#SIA2018 : les jurés du Concours général agricole, par amour du goût
© Xavier Remongin / Min.Agri.Fr

Chaque année, à l’occasion du Salon international de l’agriculture, le Concours général agricole récompense les meilleurs produits et vins de France. À l’intérieur du hall 7.2, ils sont des milliers de jurés à se relayer tout au long de la semaine pour goûter et noter les produits. Ce matin, le programme est dense : charcuterie, truite fumée, huile d’olive, piment d’Espelette et vins. Reportage.

« Qualité aromatique », « sensation de chaleur », « un peu trop poivré »… Laisser traîner ses oreilles lors d’une dégustation au Concours général agricole, c’est entrer dans un autre monde.

S’il s’agit bien d’un concours, ce sont les produits qui passent ici leur examen ! Chaque produit a droit à sa grille de notation spécifique avec des critères qui ne sont pas les mêmes, par exemple, pour du miel ou un alcool. Le protocole de dégustation, lui, est immuable : aspects extérieur, intérieur, olfactif et gustatif sont notés de manière individuelle par les jurés réunis par table de 6. Place ensuite à la note finale, discutées collégialement… et, pourquoi pas, l’attribution d’une médaille.

Professionnels de la filière, producteurs ou consommateurs avertis, on y croise tous les profils ! Des histoires et des parcours différents, mais un point commun : l’amour du goût et des bons produits. 

Léa, 24 ans, jurée de père en fille

Pour ainsi dire, Léa baigne dans l’huile d’olive depuis toute petite… Cela fait 15 ans qu’elle accompagne son père, producteur d’huile d’olive, au Concours général agricole. Dès qu’elle l’a pu, elle s’est inscrite aux formations pour participer, à son tour, aux dégustations en tant que jurée.

« Selon le produit, vous n’allez pas avoir les mêmes attentes. Pour une huile d’olive fruité vert, ce sont des caractéristiques comme l’ardence, l’amertume et le fruité. Sur un fruité mûr, on attend plutôt de la douceur en bouche », explique la jeune femme pour qui les arômes de l’huile d’olive n’ont plus aucun secret.

Léa apprécie ces moments d’échanges entre jurés, qu’ils soient de la profession ou pas. D’ailleurs, elle s’intéresse de près aux avis des particuliers… qui sont les futurs consommateurs du produit !

À l’issue de ses études, Léa reprendra l’exploitation familiale de 17 hectares à Lançon-Provence (Bouches-du-Rhône). Pour l’instant, elle réalise un master en Sciences et gestion de l’environnement afin de « s’orienter vers un mode de production plus raisonné ». Peut-être une future huile primée ?

Pierre, 22 ans, apprenti juré

En ce qui concerne Pierre, informaticien, c’est un ami qui lui a parlé du Concours général agricole. Inscrit tardivement, il n’a pas eu le temps de suivre de formation à la dégustation, ce qui ne l’empêche pas de se sentir très à l’aise dans l’exercice. Il faut dire qu’avec un père qui travaillait au Marché international de Rungis, Pierre a été très tôt à la bonne école du goût !

« C’est une expérience très intéressante. La dégustation, la réflexion, la discussion... On se rend compte que nous n’avons pas tous les mêmes avis, même si il y a une certaine tendance qui se dégage. Nous avons d’ailleurs décerné une médaille d’argent à un saucisson qui faisait bien terroir. »

Une chose est sûre : ce francilien amateur de bons produits sera là l’année prochaine !

Chantal, 48 ans, 16 ans de dégustation

Quant à Chantal, c’est une habituée de la dégustation… mais uniquement de son produit fétiche : le piment d’Espelette, piment cultivé au Pays Basque qui bénéficie d’une AOC depuis 2000 et d’une AOP depuis 2008. Elle-même productrice de piment d’Espelette depuis 16 ans, Chantal en connaît toutes les étapes du processus de fabrication. Passionnée par son métier, on pourrait rester à l’écouter pendant des heures...

« Tenez, sentez, celui-ci a des parfums de cacao ; et celui-là de café. Et cette belle mouture... cela pourrait être mon produit ! ». Couleur, mouture, puissance en bouche, piquant, intensité aromatique… La dégustation du piment d’Espelette nécessite tout un jargon particulier ainsi que la connaissance de certains usages. Ce petit bol de riz posé sur la table, par exemple, à quoi sert-il ? « Il permet d'atténuer le piquant du piment entre deux dégustations », répond-elle du tac au tac.

Et si Chantal ne participe pas tous les ans au Concours général agricole, elle fait partie des producteurs à tester les lots de poudre de piment, pour l’Institut national de l’origine et de la qualité (INOA), en vue de leur commercialisation sous l’AOP. Mais ça, c’est une autre histoire...

Le Concours général agricole en images

  • © Xavier Remongin / Min.Agri.Fr
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