Réflexion sur la création de chambres d'agriculture au Sénégal
04/09/2017
Guillaume Benoît
Le CGAAER a été chargé d'accompagner le gouvernement sénégalais dans une réflexion sur le développement agricole et rural du pays

légende et crédit ci-après
© au-senegal.com
Rapport de mission de conseil n°16101

Août 2017

Mots clés : Sénégal, chambre d’agriculture, développement agricole et rural, agriculture familiale, durabilité

Enjeux

Le progrès agricole est considéré au Sénégal comme une condition déterminante de l'émergence du pays. L’État envisage la création de chambres d’agriculture comme outils du développement agricole.

Méthodologie

La mission était composée de Guillaume Benoît (membre du CGAAER), ainsi que de Jean-Louis Cazaubon (président de la chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées), Julie Brayer-Mankor (conseillère agricole pour l’Afrique de l’Ouest) et Monique Tran (directrice d’ADECIA).

Elle a d'abord procédé à un état des lieux de la place de l'agriculture, de l'élevage, de la pêche et la foresterie au Sénégal, en examinant particulièrement les spécificités agro-écologiques et l’organisation territoriale du pays.

Elle a ensuite analysé les récentes évolutions de la législation, de la politique agricole et des institutions intéressant le développement agricole, avant d'apporter des éléments de réponse aux questions posées par les autorités sénégalaises.

Résumé

La mission a été favorablement impressionnée par l’émergence de leaders paysans et de collectifs agricoles de grande qualité, engagés dans un processus de professionnalisation et de développement économique.

Cette dynamique de professionnalisation, la stabilité démocratique du pays confortée par les alternances politiques de 2000 et de 2012, et la nouvelle priorité donnée à l’agriculture par le Plan Sénégal Emergent constituent des atouts pour la mise en place de chambres d’agriculture qui soient de vrais outils « pour et par les agriculteurs ».

Concernant l'ancrage territorial des chambres, leurs missions, leur organisation, leur fonctionnement, leur financement, leur système électoral et leur rapport avec l’État, la mission a fait des recommandations séquencées dans le temps afin de donner à ces structures la meilleure efficacité d’action possible tout en réduisant les risques de superposition institutionnelle et les coûts globaux pour le pays.

La mission a remarqué combien le développement de l’irrigation, la transformation agro-alimentaire et l’innovation agro-écologique (agroforesterie, aggradation des sols…) étaient à même de renforcer la productivité et la résilience de l’agriculture sénégalaise et de remobiliser les jeunes ruraux en leur donnant de nouvelles perspectives. Avec un meilleur accès à un crédit agricole adapté aux besoins d’investissements du secteur et un système de conseil plus performant, ces progrès pourraient se voir rapidement amplifiés.

Elle recommande enfin que les acteurs du développement agricole en France et de la coopération bilatérale apportent leur appui aux futurs présidents des chambres par des formations, des échanges et des partenariats d’action.

 

 

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