexploitation des ressources naturelles renouvelables, les pollutions, l'introduction d’espèces exotiques envahissantes et le changement climatique ont contribué à la fragiliser… appelant les pays à apporter rapidement une réponse ambitieuse au niveau international.

Agir pour la biodiversité : la Convention sur la diversité biologique

C'est donc en ce mois de décembre que 196 États se retrouveront autour de la Convention sur la diversité biologique (CDB), signée en 1992 lors du Sommet de la Terre à Rio. Depuis cette date, les signataires se sont réunis douze fois afin de mener à bien les objectifs fixés par cet accord, à savoir :

  • la conservation de la biodiversité,
  • l'utilisation durable de la biodiversité,
  • le partage juste et équitable des avantages découlant de l'utilisation des ressources génétiques.

La Convention sur la diversité biologique s’intéresse donc à l'ensemble de la biodiversité : la diversité des écosystèmes, la diversité des espèces vivantes et la diversité génétique à l’intérieur de chaque espèce. Elle couvre ainsi toute la diversité biologique présente ou jouant un rôle important dans les systèmes de production agricole, alimentaire et forestier en particulier. En effet, l’agriculture et la forêt utilisent et entretiennent des paysages, des milieux, des races et des variétés qui sont le fruit d’une longue histoire de domestication de la nature, d’aménagement et d’utilisation du territoire.

Les travaux de cette convention sont également complémentaires à ceux menés par l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), et en particulier de sa Commission sur les ressources génétiques pour l’agriculture et l’alimentation. Cette commission prépare actuellement un rapport sur l’état de la biodiversité pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde, dont une première version est prévue pour le début de l'année 2017.

Les défis de la délégation française : promouvoir l’expérience française

De nombreux sujets à l’ordre du jour de la COP intéressent donc l’agriculture et la forêt. La présidence mexicaine a d'ailleurs choisi pour cette COP l'intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles comme sujet du segment ministériel de haut niveau, avec un focus sur l’agriculture, la forêt, la pêche et le tourisme.

Et en la matière, la France a des arguments. La délégation française part en effet pour le Mexique avec un message positif, à savoir qu'il existe des modèles de productions agricoles et forestières durables à même de répondre aux enjeux actuels, autant économiques, sociaux qu'environnementaux. Ces modèles ont été portés par le ministère en charge de l'Agriculture ces dernières années. La COP13 est ainsi l'opportunité de mettre en valeur les politiques agricoles et forestières permettant une conservation et une utilisation durable de la biodiversité.

Pour l’agriculture, il s’agit plus précisément du projet agro-écologique et de ses différents plans comme le plan de développement durable de l'apiculture, le plan agroforesterie, le plan Écophyto, ou encore l’initiative 4 pour 1000 sur les sols. Dans le domaine forestier, le plan national forêt-bois bientôt finalisé est également exemplaire sur ce sujet.

Rendez-vous donc à partir du 3 décembre pour suivre les avancées de cette COP et la position française lors des négociations !

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