Vrac, l'association qui facilite l'accès au bio
Crédit ci-après
© DR

Rendre accessible aux populations les plus précaires des produits sains et de qualité, une jolie utopie ? C'est pourtant le défi relevé depuis 3 ans par l'association Vrac (Vers un réseau d'achat en commun) dans une douzaine de quartiers populaires de la métropole lyonnaise. Un modèle d'économie solidaire qui commence à faire son chemin dans d'autres agglomérations...

Une fois par mois, dans le quartier du Grand-Vire à Vaulx-en-Velin, en banlieue lyonnaise, c'est l'effervescence. L'espace d'une journée, le centre social se transforme en une épicerie éphémère où des dizaines de personnes de tout âge et de toute origine se retrouvent pour récupérer leurs produits commandés 15 jours plus tôt. Réception des marchandises, reconditionnement du vrac... chacun participe à la distribution, qui est un vrai moment de convivialité. Ici, tous les produits sont biologiques, locaux ou équitables… et proposés à des tarifs très attractifs. La recette : l'achat en grande quantité, la priorité aux circuits courts, la limitation des emballages et la vente à prix coûtant.

À ce jour, l'association propose une cinquantaine de références : des produits alimentaires en vrac, des produits frais, des produits d'épicerie (miel, jus de fruits, compotes, cafés, thés…), mais aussi des produits d'entretien, d'hygiène et de soin du corps. « Nous ne réalisons aucune marge sur les ventes, précise Boris Tavernier, directeur de Vrac, grâce à des partenaires qui jouent le jeu… et qui y trouvent aussi leur intérêt ». Pour Guillaume Ponceau, apiculteur, c'est par exemple la garantie de vendre 2 tonnes de miel par an. Même chose pour Sébastien Bedel, producteur de fromages de chèvre en conversion bio, qui a accepté de réduire sa marge par conviction : les adhérents raffolent de son fromage et les commandes dépassent les 1 300 unités par mois, loin des 80 espérées.

« L'envie de consommer mieux est bien là »

Créée fin 2013 à l'initiative du bailleur social Est Métropole Habitat et de la Fondation Abbé-Pierre, Vrac repose sur une dynamique collective qui fédère de multiples acteurs : associatifs, citoyens, institutionnels. Ouverte à tous sans condition de ressource ni de lieu d'habitation, elle compte aujourd'hui plus de 1 200 adhérents sur l'agglomération lyonnaise – dont la moitié de familles. Mais les débuts ont été timides. « Il a fallu faire preuve de pédagogie, organiser des dégustations, pour que les habitants acceptent l'idée que ce type de produit était aussi pour eux », explique Boris. « L'envie de consommer mieux était là, mais entre des moyens financiers limités et une offre commerciale réduite, les habitants n'avaient pas vraiment le choix. Maintenant, ils l'ont ! »

Devancée par son succès, Vrac a déjà développé son projet dans 4 quartiers de l'Eurométropole strasbourgeoise et démarrera bientôt à Bordeaux. La création d'une centrale d'achat bio est également en réflexion, structure qui permettrait de traiter davantage de volume et, donc, d'obtenir des prix encore plus intéressants.

  • Crédit ci-après
    © DR
  • Crédit ci-après
    © DR
  • Crédit ci-après
    © DR
  • Crédit ci-après
    © DR
  • Crédit ci-après
    © DR
  • Crédit ci-après
    © DR
  • Crédit ci-après
    © DR
  • Crédit ci-après
    © DR