Lettre du DSF de juin 2017
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© L Baffalio/DSF

La Lettre du DSF permet de faire le point sur les faits marquants de cette première moitié d’année.

Les principaux problèmes sanitaires ont été :

  • Le climat :
    • la tempête Zeus du 6 mars 2017 a touché une partie importante du territoire, générant des vents violents de la Bretagne à la Méditerranée. Cette tempête s’est caractérisée par une étendue géographique importante puisque près des deux tiers sud du pays ont été touchés par des vents supérieurs à 100 km/h.
    • en avril, des gelées tardives ont causé des dommages parfois importants sur les feuilles et les jeunes pousses, sur le feuillus de l’ensemble du territoire, essentiellement sur chêne mais également sur hêtre dans le Nord-Est et les Pyrénées et sur châtaignier dans le Nord et l’Ouest. La répartition de ces dommages est très hétérogène
  • Les défoliateurs
    • de fortes défoliations de processionnaire du pin ont été constatées dans les Préalpes et les Alpes du sud (Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes et jusque dans le Var) et le sud du Massif central. Une montée progressive des populations a également été constatée dans le piémont pyrénéen. Des fortes pullulations de processionnaires du chêne ont été notées dans la Woëvre.
    • les populations de pyrale du buis se sont déplacées vers les zones qui n’avaient pas encore été attaquées, à proximité des zones défoliées. Les défoliations étaient totales au début du printemps dans le Doubs (notamment aux alentours de Besançon). En Occitanie, les foyers ont également été nombreux et, dans les départements de l’Ain, la Savoie, l’Isère, la Drôme et l’Ardèche plusieurs milliers d’hectares ont été atteints. La présence de chenilles et de papillons constituent une véritable gêne pour la fréquentation des massifs et pour les riverains.
    • ce printemps, des foyers précoces de tordeuse grise du mélèze ont été observés (mi-mai) en basse altitude (1400 m) dans les Alpes du Sud. Jamais de fortes défoliations n’avaient été observées à si basse altitude.
  • Les phytophthoras
    • en mai 2017, le DSF a identifié pour la première fois en France Phytophthora ramorum sur mélèze du Japon, en forêt de Saint-Cadou dans le Finistère. Il a jusqu’à présent été détecté uniquement en sous-étage dans le milieu naturel, essentiellement sur rhododendron en Bretagne, Normandie et Pays de la Loire. En Angleterre, il est responsable de nombreuses mortalités et abattages de mélèzes du Japon.
    • après la Meuse et le Bas-Rhin, des signalements de Phytophthora cambivora sur hêtre adulte ont été effectués dans le nord de la Moselle. Les symptômes observés sont des taches avec des écoulements noirs, au niveau du collet et du tronc
  • Les scolytes
    • à Nice, le foyer de Xylosandrus crassiusculus, découvert en 2014, continue de progresser malgré les abattages d’éradication effectués en 2014 et 2015. A Saint-Jean-Cap-Ferrat, des nouveaux foyers de Xylosandrus compactus, espèce proche de X. crassiusculus, ont été observés. Dans le Nord-Est, des attaques précoces de typographe et de chalcographe ont été observées sur épicéa. Le typographe s’est également fait remarqué sur le Mont Beuvray dans la Nièvre dans un peuplement d’épicéa commun attaqué en automne 2016. Dans le Sud-Ouest, les attaques de scolytes ont été observés dès le printemps sur pin, épicéa et sapin.
  • Quelques essences :
    • Le douglas : s’est trouvé en difficulté à la fin de l’hiver, fragilisé par la sécheresse et les fortes amplitudes thermiques d’hiver et de début de printemps. Dans les plantations, des rougissements physiologiques ont été enregistrés. L’hylobe a été très présent causant des dommages importants dans le Morvan.
    • Le pin laricio : dans la zone historique de présence de la maladie des bandes rouges (Pyrénées), la maladie a été très importante. Dans les Pyrénées-Atlantiques en particulier, des massifs entiers ont totalement rougis.
    • Le châtaignier : l’état de santé du châtaignier est toujours préoccupant. L’essence cumule différents facteurs mettant à mal sa santé : le châtaignier n’est pas toujours planté dans des stations qui lui conviennent, les Phytophthora (l’encre semble prendre de l’ampleur dans certains secteurs ces dernières années), le chancre du châtaignier…
    • Le frêne : La chalarose reste une problématique sanitaire majeure, en particulier dans les peuplements atteints depuis plusieurs années où les nécroses aux collets se sont bien développées.

La Lettre du DSF de juin 2017 (PDF, 1.23 Mo)