Roumanie

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Contexte agricole et relations internationales

Ce qu'il faut retenir

Le développement agricole et rural constitue un enjeu majeur pour cet ancien grenier de l’Europe, où l’agriculture reste un secteur peu performant, mais en développement.

Le déficit de la balance commerciale concernant les produits agroalimentaires tend à diminuer depuis 2007, en raison principalement de la croissance des exportations. La balance commerciale agricole et agroalimentaire roumaine a connu son 1er excédent depuis 20ans en 2013 à la faveur d’exportations record de céréales et oléo-protéagineux. Le pays est principalement déficitaire en produits transformés (sucre, produits de la boulangerie-pâtisserie, produits élaborés) et pour certains produits de base (comme la viande de porc, lait et produits laitiers, fruits et légumes et certaines céréales).

L’entrée dans l’Union européenne (UE) en 2007 et l’engagement de fonds communautaires dans le développement agricole et rural de la Roumanie permettent cependant des perspectives d’avenir encourageantes à condition que l’absorption des fonds, notamment ceux destinés au développement rural, s’améliore.

La coopération avec la France se développe en particulier dans le cadre du partenariat stratégique franco-roumain renouvelé en février 2013.

Les échanges de produits agroalimentaires sont toujours déséquilibrés en faveur de la France. Mais l’écart tend à se résorber progressivement.

Production agricole

L’agriculture roumaine est globalement peu performante. Le secteur agricole emploie près de 30% de la population active, mais ne contribue que pour 5 à 7% environ au produit intérieur brut (PIB) en fonction des années. En 2012, mauvaise année de récolte, le secteur a représenté 6% du PIB.

Le secteur agricole roumain est caractérisé par une agriculture marquée par une très forte polarité des exploitations agricoles. La surface moyenne des exploitations est de 3,5ha (la plus faible moyenne de l’UE). 30% de la surface agricole utile sont exploitées par des unités de moins de 5ha, 21% par des unités de 5 à 100ha et 49% par des unités de plus de 100ha. Environ 30 000 exploitations à caractère commercial (unités à personnalité juridique) constituent le noyau de compétitivité du secteur agricole roumain sur 3,9 millions d’exploitations agricoles recensées en 2010.

Les productions végétales représentent 60% de la valeur de la production agricole et occupaient en 2012 59% de la surface agricole utile (SAU). La production est peu diversifiée et dominée par les céréales (58% du volume de la production) et les oléo-protéagineux (10% du volume de la production). Les pommes de terre et fruits et légumes représentent 26% du volume de la production végétale. En 2012, année de récolte médiocre du fait de la sécheresse, la production de blé était de 5,3Mt et la production de maïs de 5,9Mt. Pour les protéagineux, la production de tournesol en 2012 s’est établie à 1,4Mt et celle de colza à seulement 0,2Mt. Les rendements moyens sont relativement faibles du fait de l’atomisation des terres, du faible niveau d’intrants et de l’insuffisance des surfaces irriguées.

Le secteur de l’élevage représente environ 30% de la valeur de la production agricole. La filière avicole (8millions de têtes) est de loin la plus intégrée et concentrée autour d’une dizaine d’unités industrielles contrôlant 70% de la production destinée à la fois au marché national et à l’exportation (pays tiers). Après avoir connu une baisse, les cheptels porcin (5,3M de têtes en 2012) et bovin (2M de têtes) se maintiennent depuis 2010. Le cheptel bovin est essentiellement tourné vers la production laitière, à l’instar du cheptel ovin et caprin en augmentation depuis 2010 (10M de têtes en 2012). Après avoir connu une forte baisse entre 2006 et 2010 (-19,5%), la production de lait (vache, bufflonne, chèvre et brebis) stagne à la baisse avec 48,3Mhl en 2012 et ce malgré l’introduction des aides couplées et des aides nationales complémentaires pour renforcer les effectifs de vaches laitières.

En 2012, le secteur viticole comptait 181 769 ha pour une production de 5,4Mhl. De nombreuses sociétés étrangères (britanniques, danoises, néerlandaises, italiennes, françaises) y développent de véritables stratégies de commercialisation, d’investissement et de renouvellement du vignoble grâce au programme national vitivinicole 2008-2013, renouvelé pour la période 2014-2018 (210,5 M€). Ces sociétés étrangères produisent des vins conçus pour répondre aux goûts des consommateurs étrangers (Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis, Chine, Japon).

L’agriculture biologique est en plein essor depuis 2005. En 2012, 288 260ha certifiés étaient cultivés en agriculture biologique (+25,4% par rapport à 2011). Le nombre d’opérateurs certifiés est également en augmentation constante depuis 2010 avec 15 544 opérateurs enregistrés en 2012 (+60% par rapport à 2011). Ce secteur est principalement tourné vers les productions végétales (céréales, plantes oléagineuses, fruits et légumes) et les exportations de matières premières (80% de la production) vers l’UE et les pays tiers (états-Unis, Japon). La mise en place d’aides au titre du 1er pilier de la PAC pour la conversion à partir de 2010 a favorisé le développement de ce secteur qui continuera à bénéficier de soutiens financiers dans le cadre du programme national de développement rural (PNDR) 2014-2020 (200 M€ de FEADER).

L’industrie agroalimentaire roumaine a contribué en 2011 (données 2012 non disponibles) à hauteur de 6,2% du produit intérieur brut (PIB) du pays. Le secteur (y compris les boissons) employait 186 000 salariés en 2011, soit 1,9% de la population active occupée. En 2011, le secteur de l’agroalimentaire représentait 4,1% du stock d’investissements directs étrangers, pour une valeur de 2,2Md€.

Politique agricole

Les soutiens financiers dont bénéficie la Roumanie depuis son adhésion à l’UE en 2007 sont essentiels au développement de son secteur agricole. Pour la nouvelle programmation 2014-2020, la Roumanie bénéficie d’un budget global PAC revalorisé à hauteur de 18,9Md€ (+39% par rapport à la période 2007-2013). L’enveloppe dédiée aux aides directes s’élève à 10,9 Md€ (+98% par rapport à 2007-2013), tandis que l’enveloppe attribuée pour le développement rural enregistre une légère baisse (- 11%) à 8,015 Md€ de financement FEADER auxquels s'ajoutent 1,2 Md€ de contribution nationale.

La Roumanie s’est montrée satisfaite de l’accord politique conclu en juillet 2013 sur la PAC post-2013. Le pays a obtenu la possibilité de conserver le schéma simplifié de paiement à la surface (SAPS) et fait par ailleurs partie des rares états membres dont le montant des aides directes va augmenter jusqu’en 2019 dans le cadre de la convergence externe. Enfin, en tant que nouvel état membre, la Roumanie est autorisée à maintenir des paiements nationaux de transition pour certains types de production (ex : aides directes nationales complémentaires).

En matière de développement rural, le nouveau programme de développement rural 2014-2020 s’inscrit très largement dans la continuité par rapport au précédent programme 2007-2013, donnant la priorité à la compétitivité économique des exploitations agricoles (modernisation des fermes, activités de transformation, installation), l’augmentation des niveaux de vie dans les zones rurales par la diversification des activités rurales (comme l’agrotourisme) et le développement économique durable des exploitations agricoles et forestières (incluant les paiements compensatoires pour les zones à contraintes naturelles et l’agriculture biologique).

Echanges commerciaux

La balance commerciale agricole et agroalimentaire de la Roumanie est déficitaire. Le déficit commercial pour ces produits a tendance à s’améliorer depuis quelques années (de 2,2Md€ en 2007 à 742M€ en 2012), mais fluctue encore fortement selon les années du fait de l’irrégularité de la production agricole. La Roumanie exporte en effet essentiellement des matières premières agricoles (céréales et oléo-protéagineux, huiles et graisses, tabac) et importe surtout des produits transformés (sucre, viande de porc, lait et produits laitiers, céréales, produits transformés et élaborés).

L’UE est son principal partenaire commercial, bien que les échanges avec les pays tiers tendent à augmenter (matières premières).

Les principaux clients de la Roumanie sont l’Italie (13 % des exportations), la Bulgarie (9 %), la Hongrie (9 %), l’Espagne (8 %) et l’Allemagne (6 %). La France se place en 9e position (3 %) derrière l’égypte (exportations de blé en hausse depuis 2011). Les principaux fournisseurs de la Roumanie sont la Hongrie (18 % des importations), l’Allemagne (13 %), la Bulgarie (9 %), la Pologne (7%) et les Pays-Bas (7%). La France se situe au 8e rang (4 %). Depuis l’entrée de la Roumanie dans l’UE au 1er janvier 2007, les produits roumains font face à une concurrence européenne importante.

Accords internationaux

La Roumanie est membre de l’Union européenne depuis le 1er janvier 2007. Elle est également membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) et des organisations normatives reconnues par l’accord SPS (accord sur les mesures sanitaires et phytosanitaires) de l’OMC : le Codex alimentarius, la Convention internationale pour la protection des végétaux et l’Organisation mondiale de la santé animale. La Roumanie est également membre fondateur de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). En revanche, la Roumanie ne fait toujours pas partie des pays membres de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE).

Relations bilatérales

Les relations bilatérales entre la France et la Roumanie sont intenses et fructueuses dans le domaine agricole, tant en termes d’échanges politiques que sur le plan de la coopération technique. Une rencontre bilatérale entre Stéphane Le Foll et son homologue, Daniel Constantin s’est tenue le 11 juillet 2013 à l’occasion de la visite du Premier ministre Jean-Marc Ayrault à Bucarest. Cette rencontre a permis de saluer l’accord politique sur la PAC post-2013 et de souligner l’importance de la coopération technique dans le domaine agricole, intégrée au partenariat stratégique bilatéral renouvelé à Paris en février 2013 entre les deux Premiers ministres.

Le partenariat stratégique prévoit que les deux pays coopèrent au niveau des agences de paiement, dans le domaine de la qualité alimentaire, du développement rural, de l'enseignement agricole et forestier et de la constitution des chambres d'agriculture. Elle prévoit également un transfert d'expertise dans le domaine des outils de gestion des risques, en particulier les fonds de mutualisation. Les deux ministres de l’agriculture ont par ailleurs convenu de coopérer également dans le domaine de l’agriculture biologique. Le partenariat stratégique met également en place un comité d'action franco-roumain au niveau du directeur général des politiques agricole, agroalimentaire et des territoires (DGPAAT) et de son homologue roumain, le secrétaire d'état chargé des relations internationales et de l’intégration européenne. Il a pour objet, dans un contexte informel, de débattre de tous les sujets d'actualité communautaire et bilatérale dans le domaine agricole, et d'approfondir les échanges interpersonnels afin de disposer d'une meilleure connaissance des réalités de l'agriculture du pays partenaire.

Une cinquantaine d’établissements agricoles français ont mené ou envisagent de mener des projets de coopération avec la Roumanie (voyages d’études, périodes de formation, stages d’apprentissages et de formateurs, échanges de pratiques entre professionnels, partenariats universitaires, etc.). à titre d’exemple, l'institut supérieur franco-roumain d'agroalimentaire et développement agricole (ISFRADA) forme des cadres roumains dans le secteur agroalimentaire et le développement agricole pour les entreprises roumaines et françaises implantées en Roumanie depuis 2001 en coopération entre l’institut supérieur de l’agriculture de Lille et l’université de sciences agronomiques et vétérinaires de Laşi. Deux autres projets structurants sont en cours : le développement en Roumanie de formations type brevet de technicien supérieur (BTS) en service en milieu rural et un projet du fonds social européen (FSE) sur la formation de salariés agricoles et agriculteurs roumains, impliquant une quinzaine de centres de formation professionnelle pour adultes (CFPPA) français.

Sources : Banque mondiale, PNUD, douanes françaises citées par Ubifrance 2012 et 2013 , douanes roumaines, MAAF, Ambassade de France en Roumanie, Eurostat.

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