L’économie mondiale du froid

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L’Institut international du froid (IIF) est un organisme intergouvernemental dont la mission est de diffuser l’information scientifique et technique dans tous les usages et technologies du froid. L’IIF est confronté aux enjeux suivants :

  • Le froid est présent dans un très grand nombre de secteurs industriels et les besoins augmentent. Les pays en développement ont des capacités en chaîne du froid pour l’alimentation en moyenne dix fois moindres que les pays développés alors que leur population, notamment urbaine, est en pleine croissance et que les pertes alimentaires sont trois fois supérieures à celles des pays développés. Le conditionnement d’air est appelé à croître, selon le GIEC, de 75% d’ici 2100…
  • Le froid représente 17% de l’électricité mondiale. Les ambitions françaises en matière d’efficacité énergétique doivent s’appliquer pleinement à ce secteur. Inversement, les pompes à chaleur (froid inversé) constituent une énergie renouvelable à développer ;
  • Les systèmes de froid fonctionnent généralement grâce à des fluides frigorigènes fluorés qui sont de puissants gaz à effet de serre en cas de fuite. Ceux qui détruisent aussi la couche d’ozone stratosphérique (CFC, HCFC) sont en voie d’élimination. L’Union Européenne a mis en place une politique de réduction des hydrofluorocarbures (HFC) depuis 2015 et un accord international vient d’être trouvé en octobre 2016 pour l’étendre partout d’ici à 2047.

Des solutions existent : technologies sans frigorigène, réduction des fuites, frigorigènes à faible effet de serre.

Les besoins d’investissement en froid sont considérables et il est indispensable de mettre en place des techniques meilleures pour l’environnement et moins consommatrices d’énergie. La France, pionnière dans le froid jusqu’au début du 20ème siècle (d’où le fait que l’IIF est à Paris…), a beaucoup perdu en usines et en recherche publique et privée depuis au profit de l’Allemagne, de l’Italie, des USA, de l’Asie de l’Est maintenant. Ces changements peuvent être une opportunité. Mais il faudra aussi attirer davantage de personnel qualifié dans ce métier d’avenir. De vrais défis pour les filières alimentaires, de l’usine au consommateur.