Philippines

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Contexte agricole et relations internationales

Ce qu'il faut retenir

Les Philippines sont composées de 7 107 îles. Elles comptent environ 5,7millions d’exploitations agricoles en 2014, d’une taille moyenne de 2,2ha, pour une surface agricole totale de 12,4Mha (soit 41% du territoire). Le secteur agricole représente 11,2% du PIB et emploie 32% de la population active, soit 11,8millions de personnes.

L’agriculture est principalement orientée vers un objectif d’autosuffisance, afin d'assurer la sécurité alimentaire du pays. Les principales productions destinées à une consommation domestique sont le riz, le maïs, la canne à sucre et le porc. La production de riz, nourriture de base de la population, cultivé sur 2,7Mha, est fortement soutenue. Les principales productions exportées sont l’huile de coco, les fruits frais (mangue, ananas, banane), les jus de fruit ainsi que les produits de la mer.

Le principal défi des Philippines concerne la réforme agraire, encore non achevée. La petite taille des exploitations et l’absence de titre de propriété rend très difficile la mécanisation et plus généralement l’augmentation de la productivité.

Les droits de douanes et les quotas d’importation sont les principaux moyens d’action du pays pour protéger sa production nationale. Le maïs, le riz et le sucre sont les filières les plus sensibles.

Les Philippines sont le troisième pays au monde le plus exposé aux catastrophes naturelles. Des typhons et inondations se produisent chaque année générant d’importants dégâts notamment dans le secteur agricole.

Production agricole

Les 5,7 millions d’exploitations agricoles des Philippines recouvrent 41% du territoire, soit 12,4Mha en 2014. La taille moyenne des exploitations est donc de 2,17ha. Les Philippines regroupent une majorité de petits producteurs : selon le dernier recensement agricole de 2002, où le nombre d’exploitations agricoles était alors de 4,8 millions, 68,1% des exploitations s’étendaient sur moins de 2 ha, alors que seulement 3,8% des exploitations occupaient plus de 7 ha (et uniquement 0,2% plus de 25 ha). La majorité des exploitants sont des agriculteurs familiaux (99%), qui occupent 96,4% du territoire.

La plus grande partie des terres restantes est cultivée par des entreprises, qui comptent pour 0,16% des exploitations totales et occupent 2,2% de la surface agricole, et par des coopératives (0,028% des exploitations totales sur 0,7% de la surface agricole totale).

Productions végétales

Le riz est la production principale en 2013, occupant environ 2,7Mha soit 49% des terres arables. La production s’établit à 11,8Mt et représente 21% de la valeur de la production agricole. Toutefois, les Philippines demeurent un importateur structurel de riz, avec 1,2Mt importées en 2013 (6e importateur mondial). L’objectif affiché depuis 2011 est l’autosuffisance (qui était initialement prévue pour 2013).

L’autre céréale cultivée est le maïs, avec 2,6Mha et avec 7,4Mt récoltées en 2013. 43% de cette production est destinée à l’élevage (2011). La production croît chaque année depuis 2000, avec une accélération entre 2005 et 2008 (32% en plus grâce à l’augmentation des surfaces cultivées, au développement des hybrides et de la mécanisation). Mais les rendements sont faibles, à 2,9t/ha alors que ses voisins de l’ASEAN récoltent tous plus de 4t/ha. 31,9Mt de canne à sucre ont été produites en 2013, sur une superficie de 0,44Mha. 80% des exploitations disposent d’une surface inférieure à 5ha et 1% supérieure à 100ha.

Cette production est stable depuis 20 ans. 50% de la production se situe sur l’île de Negros et 20% sur celle de Mindanao. La filière est organisée par la Sugar Regulatory Administration. 89% de la production est destinée à l’industrie nationale, mais les usines sont sous-utilisées (60% de la capacité). L’industrie du bioéthanol que le gouvernement promeut n’est à ce jour pas rentable du fait du prix élevé de la canne à sucre locale.

Une autre culture alimentaire importante est le manioc avec 0,22Mha, dont la production a fortement augmenté ces dernières années, passant ainsi de 1,7Mt en 2005 à 2,4Mt en 2013. Cela est dû à la progression du rendement de 4,1% par an, pour atteindre 1,1t/ha grâce à la généralisation des hybrides.

Les Philippines sont positionnées comme exportateurs pour plusieurs cultures tropicales. Les plantations de cocotiers constituent la deuxième production en surface après le riz, avec 3,6Mha, en augmentation de 1,4% par an depuis 2005. Les Philippines sont le 2e producteur mondial de noix de coco avec 15,4 Mt en 2013 et le 1er producteur mondial d’huile de coco avec 1,2Mt. Les Philippines sont le premier exportateur mondial d’huile de coco (avec 0,65mt) et de noix de coco (0,12mt). Les autres plantations sont minoritaires, avec l’hévéa sur 0,19Mha, produisant 0,44Mt et l’huile de palme qui occupe 50 000 ha pour 0,11Mt. Le pays est également le 3e producteur mondial de bananes (8,6Mt sur 0,45Mha) et le deuxième exportateur, avec 3,2Mt exportées en 2013. Le Japon absorbe un tiers de ces exportations. La production a fortement augmenté depuis 2003 (où elle atteignait 5,4Mt). Les Philippines sont le 4e producteur mondial d’ananas, avec 2,5Mt (61 000ha) derrière la Thaïlande, le Brésil et le Costa Rica. Environ 10% de la production est exportée en frais, et le reste sous forme de jus de fruit. La surface a doublé depuis 1990. Enfin, la mangue est cultivée sur 43 000ha pour une production de 0,82Mt. Le pays est le 7e exportateur mondial de mangues.

Productions animales

Le cheptel porcin philippin est composé de 11,8millions de têtes en 2013. Il faut ajouter 3,7M de chèvres, 2,9M de buffles, 2,5M de bovins et 174 M de volailles. Toutes ces productions sont destinées au marché intérieur.
La progression de la production de viande a été spectaculaire ndepuis 30 ans. Entre 1985 et 2013, la production a crû de 12% par an en moyenne et a atteint 3,1Mt en 2013. Cependant, pendant cette période, la consommation a crû de 14% par an, et les Philippines restent donc importatrices de viande, à hauteur de 0,34Mt en 2013 (particulièrement de la viande bovine et porcine). Le porc représente 57% de la viande produite avec 1,8mt en 2013 mais ce n’est pas suffisant pour la consommation : les importations représentent 8,7Mt en 2013. La consommation par an et par habitant s’établit à 15kg et est historiquement plus importante que celle des autres viandes (elle représente 56% de la consommation totale de viande). Les Philippines possèdent un faible nombre de volailles avec 163M de poulets et 10M de canards en 2013. Néanmoins, ce petit cheptel leur permet d’être quasiment autosuffisants en viande de volailles, avec une production de 0,97Mt en 2013.

Les Philippines sont fortement déficitaires en lait. Avec 19 000t, la production domestique ne représente que 1% de la consommation. Les 30 000 fermes du pays ont majoritairement entre 1 et 20 têtes (bovins et buffles). 140 000t de poudre de lait sont importées, principalement de Nouvelle-Zélande et des États-Unis, pour combler le déficit.

Avec 36 289km de côtes, le pays réunit des conditions propices à la pêche et à l’aquaculture. La production de produits de la mer a quasiment triplé en 30 ans, s’établissant à environ 4,9Mt en 2013 et employant 13% de la main d’oeuvre agricole. La principale production en valeur est le poisson-lait (15% en valeur), les crevettes (8%) et le tilapia (7%).
L’aquaculture représente désormais 38% de la production en valeur (contre 16% en 1980) en 2013, elle produit principalement des algues (1,6Mt), du poisson-lait1(0,4Mt) et du tilapia (0,3Mt). La pêche commerciale produit 1,1Mt de poissons et représente donc 29% de la production en valeur. Le chinchard est la production principale avec 0,2Mt soit 19%, suivi par le thon avec 0,17Mt et les sardines avec 0,16Mt. Enfin, la pêche locale représente 33% de la production en valeur.

Politique agricole

Une réforme agraire qui n’est pas encore achevée et qui freine l’augmentation de la productivité et la diminution de la pauvreté rurale

La colonisation espagnole puis américaine ont mené à une concentration des terres dans les mains de grandes familles.
En 1903, 5% des exploitations détenaient 41% de la surface agricole nationale. Après une promesse non tenue de redistribution par le président Marcos (1965-1986), la nécessité d’une réforme agraire a été inscrite dans la Constitution de 1987 après sa chute. En 1988, la Comprehensive Agrarian Reform Program (CARP) a été votée. La CARP visait la redistribution de 9,7 Mha, soit 75% de la surface agricole, aux fermiers et travailleurs agricoles, ainsi que la dotation de certificats de propriété et l’accès à des services (prêts, routes pour relier les marchés). D’après la loi, personne ne doit posséder plus de 7 ha. Les propriétaires pouvaient soit vendre volontairement leurs terres, soit partager une partie de la récolte avec les travailleurs, soit en dernier recours se voyaient forcés de la céder moyennant une compensation financière (« achat forcé »). En 2009, la Comprehensive Agrarian Reform Programm Extension with Reform (CARPER) a été votée au Sénat non sans difficultés et prolongeait jusqu’à 2014 la CARP. En septembre 2014, la conduite du programme a de nouveau été renouvelée pour 2 ans.

Entre 1988 et 2012, 6,9Mha de terres ont officiellement été redistribués. Après plus de 20 ans de programmes, cela représente 88% de l’objectif initial (réduit à 7,8mha). La réforme est un compromis important entre les aspirations des paysans sans terres et les intérêts des grands propriétaires liés au parlement. De nombreux certificats ont été annulés car les nouveaux propriétaires étaient incapables de rembourser le prix d’acquisition des terres (0,2 à 0,38Mha étaient déjà annulés en 2007). De plus, des surfaces ont été converties pour des usages non agricoles pour échapper à la redistribution (en 2002 on estimait que 0,83Mha recensés avaient été convertis). Enfin, sur au moins 2 des 6,9Mha distribués, le titre de propriété délivré n’est pas individuel mais provisoirement collectif. Cette propriété collective était censée permettre aux agriculteurs d’avoir une meilleure capacité d’emprunt en élargissant l’assiette des garanties. Mais, en pratique, cette absence de titre individuel freine l’investissement personnel. Des petites exploitations inférieures à 2ha cohabitent avec de grandes structures. Le sujet demeure un enjeu politique fort et aucune statistique sur la répartition précise des surfaces n’est parue depuis 2002.

En plus d’être l’une des plus longues réformes agraires, CARP est sans doute également l’une des plus coûteuses. Le budget annuel de CARPER voté en 2009 atteint désormais 0,54Md€ par an (60% pour l’acquisition des terres et 40% pour fournir des services aux nouveaux installants). En effet, les 0,79Mha restants à distribuer sont les meilleures terres et vont coûter cher au Département de la réforme agraire qui va devoir faire des « achats forcés ».

Une course vers l’autosuffisance focalisée sur le riz qui coûte cher à l’État et aux ménages

Pour le pays, la sécurité alimentaire passe par l’autosuffisance pour le riz, le sucre et le maïs. Deux agences d’États sont chargées d’assurer une production suffisante et de stabiliser le prix du riz.

Sur la période 2008-2012, le riz absorbait en moyenne à lui seul 63% des dépenses publiques pour l’agriculture via le ministère de l’agriculture et les différentes agences d’État qui lui sont liées (National Food Authority (NFA), Agence de l’irrigation…), soit 0,88Md€. La production est soutenue à travers des projets d’irrigation, de soutiens pour les intrants (semences hybrides subventionnées et fertilisants) et d’équipements pour la récolte, le séchage et le stockage. La filière est également protégée par un monopole des importations de riz géré par la NFA (un faible quota est alloué aux entreprises privées, taxées à 40%). En conséquence, 11,8Mt de riz ont été produites en 2013, soit 27% de plus qu’en 2003, mais les rendements ont peu progressé, passant de 2,2 t/ha à 2,5 t/ha.

De plus, le faible développement des infrastructures philippines (routes, ports…) pèse fortement sur la compétitivité des produits agricoles. Le coût de production est ainsi plus élevé que chez ses voisins et, pour assurer un prix minimum aux producteurs, la NFA rachète ce riz en dernier recours à un prix fixé par le gouvernement. Elle le revend ensuite à un prix subventionné pour les plus pauvres mais perd de l’argent à cause des coûts de stockage et de transport. Moins de 10% de la production nationale est ainsi rachetée. La NFA est également mandatée pour faire des stocks.

Cette allocation budgétaire pour l’alimentation, qui a fortement augmenté depuis la crise alimentaire de 2008 (de 0,44Md€ en 2007 à 1,2Md€ en 2013 pour le budget du ministère de l’agriculture, soit de 4,0% à 5,5% du budget de l’État) semble importante, surtout au vu des résultats. La « 2011-16 Rice Self-Suffiency Roadmap » qui visait l’autosuffisance en 2013 conduit à une production de 90% de sa consommation. En effet, la forte croissance démographique, de 3,2% par an ces 30 dernières années, a accentué le déficit en riz. Ainsi, dans les années 2000 le coût des importations a explosé, du fait de l’augmentation des quantités principalement mais également de la fluctuation des prix. 2008 a été l’année où les emprunts de la NFA pour payer les importations ont explosé, dépassant 385M€. Une étude, citée par le Sénat a estimé que la NFA perdait 44€ par tonne de riz importée à cause des coûts de fonctionnement (infrastructures) et du prix de vente subventionné en 2010. Bien que l’allocation budgétaire à la NFA soit passée de 0,32Md€ en 2007 à 0,50Md€ en moyenne sur la période 2008-2012, cela est loin d’être suffisant et, en 2013, l’agence est endettée à hauteur de 2,7Md€.

Le dernier coût du riz, non pris en compte dans le budget du gouvernement concerne la part du revenu des ménages consacrée à l’alimentation. Les prix sur le marché intérieur sont plus élevés que les prix mondiaux de 50% à 100% (WB, 2013). Ainsi, 43% du revenu des Philippins est consacré à l’alimentation.

La faiblesse de la croissance de la productivité agricole est aggravée par des catastrophes naturelles récurrentes

Les Philippines sont le 3e pays le plus propice aux catastrophes naturelles (World Risk Report 2012). 10 tempêtes ou typhons et 3 inondations se produisent par an en moyenne, pouvant détruire plusieurs centaines de milliers d’hectares certaines années. Leur impact varie en fonction de la violence de l’événement et de sa localisation. En septembre 2009, deux typhons avaient détruits 63 0000ha causant une perte agricole de 0,49Md€, soit 2,4% de la production agricole. En 2013, le typhon Haiyan a détruit à lui seul 600 000ha et généré une perte de 0,56Md€ (2,2% de la production cette année).

Enfin, en 2014, le typhon Rammasun a frappé la région agricole de Bicol et causé 0,61Md€ de pertes. Ces catastrophes naturelles expliquent en partie l’autosuffisance partielle en riz.

Ces événements entraînent une inflation soutenue pour les produits agricoles quand ils se produisent et compliquent une gestion de l’approvisionnement alimentaire déjà délicate.

Le gouvernement s’était ainsi engagé à suivre le plan d’action Hyogo Framework for Action4 proposé par les Nations Unies en 2005 qui visait à réduire les pertes liées aux catastrophes climatiques d’ici 2015. Conformément à ce plan, des ministères et agences nationales sont chargées d’identifier et de prévenir les risques. En 2010, le National Disaster Risk Reduction and Management Plan 2011/2028 (NDRRMP) a été signé en lien avec ce plan d’action international. Les responsabilités de nombreux acteurs ont été clarifiées (presque tous les ministères, des agences d’État et les autorités locales). Ce plan a été mis en place de manière plus ou moins complète dans l’ensemble des régions du pays. Néanmoins, le typhon Haiyan en 2013 a souligné la nécessité de compléter ou renforcer la mise en oeuvre de ce plan.

La Philippine Crop Insurance Corporation (PCIC), agence du ministère de l’agriculture, développe les assurances subventionnées depuis des décennies. En plus de couvrir les pertes liées aux événements climatiques, ces assurances servent de garanties pour emprunter auprès de la banque rurale des Philippines. Mais, au pic de son activité, en 1991, seuls 336 000 exploitants étaient assurés pour un total de 54M€ couvrant 0,5Mha.

Indications Géographiques (IG)

Le code de la propriété intellectuelle reconnaît les IG en tant que type de droit de propriété intellectuelle mais ne prévoit aucune protection spécifique. Le pays s’est néanmoins engagé dans une procédure visant à enregistrer les indications géographiques, sous l’impulsion de ses voisins de l’ASEAN.

Un premier travail d’identification des IG potentielles a déjà été effectué et a permis d’en lister 13. Il s’agit essentiellement de produits agricoles (Mangue de Guimaras, café de Kalinga) mais également de produits artisanaux (tissus brodés de Lumban).

Echanges commerciaux

Le commerce agroalimentaire philippin est structurellement déficitaire depuis plus d’une décennie, bien que ce déficit semble se réduire en 2014 grâce à une hausse des exportations et à une valeur des importations relativement stable. Cette tendance reste toutefois à confirmer à l’avenir.

Les exportations

Les exportations de produits agroalimentaires des Philippines (24 premiers chapitres du système harmonisé des douanes) représentent 5Md€ en 2014, soit 11% de l’ensemble des exportations du pays (46,5Md€). À ces exportations, il faut ajouter les exportations de caoutchouc naturel et de ses dérivés qui représentent 0,13Md€. Les produits tropicaux rapportent 2,8md€ avec des fruits et des huiles végétales. Ils constituent le premier poste d’exportation, avec 1,3Md€, soit 26% des exportations agroalimentaires. La banane est le produit majeur (0,86Md€), suivi de l’ananas (0,11Md€) et de la noix de coco (0,2Md€). Les produits transformés à partir de ces fruits représentent eux 0,4Md€, dont 103M€ de jus de fruits. Les huiles végétales sont le second poste d’exportation avec l’huile de coco (1Md€) et l’huile de palme (30M€).

Les produits de la mer permettent de générer 0,75md€. Les exportations de poissons et crustacés représentent 0,43Md€ dont 47M€ pour les crevettes et 45M€ pour les crabes. Celles de produits transformés s’élèvent à 0,33Md€. Ceux à base de thon rapportent à eux seuls 0,24Md€ (73%).

Les exportations agroalimentaires en direction de la France s’élèvent à 38M€ en 2014. Elles ont connu une large baisse en 2012 d’environ 40% par rapport aux années précédentes, mais se stabilisent depuis. Il s’agit en majorité de fruits tropicaux (6,7M€), dont surtout des noix de cocos desséchées (5,7M€), de sucs et extraits végétaux (5,2M€), d’algues (4,7M€) et de poissons et crustacés (4,6M€).

Les importations

Les importations de produits agroalimentaires des Philippines représentent 6,5 Md€ en 2014, soit 13% de l’ensemble des importations du pays (51,0 Md€). Cette part est stable depuis des décennies.

Le secteur de la viande est le plus important en additionnant les aliments pour les élevages et la viande importée avec un total de 1,7md€. Les aliments pour animaux représentent 1 Md€. Il s’agit pour 73% de tourteaux de soja (0,73Md€) et pour 15% de prémix ou autres compléments à l’alimentation animale (0,15Md€). Les viandes et abats comestibles représentent 0,66Md€. 38% est de la viande bovine congelée et 38% de la viande porcine (dont abats). La volaille représente 128M€, soit 16% de la catégorie.

Le second poste des importations est occupé par les céréales et les produits issus de leurs transformations avec un total de 1,4Md€. Les céréales comptent pour 1,2Md€, soit 18% des importations agroalimentaires totales. Le blé pour la consommation humaine domine, avec 0,69Md€, suivi du riz (0,34Md€) et du maïs (0,15Md€). Les produits transformés sont la farine et la semoule (96M€), les produits pâtissiers (40M€) et les pâtes alimentaires (25M€).

Les produits laitiers représentent 0,69Md€. Il s’agit principalement de poudre de lait (0,30Md€, 43%) et de yaourt (76M€), de lactosérum (68M€) et de beurre (60M€).

Les spiritueux contribuent pour 80% de la valeur des importations de boissons (0,26Md€), le vin et les boissons non alcoolisées ne représentant respectivement que 28M€ et 18M€.

Les importations agroalimentaires en provenance de la France s’élèvent à 120M€ (en légère hausse par rapport à une stabilité qui s’était installée depuis 2011). Le premier poste concerne les viandes et abats comestibles (47M€, 39%), avec principalement du porc. Les produits laitiers, avec 29M€ représentent le second poste (24%) avec du lactosérum (8M€) et de la poudre de lait concentré (12M€). La balance des échanges agroalimentaires est ainsi favorable à la France, avec un excédent de 82m€.

Les conditions d’accès au marché philippin

Les Philippines imposent de nombreuses contraintes tarifaires et non tarifaires sur les importations. Le pays a obtenu une clause de traitement spécial au cycle de l’Uruguay pour 118 lignes tarifaires. Le ministère de l’agriculture peut augmenter ces droits ou imposer un quota d’importation si cela est nécessaire pour la sécurité alimentaire du pays.

En 2006, le pays a levé l’embargo ESB qui touchait la France (en 2011 pour les autres pays européens), plus rapidement que bon nombre de ses voisins. Septembre 2014 a été l’aboutissement d’années de négociations sanitaires, grâce à des contacts politiques dans le contexte d’une relation diplomatique favorable entre la France et les Philippines. Une mission d’audit réalisée en France, à l’issue de laquelle les Philippines ont octroyé à la France une accréditation système avec pré-listing, pour les viandes bovines, ovines, porcines et de volailles a ouvert le marché à de nombreux exportateurs français.

Accords internationaux

Les Philippines sont membres de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) depuis 1995, dans laquelle ils ont rejoint le G33 et le groupe de Cairns. Ils sont également membres de l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale) depuis 1985, du CODEX Alimentarius et sont signataires de la CIPV (Convention internationale pour la protection des végétaux) et de la CDB (Convention sur la diversité biologique).

Les Philippines sont également un des membres fondateurs de l’ASEAN. Ils ont été en position défensive dans la négociation de l’ASEAN Trade in Goods Agreement (ATIGA).

Les Philippines ont signé avec le Japon un accord de partenariat économique entré en vigueur en 2008. Il s’agit du seul accord ratifié en dehors de l’ASEAN. En 2014, le Japon représente le deuxième client pour les produits agroalimentaires après les États-Unis, avec 0,7Md€, soit 14% du total des exportations agroalimentaires.

Les Philippines souhaiteraient rejoindre le TransPacific Partnership (TPP), traité multilatérale de libre échange en cours de négociation avec notamment les États-Unis, le Canada, le Japon, l’Australie, le Vietnam.

Des consultations sont en cours pour des accords de libre échange (ALE) avec l’Australie et avec les États-Unis. Un accord de coopération économique est également en cours de consultation avec la Chine et avec Taïwan.

Les Philippines bénéficient de préférences tarifaires accordées de manière unilatérale par l’Union européenne dans le cadre du système généralisé de préférences (SPG). Par ailleurs, les consultations pour un accord de libre-échange avec l’UE ont officiellement été lancées en mars 2013.

Relations bilatérales

Le CIRAD (le centre de coopération internationale de la recherche agronomique pour le développement) coopère avec le Philippine Council for Agriculture and Natural Resources Research and Development depuis 1987. Afin de s’attaquer aux récentes crises alimentaires et sanitaires qui ont touché les Philippines, 3 lignes directrices ont été définies pour la recherche. La première est l’intensification écologique de l’aquaculture et de la production de riz. La recherche porte notamment sur la sélection d’une souche de Tilapias ayant une croissance rapide et une bonne résistance à la salinité.

Une amélioration de la gestion des cultures ainsi que des recherches sur la culture du riz en semis direct sont également réalisées en collaboration avec le Global Rice Scientific Partnership. Une amélioration génétique du riz pour obtenir un meilleur potentiel de rendement est également étudiée avec l’International Rice Research Institute. Le second axe de recherche correspond aux politiques alimentaires, avec notamment le projet Focused Food Production Assistance to Vulnerable People. Enfin, la mise en place de la plate-forme GREASE s’adresse à la gestion des risques émergents d’épidémie en Asie du Sud-Est, notamment concernant les maladies animales transfrontalières et les maladies zootechniques. Par ailleurs, le CIRAD s’occupe de la formation de quelques étudiants de l’Université des Philippines de Los Baños (UPBL) à Montpellier, il intervient en tant qu’expert sur le projet Mindanao Rainforest Initiative concernant les services écosystémiques et le changement climatique sur un périmètre forestier de 44 000ha, et il soutient des projets de la Banque asiatique du développement dans les secteurs de la santé et du changement climatique.

Dans le cadre de l’année de l’agriculture familiale lancée par les Nations-Unies en 2014, les Philippines ont signé la déclaration sur le sujet et ont accueilli à Manille la cérémonie de clôture de cette année.

L’Agence Française de Développement a ouvert un bureau à Manille en 2010 pour promouvoir la croissance verte et solidaire. Elle aide également la restructuration des collectivités locales.

 Sources : Banque mondiale, douanes françaises et philippines citées par Business France 2013 et 2014, MAAF, Ambassade de France à Singapour.

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