Révision du système de paiement de la canne à sucre en Guadeloupe
04/09/2017
Thierry Berlizot
Le CGAAER a été chargé d'étudier le système de paiement de la canne à sucre en Guadeloupe, établi au sein de l'interprofession IGUACANNE

crédit ci-après
© Pascal Xicluna/Min.agri.fr

Rapport de mission de conseil n°16058 GCAAER

Avril 2017

Mots clés : Sucre, canne à sucre, interprofession, Guadeloupe

Enjeux

Le système de paiement de la canne à sucre en Guadeloupe, convenu au sein de l'interprofession, est stabilisé depuis 1983. Il fait aujourd'hui l'objet de nombreuses contestations fondées sur sa complexité, son manque de transparence et son caractère obsolète, alors même qu'il est à la base de la rémunération des quelques 5 000 producteurs de canne de Guadeloupe.

Face à cette situation potentiellement conflictuelle, l'interprofession IGUACANNE a sollicité de l’État la réalisation d'une étude lui permettant de jeter les bases techniques objectives et impartiales de négociations interprofessionnelles destinées, si cela s'avère nécessaire, à faire évoluer la formule actuelle.

Méthodologie

Fondée sur une connaissance approfondie du fonctionnement du marché du sucre sous quotas et de son évolution prévisible après la sortie des quotas, la mission a rencontré tous les acteurs de la filière sucre de Guadeloupe afin de connaître leurs insatisfactions par rapport à la formule actuelle quant à son évolution.

Elle a analysé en détail et, dans la mesure du possible, avec les acteurs concernés le fonctionnement de la formule actuelle ainsi que celui des formules en vigueur à La Réunion et dans l’État de São Paulo au Brésil. Elle a fait des propositions pour que la révision de la formule soit l'occasion de favoriser la création de valeur dans cette filière et sa juste répartition.

Résumé

Le rapport commence par expliciter en détail la formule de paiement de la canne à sucre utilisée en Guadeloupe depuis 1983.

Celle-ci part d’un prix de référence fixe de 32,34 €/tonne de canne pour une richesse en saccharose donnée (directement lié à l’ancien prix d’intervention sur le sucre dans l’Union européenne). La formule est modulée par la richesse en saccharose effective de la canne livrée.

Cette richesse dépend de nombreux facteurs et notamment du sucre cristallisable, de la teneur en matière sèche du jus, de la quantité de fibre de la canne, de la pureté du jus et du rendement de l’usine.

Le rapport présente ensuite les mécanismes en usage à La Réunion et au Brésil dans l’État de São Paulo.

Le premier mécanisme, déconnecté des marchés, poursuit en Guadeloupe les mêmes objectifs d’une incitation à qualité de la production en richesse et en pureté mais en utilisant une formule plus lisible.

Le second tient compte des prix de marché des produits issus de la canne (trois types de sucre et six types d’alcool), valorise la totalité des sucres qu’elle contient (saccharose mais aussi glucose…) et module le prix en fonction de la qualité de la canne par référence à la qualité moyenne de la quinzaine ce qui permet d’optimiser la récolte en tenant compte du mûrissement des cannes.

Enfin, le rapport montre en quoi la formule en vigueur en Guadeloupe n’est lus adaptée aux modalités actuelles de la culture de la canne et propose des pistes pour sa refonte fondées sur une nouvelle organisation de l’interprofession et une validation préalable des buts poursuivis pour la nouvelle formule.

Une telle démarche paraît opportune pour permettre à la filière canne-sucre-rhum de s’inscrire dans le contexte de l’après quotas sucriers européens et de s’engager dans des voies à même de consolider cette culture et les milliers d’emplois qu’elle nécessite.

Lien vers le rapport


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