« Le XXIe siècle sera l’ère de la bioéconomie et du bois »
© Woodoo
Verra-t-on demain tables, bateaux et immeubles en bois transparents ? C’est le pari de la startup Woodoo qui a breveté une technologie capable, à l’échelle moléculaire, de doter le bois de propriétés incroyables. Cette innovation ferait du bois « le matériau le plus performant de notre siècle », selon son fondateur, Timothée Boitouzet, architecte, biologiste et amoureux du bois.

25 prix de l’innovation et 5 brevets déposés en deux ans, c’est dire les espoirs placés dans la start-up Woodoo et sa technologie. En étudiant à l’échelle microscopique la structure du bois dans les laboratoires d’Harvard et du MIT (Massachusetts Institute of Technology) Timothée Boitouzet, passionné par les constructions en bois, se rend compte que « remplir la structure poreuse du bois par une résine naturelle lui transfère de nouvelles propriétés : il devient translucide, imputrescible, bien plus solide que le bois d’origine et plus résistant au feu. Contrairement aux bois composites fait d’agrégats de particules de bois collés, ce nouveau matériau s’appuie sur l’architecture et l’intelligence microstructurelle du bois ». Un vrai travail d’architecte de la matière : « on renforce le squelette du bois en remplaçant la lignine, c'est-à-dire le ciment entre les fibres du bois, par une résine naturelle qui vient compléter le bois sans détruire son architecture ».

Vers de nouveaux débouchés bois

Brevetant cette technologie de rupture, Timothée Boitouzet revient en France lancer sa start-up, constatant que « l’hexagone est le troisième plus grand massif forestier d’Europe et possède des ressources naturelles considérables », avec pour ambition de revaloriser le bois fragile inutilisé ou d’ordinaire destiné au bois de chauffage pour le transformer en matériau haute performance.

Investir dans une économie décarbonée

À l’interface entre de nombreux marchés et disciplines, son procédé intéresse des entreprises variées, du secteur de la construction au mobilier, en passant par l'horlogerie, la lunetterie et l'automobile. « L’innovation développée par Woodoo a cette faculté d’allier esthétique unique et performance du matériau à l’empreinte carbone faible, ce qui nous ouvre de nombreuses perspectives marchés ». Sollicitée par de nombreux fonds d’investissements, l’entreprise incarne l’intérêt grandissant des financiers pour les technologies vertes, en phase avec la transition énergétique naissante : « le XXIe siècle sera certainement l’ère de la bioéconomie et du bois » prédit l’entrepreneur. La start-up, qui emploie 10 personnes, vient d'installer sa première usine de production à Troyes : « le Grand Est est à la pointe de la bioéconomie et c'est la région la plus boisée de France ».

Prochaine étape : « établir des partenariats stratégiques avec des scieries et des coopératives forestières pour transformer le bois in situ ».

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