Un modèle d’élevage de cochons qui réduit l'usage de ses antibiotiques
©Pascal Xicluna/Min.Agri.Fr
Le Gaec de Forges à Pontorson dans la Manche fait partie des élevages de cochons engagés vers plus de biosécurité. Il a aussi depuis plusieurs années amélioré l’alimentation et modernisé son bâti : un mieux-être pour les animaux et pour l’éleveur qui utilise moitié moins de traitements antibiotiques.

A Pontorson dans la Manche, dans l’élevage de porcs d’Aubert Lechat et de son frère, tout est carré. Pour nourrir et soigner leurs 300 truies, 950 porcelets et 1 900 porcs charcutiers, la circulation des hommes, des bêtes et du matériel entre les différentes salles et bâtiments est fléchée et pensée au quart d’heure près. Les travailleurs en contact avec les cochons circulent d’une salle à l’autre, en passant des plus jeunes au plus résistants, pour éviter de transmettre des maladies aux plus jeunes. Par des systèmes de sas et de salles à deux portes, les chauffeurs des camions de l’abattoir n’entrent jamais au cœur de l’élevage pour le protéger au mieux de toute contamination extérieure « Aubert Lechat a une maîtrise parfaite de la biosécurité de son élevage », observe son vétérinaire référent, Catherine Cavarait. Et ça paye ! « Ses animaux sont peu malades, il médique et vaccine peu ».

Mieux nourri, mieux logé, moins d’antibio

En 2014, à la suite d’une baisse de fertilité de ses truies et d’un épisode de diarrhée des porcelets sevrés, Aubert Lechat repense la gestion de son élevage. « J’ai investi dans mon bâti, dans une alimentation plus adaptée… Deux ans après, la santé et la fertilité de mon élevage se sont améliorées. J’ai réduit de moitié mon utilisation d’antibiotiques ! »

Réduire ses antibiotiques c’est une histoire et du temps, raconte l’éleveur qui a pour cela réaménagé les salles qui accueillent les porcelets : rénovation des sols avec du pvc, matière à l’entretien plus facile. Par ailleurs, il dispose d’une petite salle, une nounou, réservée aux porcelets les plus petits, pour les bichonner. « Les cochons conservent leur retard de croissance mais ne tombent pas malades… »

D’une alimentation produite à la ferme, le Gaec de Forges passe, pour les truies en maternité, à une alimentation du commerce plus équilibrée et homogène. L’alimentation a un réel impact : en cinq à six mois, les résultats sont visibles sur la fécondité des truies, leur mise-bas et la santé de leur portée. Il est accompagné dans ses progrès par sa vétérinaire et son technicien de coopérative qui passent, au moins, quatre fois par an suivre l’élevage et ses résultats.

Avis du vétérinaire, Catherine Cavarait

« Le processus de démédication d’un élevage n’est pas anodin. Lorsque l’on décide l’arrêt de l’antibiothérapie chez les jeunes porcelets d’à peine un mois de 7-8 kilos, c’est très angoissant pour l’éleveur. Il perd alors une grosse protection ! Il faut être très vigilant sur la situation sanitaire de l’ensemble de l’élevage. La maîtrise de la santé des porcs est la résultante d’un délicat équilibre entre l’alimentation, le bien-être et l’espace de vie des animaux… « Appuyé » par une maîtrise parfaite du microbisme et une observation pointue de l’élevage. Les antibiotiques c’est un peu le plâtre sur une jambe de bois : ils maquillent un mauvais chauffage, un bâti non-aéré, une alimentation déséquilibrée…  ».

 

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