Questions - Réponses pour tout savoir sur la rage
Crédit ci-après
© Cheick Saidou / Min.Agri.Fr

La rage, encéphalomyélite mortelle affectant tous les mammifères et l'homme, est l'une des zoonoses majeures les plus graves et les plus craintes dans le monde. Les zoonoses sont des maladies et infections qui se transmettent des animaux vertébrés à l'homme et inversement.

Maladie infectieuse, virale et inoculable le plus souvent par morsure, commune à l’ensemble des mammifères, la rage est due à la multiplication dans l'organisme (et plus particulièrement dans le système nerveux), d'un virus appartenant à la famille des Rhabdoviridae et provoque inéluctablement la mort des animaux et des personnes après l'apparition des symptômes.

Pour plus d'informations, consulter le site de l'OIE

Quelles sont les principales espèces susceptibles de transmettre la maladie à l'homme ?

Le principal réservoir de la maladie dans le monde est le chien. Dans les pays d’Europe, le vecteur principal était le renard. Mais la rage du renard a été éradiquée en France en 2001. La chauve-souris peut également être à la source de contaminations dans différentes régions du monde.

Quelle est la répartition géographique de la rage ?

La rage animale est une maladie mondiale, présente sur tous les continents (excepté en Antarctique) et principalement localisée en Amérique du Sud, en Asie et en Afrique.

En novembre 2001, la France est déclarée officiellement indemne de rage par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), le dernier cas de rage ayant été enregistré sur un renard en décembre 1998. Parmi les pays qui ont mis en œuvre des plans de vaccination orale des renards, la France est le seul pays qui ait obtenu un succès continu.
Ce succès s'explique :

  • d'une part par la rigueur de l'évaluation technique et scientifique qui a accompagné les campagnes de vaccination,
  • d'autre part par la rapidité d'intervention et d'adaptation du ministère de l'agriculture et de ses partenaires à des situations nouvelles. 

Pourquoi « ramener des animaux au statut sanitaire incertain de pays étrangers » est dangereux ?

De telles importations illégales font peser un risque majeur sur la santé publique et sur la santé animale, alors que notre pays a consacré des moyens importants à l'élimination de la rage du renard pour pouvoir se déclarer indemne de cette maladie.

L'animal introduit frauduleusement peut être en incubation de rage entraînant alors des procédures sanitaires et administratives fastidieuses et contraignantes pour les personnes environnantes (la famille, les voisins, les amis) et leurs animaux de compagnie susceptibles d'avoir été en contact avec l'animal concerné (traitement antirabique vaccinal préventif des personnes, euthanasie des animaux).

Il peut aussi excréter du virus de la rage par la salive alors qu’il n’exprime pas encore de symptômes, ce qui accroît sa dangerosité potentielle.

La rage n'est pas une maladie du passé ; de nombreux pays en sont atteints (pays d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine, d'Amérique du Nord et d’Europe). La rage tue encore aujourd’hui jusqu’à 70.000 personnes par an dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), en majorité des enfants mordus par des chiens errants infectés dans les pays non indemnes.

Quelle est la réglementation au regard des carnivores domestiques arrivant de pays tiers dans l'Union européenne ?

Il est interdit de ramener des chiens, des chats ou des furets sur le territoire français excepté sous certaines conditions sanitaires : identification de l'animal, vaccination antirabique en cours de validité et, selon le pays de provenance, titrage sérique des anticorps antirabiques. Ces animaux doivent donc être accompagnés d'un certificat sanitaire établi par un vétérinaire officiel du pays de provenance.

Le non-respect de ces prescriptions réglementaires fait l'objet de peines d'amendes. Quand on veut voyager avec son animal dans un pays tiers infecté de rage, il convient de se renseigner sur les conditions et modalités sanitaires d'introduction ou d'importation d'animaux de compagnie en France auprès des autorités sanitaires françaises (ambassade de France, services vétérinaires départementaux, ministère de l'agriculture et de la pêche).

Conditions en vigueur

Pour pouvoir être importés sur le territoire de l'Union européenne, les carnivores domestiques (chiens, chats et furets) devront satisfaire à des conditions sanitaires sévères :

  • Identification (tatouage si effectué avant le 3 juillet 2011 ou puce électroniqueimplantée sous la peau) ;
  • Vaccination antirabique en cours de validité (primo-vaccination et rappels) ;
  • Selon le pays de provenance, titrage sérique des anticorps antirabiques dans un laboratoire agréé par l'Union européenne réalisé au moins 3 mois avant l’arrivée dans l’Union européenne. Le résultat du titrage sérique devra être supérieur ouégal à 0,5UI/ml.
  • un certificat sanitaire établi par un vétérinaire

Consulter  le portail "Mes démarches"

Comment obtenir la liste des laboratoires agréés par l’Union européenne pour faire les tests sérologiques ?

Cette liste des laboratoires agréés par l'Union européenne peut être consultée en cliquant ici.

Le prélèvement sanguin nécessaire au titrage sérique des anticorps antirabiques devra avoir été effectué au moins 3 mois avant l'importation, sur un animal identifié dont la vaccination antirabique est en cours de validité au moment de la prise de sang. Ce prélèvement sanguin doit avoir lieu au moins 30 jours après la vaccination.

Lorsqu’on voyage à partir de France vers un pays tiers, il est impératif de prendre contact avec le vétérinaire qui indiquera la conduite à suivre pour la vaccination et le test sérologique.

Quels sont les pays pour lesquels les animaux entrant sur le territoire européen sont dispensés du titrage sérique ?

Il s’agit des pays suivants :

  • Andorre
  • Suisse
  • Islande
  • Liechtenstein
  • Monaco
  • Norvège
  • Saint-Martin
  • Saint-Siège
  • Île de l'Ascension
  • Émirats arabes unis
  • Antigua-et-Barbuda
  • Antilles néerlandaises
  • Argentine
  • Australie
  • Aruba
  • Bosnie-et-Herzégovine
  • Barbade
  • Bahreïn
  • Bermudes
  • Belarus
  • Canada
  • Chili
  • Fidji
  • Îles Malouines
  • Hong Kong
  • Jamaïque
  • Japon
  • Saint-Christophe-et-Nevis
  • Îles Caïmans
  • Montserrat
  • Maurice
  • Mexique
  • Malaisie
  • Nouvelle-Calédonie
  • Nouvelle-Zélande
  • Polynésie française
  • Sainte Lucie
  • Saint-Pierre-et-Miquelon
  • Fédération de Russie
  • Singapour
  • Sainte-Hélène
  • Trinidad-et-Tobago
  • Taiwan
  • États-Unis d'Amérique (y compris Guam, Samoa américaines, Iles Mariannes du
  • Nord, Porto-Rico et Iles vierges américaines)
  • Saint-Vincent-et-les-Grenadines
  • Îles Vierges britanniques
  • Vanuatu
  • îles Wallis-et-Futuna
  • la Macédoine
  • les Etats-Unis, les îles BES (Bonnaire, Sainte Eustache et Saba)

Cette liste, établie par la Commission européenne, peut être modifiée.

Qui établit un certificat vétérinaire ?

Le vétérinaire officiel du pays tiers d'origine (modèle de certificat conforme au règlement 577/2013 pour les mouvements non commerciaux et à la décision n°2013/519 pour les mouvements commerciaux ).

Ce certificat doit être accompagné des justificatifs relatifs à la vaccination et au titrage. Dans le cas d'une réintroduction sur le territoire de l'Union européenne, le certificat sanitaire peut être remplacé par le passeport de l'animal (dont le modèle est publié par une décision communautaire).

Que doivent faire les personnes résidant en France et souhaitant séjourner dans un pays tiers avec un carnivore domestique de compagnie (chien, chat ou furet) ?

Il est conseillé :

  • de veiller à ne quitter le territoire de l’Union européenne qu'avec un animal identifié, valablement vacciné contre la rage et présentant un résultat favorable au titrage ;
  • d'entreprendre les démarches, auprès du vétérinaire traitant, 4 mois avant le départ à l'étranger.

Des conditions supplémentaires existent pour l'introduction des animaux au Royaume-Uni, Irlande et Suède. En cas d'importation d'animaux à destination de ces pays, il convient de se rapprocher de l'Ambassade de ces pays dans le pays tiers de résidence.

Consulter  le portail "Mes démarches"

Que faire devant un animal suspect de rage ?

Un animal domestique peut être suspecté de rage lorsqu’il exprime des symptômes (notamment des troubles nerveux ) qui ne peuvent être rattachés de manière certaine à une autre maladie. Le vétérinaire ou la Direction départementale de la protection des populations (DDPP ou DDCSPP) doivent être consultés en cas de doute : ils placeront cet animal sous surveillance pour voir son évolution et conduiront une enquête épidémiologique pour déterminer les risques de contamination éventuelles.

Que faire devant un animal mordeur ?

Tout animal ayant mordu ou griffé une personne, même sans être explicitement suspect de rage, est soumis à une surveillance vétérinaire pendant 15 jours pour estimer le risque de contamination. Trois visites sont obligatoires après un événement potentiellement contaminant : à 24h, à 7 jours et à 15 jours (ou 1 mois pour animaux sauvages).
En cas de non présentation de l’animal, la police peut intervenir auprès du propriétaire.

Quelle est la législation sanitaire en matière de rage ?

Le ministère de l’agriculture fixe par arrêté les mesures de prophylaxie et de police sanitaire en vue de prévenir l’apparition de la rage, limiter son extension et permettre son extinction (code rural L 223-13).

Pour enrayer la propagation de la rage et s’il l’estime nécessaire, le ministère de l’agriculture peut rendre obligatoire la vaccination antirabique et réglementer la circulation, le transport et l’exposition dans les lieux publics des animaux (code rural L 223-14).

Qu’appelle-t-on « animal reconnu enragé » ?

Tout animal pour lequel un diagnostic rage a été établi par un organisme ou un laboratoire agréé soit par le Ministre chargé de l’agriculture, soit par le Ministre chargé de la santé est considéré « animal reconnu enragé ». L’article L 223-9 du code rural prévoit dans ce cas son euthanasie immédiate. Tout diagnostic ne peut être confirmé qu’après la mort de l’animal.

Qu’est-ce qu’un chien ou un chat contaminé par la rage ?

C’est un animal qui a été mordu ou griffé ou a été en contact avec un animal reconnu enragé. Toute décision concernant un animal contaminé est prise par les autorités sanitaires. Dans ce cas, à la demande du Préfet concerné, il est procédé à l’euthanasie des animaux contaminés à moins qu’il ne s’agisse d’animaux valablement vaccinés (dérogation à l’abattage).

Qu’appelle-t-on « période contaminante » ?

Il s’agit de la période au cours de laquelle on estime que l’animal reconnu enragé était contaminant et a été en contact ou a mordu ou griffé un autre animal ou une personne. Cette période doit permettre de tenir compte de la virulence présymptomatique de la salive chez les animaux enragés à l’origine de la contamination.

  • Si l’animal reconnu enragé est un animal domestique: la période définie commence 15 jours avant l’apparition des symptômes et finit avec la mort de l’animal.
  • Si l’’animal reconnu enragé est un animal sauvage, la période définie commence 30 jours avant l’apparition des symptômes et finit avec la mort de l’animal.

Quelle est la responsabilité du Maire ?

Il doit prendre toute disposition propre à empêcher la diffusion de la maladie et peut prescrire des mesures concernant :

  • la divagation chiens et chat ; obligation de tenir les chiens en laisse et de les museler, chats tenus enfermés ou transportés dans des paniers fermés, mise en fourrière des chiens et des chats errants...
  • l’abattage des animaux suspects ou présentant un danger pour les personnes ou encore lorsque les circonstances locales ne permettent pas la mise en œuvre effective et immédiate des mesures de surveillance.

 

Voir aussi