Main tenant une feuille avec une coccinelle
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr

L'agriculture française est en pleine mutation. L'enseignement agricole et ses établissements accompagnent cette transition agroécologique en mettant en place différentes pratiques qui favorisent la biodiversité, via notamment le plan « Enseigner à produire autrement ».

Le plan « Enseigner à produire autrement » pour les transitions et l’agroécologie 2020-2024 entre dans sa deuxième année scolaire de mise en œuvre. Il vise à amplifier la dynamique, autour de 4 axes :
  • encourager la parole et l’initiative des apprenants sur les questions des transitions et de l’agroécologie ;
  • mobiliser la communauté éducative pour enseigner l’agroécologie et poursuivre les transitions ;
  • amplifier la mobilisation des exploitations agricoles et ateliers technologiques comme support d’apprentissage, de démonstration et d’expérimentation ;
  • développer l’animation dans les territoires et l’essaimage des pratiques innovantes.

Sous l’impulsion des DRAAF et des DAAF, dans chaque région, les établissements ont procédé à un diagnostic de leurs outils de formation et leurs pratiques au regard des enjeux des transitions, agroécologiques, atténuation et adaptation aux effets du changement climatique, alimentaires, etc.

Dès la fin 2021, chaque établissement et chaque région auront défini leur stratégie de transitions à l’horizon 2024 et établi des plans locaux et régionaux détaillant leurs objectifs et les actions adaptés à chaque territoire.

Quelques résultats remarquables

  • Plus de 80% des 192 exploitations agricoles des EPLEFPA ont arrêté l’usage de glyphosate, et mettent en œuvre des systèmes économes en produits phytosanitaires grâce à leur implication dans les actions soutenues par le plan Écophyto ;
  • La dynamique de certification HVE et de conversion à l’agriculture biologique est soutenue. 1/4 des exploitations est certifié HVE ;
  • Les objectifs du plan Ambition Bio sont dépassés, avec 2/3 des exploitations ayant un atelier de production en conversion ou certifié agriculture biologique, soit 24,5% des surfaces de la ferme Enseignement agricole public (4 662 ha) ;
  • Plus de 120 formations diplômantes dédiées à l’agriculture biologique dispensées par les établissements et parmi tous les niveaux de formation, ont été reconnues par le ministère de l’Agriculture ;
  • Des actions collectives à l’échelle nationale sont aussi en cours pour mettre la protection de la biodiversité au coeur de la stratégie de formation dans 7 établissements pilotes avec le soutien de l’Office français de la biodiversité ;
  • Les dynamiques locales pour réussir les objectifs d’approvisionnement en produits durables et de qualité dans chaque cantine de l’enseignement agricole sont à l’œuvre ;
  • La dynamique de révision des référentiels de formation se poursuit pour prendre en compte les nouvelles connaissances nécessaires aux élèves qui évolueront dans un environnement professionnel en transition, basé sur des solutions issues des interactions repérées dans la nature.

De nombreuses actions structurantes à l’œuvre

Les exploitations agricoles des établissements se sont engagées dans la réduction de l’usage des produits phytosanitaires de synthèse.

Le projet national Écophyto’TER, démarré en 2019 pour 4 ans, rassemble 33 établissements d’enseignement agricole et est piloté par le CEZ-Bergerie Nationale de Rambouillet. Il bénéficie d’un financement dans le cadre du plan Écophyto, qui vise une réduction des usages des produits phytosanitaires de synthèse en agriculture. Ce projet s’inscrit pleinement dans les objectifs du plan « Enseigner à produire autrement ». Il répond à un double objectif :

  • démultiplier, diffuser et transférer les démarches et outils développés au cours des projets précédents (Action 16 et ÉDUC’Écophyto), notamment en renforçant les liens entre les équipes enseignantes et les exploitations agricoles des établissements ;
  • développer le rôle de démonstration et d’expérimentation de ces exploitations auprès des acteurs du territoire (agriculteurs, chambres d’agricultures, instituts techniques, etc.).

Cinq groupes interrégionaux d’établissements ont été constitués pour relever les enjeux de leurs territoires ou de filières spécifiques comme la viticulture. Au sein de chaque groupe, les établissements les plus avancés partagent leurs expériences auprès des autres, qui deviendront à leur tour des démonstrateurs innovants sur leur territoire.

À travers ce projet, les systèmes de culture des exploitations, supports de formation des élèves et outils de production grandeur nature, vont être profondément modifiés pour notamment mettre en œuvre les principes de l’agroécologie et s’adapter aux conséquences du changement climatique. Cette reconception permettra une formation adaptée aux métiers des futurs professionnels que forment l’enseignement agricole.

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