Rungis, un modèle unique qui s’exporte
30/11/2018
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr
Le marché international de Rungis, ce n’est pas juste un marché de gros. C’est un savoir-faire en termes de valorisation de la gastronomie française, mais également en termes d’économie, de logistique et de construction. Alors pourquoi ne pas en faire profiter les villes en dehors de l’Hexagone ? C’est le défi que s’est lancé Stéphane Layani, PDG de la Semmaris, société qui exploite Rungis.

Stéphane Layani le clame haut et fort : « Le marché de Rungis est un véritable trésor national ». Son objectif, depuis qu’il a pris la tête du plus grand marché au monde en 2012, est de le développer, toujours plus. Pour cela, il a une vision : « Il faut s’adapter à la demande des consommateurs, les écouter, analyser leurs demandes ». Le besoin de proximité et de manger local est exprimé ? Le « Carreau des producteurs », celui des producteurs franciliens, a été rénové. Le bio est incontournable ? Un pavillon dédié a été inauguré début 2016.

Pour Stéphane Layani, investir est le seul facteur de croissance. La Semmaris ayant été reconduite par l’État pour gérer Rungis (marché d’intérêt national) jusqu’en 2050, la société a annoncé un plan décennal d’investissement de 1 milliard d’euros jusqu’en 2025. Cet argent va servir à développer le marché, avec notamment la création du futur pavillon dédié au porc (20 millions d’euros), mais également à le moderniser en termes de logistique et de stockage (développement du numérique avec Market place virtuel).

Cette volonté d’aller toujours de l’avant a mené Stéphane Layani à valoriser la « marque Rungis » à l’international et à exporter son savoir-faire.

Le savoir-faire français reconnu à l’étranger

« Notre expérience dans l’ingénierie de marché est tout à fait exceptionnelle et unique au monde. Nous savons où localiser un marché, comment le construire, avec quel financement... ». Ce savoir-faire, il l’exporte en accompagnant les villes qui souhaitent suivre ce modèle.

L’expansion internationale a commencé par Moscou puis Dubaï. La-bas deux nouveaux concepts de création de marchés de gros sous licence « Rungis » vont voir le jour.

Pour la Semmaris, il s'agit d'un contrat "d'assistance technique". Concrètement, la société n'investit aucun fonds mais apportera son expertise sur trois phases (faisabilité, construction et exploitation), tout en accordant aussi l'utilisation de la marque Rungis.

Stratégie payante !

A court terme, l’objectif de ce partenariat est de valoriser l’image et l’expertise du marché de Rungis à l’international. A plus long terme, les gains découlant de ce type de contrat d’accompagnement permettront à la Semmaris de poursuivre sa politique de développement et de modernisation du marché.

Cette stratégie pourrait s’avérer payante, car on ne s’improvise pas "marché de Rungis". Comme le dit Stéphane Layani, tout est dans le détail : « D’autres villes ont tenté de copier notre modèle sans nous solliciter, mais elles ont rencontré des difficultés. Shangaï par exemple, voulait créer un Rungis dans un périmètre très dense. Résultat, les tri-porteurs ne passaient pas entre les pavillons... ».

Rungis en 5 chiffres :

  • Un site de 234 hectares situé à 7 kilomètres au sud de Paris ;
  • 1200 entreprises implantées ;
  • 12 058 salariés ;
  • 2,82 millions de tonnes de produits alimentaires vendus chaque année ;
  • 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Pour en savoir plus, consultez le site Internet de Rungis