La listeria, c'est quoi ?
Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr
La listériose est une maladie rare en France, causée par une bactérie de la famille des Listeria, et qui peut se soigner par des antibiotiques.

Qu’est-ce que c’est ?

La listériose est une infection causée par l’ingestion d’aliments contaminés par une bactérie de la famille des Listeria (Listeria monocytogenes plus précisément).

Comment est-on infecté ?

La bactérie responsable de l’infection est fréquemment retrouvée dans l’environnement (sols, végétaux, eaux usées) et dans le tube digestif de nombreux animaux, qui se contaminent en se nourrissant. Elle résiste au froid et peut donc proliférer dans le réfrigérateur et survivre dans le congélateur, mais est tuée par la chaleur. Les aliments crus sont ainsi les plus fréquemment contaminés : fruits et légumes mal lavés, produits laitiers non pasteurisés et fromages au lait cru, viandes peu cuites, produits de charcuterie, poissons fumés et crus, coquillages crus, ou encore graines germées. Il est impossible de reconnaître un aliment contaminé par Listeria, il a la même apparence, le même goût et la même odeur qu’un produit sain.
L’ingestion de la bactérie n’entraîne pas forcément la listériose, il faut en consommer une dose élevée pour risquer d’être malade. Certains individus sont des porteurs sains, c’est-à-dire qu’ils portent la bactérie en eux sans développer la maladie.

Quels sont les risques d’être infecté ?

La listériose est une maladie rare en France, avec environ 5 à 6 cas par million d’habitants par an, soit environ 400 cas chaque année. Elle touche en particulier les personnes dont le système immunitaire est fragile (à la suite d’un traitement ou d’une maladie), les personnes âgées, les femmes enceintes et les nouveau-nés. Si la maladie survient exceptionnellement chez des personnes en pleine santé, elle peut entraîner la mort, en particulier chez les personnes sensibles.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes peuvent se manifester de 2 jours à 2 mois après la consommation d’aliments contaminés. Ils sont variables et peu spécifiques, allant d’une absence de signes cliniques, de diarrhées modérées ou de symptômes grippaux (fièvre, courbatures, maux de tête...) jusqu’à des troubles neurologiques comme les méningites ou méningo-encéphalites (forts maux de tête, fièvre élevée, nausées, vomissements, troubles du comportement…).
En cas de contamination de la femme enceinte, l’infection peut passer inaperçue ou se réduire à des contractions ou un état pseudo-grippal. Cependant, les risques et conséquences peuvent être graves pour l’enfant à naître : mort in utero, avortement spontané, accouchement prématuré, infection néonatale avec évolution fatale.
La listériose peut être traitée par des antibiotiques.

Que faire lorsqu’on a acheté des produits contaminés ?

S’il n’y a pas eu consommation, il faut les détruire ou les rapporter sur le lieu d’achat ou directement au fabricant. S’il y a eu consommation, il faut rester vigilant dans les deux mois suivants et consulter immédiatement son médecin dès l’apparition de fièvre ou d’autres symptômes de listériose.

Quelles sont les précautions à prendre pour l’éviter ?

La bactérie résiste au froid et colonise de nombreux milieux différents (terre, végétaux, animaux, eaux...). Quelques précautions sont donc à prendre :

  • respecter la date limite de consommation des aliments ;
  • consommer rapidement les produits après ouverture ;
  • dans le réfrigérateur, conserver les aliments crus séparément des autres pour éviter leur contamination ;
  • régler le réfrigérateur à une température basse (au plus 4°C)
  • laver les fruits et légumes avant consommation ;
  • nettoyer régulièrement le réfrigérateur à l’eau de Javel ;
  • laver mains, plans de travail et ustensiles après contact avec des aliments crus pour éviter la contamination des aliments sains ;
  • la bactérie étant tuée par la chaleur, il est essentiel de cuire ou réchauffer les aliments crus d’origine animale ou les plats prêts à consommer à plus de 75°C.

Quels contrôles sont réalisés en France ?

Les producteurs et les distributeurs sont soumis à de nombreux contrôles (auto-contrôles, contrôles planifiés ou non planifiés) sur l’hygiène et le respect de la chaîne du froid. Chaque année, plus de 60 000 prélèvements sont effectués par les services de la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) correspondant à 100 000 analyses en laboratoire. En cas de contamination avérée, des mesures de retrait ou de rappel de produits pour protéger le consommateur ainsi que des mesures préventives ou correctives pour le producteur ou le distributeur sont prises. Mais ces contrôles ne doivent pas empêcher le consommateur d’appliquer les règles d’hygiène !

À consulter

Site du ministère des Solidarités et de la Santé

Site de l'Anses

Voir aussi