Espagne

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Contexte agricole et relations internationales

Ce qu'il faut retenir

L'Espagne, deuxième pays européen par sa surface agricole utile (SAU), produit principalement des légumes et des fruits, notamment des agrumes (1er rang mondial pour l'exportation d’oranges), des olives (1er producteur mondial d'huile d'olive) et du vin (3e rang mondial derrière la France et l'Italie). Elle possède le 2e cheptel porcin d’Europe après l’Allemagne. Elle transforme des produits emblématiques de son terroir, comme le jambon.

Le milieu naturel espagnol se caractérise par de nombreux handicaps naturels : altitude plus de 60% des terres sont à une altitude supérieure à 600m, pentes, faible potentiel agronomique des sols et faible pluviosité. Les conditions météorologiques peuvent conduire à des variations importantes de la production agricole d'une année sur l'autre, ce qui a conduit l'état à s’impliquer dans la gestion des risques climatiques par des mécanismes assurantiels. L’agriculture espagnole est particulièrement sensible au changement climatique. Un quart de la surface totale de l’Espagne est déjà menacé par la désertification.

La nécessité d’irriguer la plupart des parcelles conduit à une augmentation des coûts de production et rend la question de la gestion des ressources en eau particulièrement aiguë. Sur les terrains non irrigués, la productivité est peu élevée, ce qui ne permet pas à l'Espagne d'atteindre l'autosuffisance alimentaire.

L’Espagne et la France sont des partenaires commerciaux essentiels : la France est à la fois le premier client et le premier fournisseur de produits agroalimentaires de l'Espagne. L'Espagne reste dépendante des importations pour les céréales et le lait, majoritairement d’origine française.

La crise économique a contraint l’industrie agroalimentaire espagnole à rechercher des marchés à l’exportation. Depuis 2014, la reprise se confirme, tant en termes de production, d’emploi que d’exportations : l’excédent commercial agroalimentaire de l’Espagne (10,6Md€) a dépassé celui de la France (9,3Md€) en 2015. Le fort dynamisme des exportations agricoles et agroalimentaires espagnoles vers la France (+6%) a creusé le déficit commercial français vis-à-vis de l’Espagne pour ces secteurs, (-1,73Md€ en 2015).

Production agricole

L’Espagne a une longue tradition agricole. Son entrée dans l’Union européenne en 1986 a conduit à une modernisation profonde du secteur, même si la productivité de l’agriculture espagnole reste encore globalement plus faible que dans d’autres pays de l’Union. Les contraintes géographiques et climatiques défavorables ont conduit à la création d’une mosaïque de paysages agricoles et à l’introduction de cultures très diversifiées. La moitié de la surface totale du pays est utilisée à des fins agricoles, ce qui représente 23,3mha de SAU en 2015. L'Espagne possède ainsi la deuxième plus grande SAU de l’Union européenne, après la France (28Mha). Environ 47% de cette SAU sont des cultures non irriguées, 33% des prairies et pâturages et 20% des cultures irriguées. Par ailleurs, la forêt occupe 37% du territoire espagnol.

On dénombre 965 000 exploitations (2013), soit environ 2,5% de moins qu’en 2009 et 26% de moins qu’en 1999. Au cours des dix dernières années, la SAU moyenne par exploitation a augmenté de 19,5%, atteignant 24,7ha. Les structures agricoles présentent de grandes variations régionales entre la Castille et León (58,9 ha par exploitation) et la Galice (8,44ha par exploitation) ou le Pays valencien (5,44 ha par exploitation). Le secteur agricole emploie 709 500 personnes au 3e trimestre 2015, soit 3,9% de la population active. S’il souffre du chômage qui frappe le pays, il résiste mieux que les autres secteurs de l'économie espagnole.

Depuis son entrée dans l’Union européenne, l’Espagne a développé des productions tournées vers l’exportation. Les produits phares sont les fruits et légumes (agrumes notamment), les olives et le vin. L’Espagne produit également pour son marché intérieur des céréales (blé et maïs), du lait,des viandes, des betteraves à sucre et des produits caractéristiques des agricultures du Sud comme le coton ou le riz. Plus récemment, certaines productions animales (production porcine notamment) sont devenues très compétitives et exportatrices.

Premier exportateur et second producteur européen derrière l’Italie, l’Espagne a une production de fruits et légumes très diversifiée et tournée vers l'export. Le pays produit en moyenne 24Mt de fruits et légumes par an, dont 54% de légumes, 24% d’agrumes, 11% de fruits hors agrumes, 9% de pommes de terre et 2% de fruits à coque. En 2015, la valeur de la production s'est élevée à environ 17Md€, soit 14% de plus qu’en 2014. Avec 24% des emplois agricoles directs et 41% de la production agricole, cette filière est la plus importante du secteur agricole espagnol,et ce pour seulement 9% de la SAU.

La superficie consacrée à la production d'olives est considérable (2,6Mha, plus de 10% de la SAU) et ne connaît aucune véritable concurrence en Europe ni dans le monde : l’Espagne est le 1er producteur mondial d’huile d’olive. La production de la campagne 2014/2015 est de 1235700t,en augmentation de 24% par rapport à la moyenne des quatre campagnes précédentes. La production d’olives connaît cependant des campagnes hautes et basses, comme le montrent les résultats 2013/2014 (1,78Mt) et 2012/2013 (0,62Mt).

Le vignoble occupe une surface totale de 958 777ha, soit la première superficie en vigne du monde, devant la France et l’Italie. Cependant, en volume, l’Espagne est le 3e producteur mondial de vin : 44Mhl pour la campagne 2014/2015 (dont environ la moitié en blancs), soit 23% de la production mondiale. Le vignoble sous appellation (AOC ou IGP, notamment Rioja et Ribera del Duero) représente environ 41% de la production viticole totale. En Andalousie, sont également produits les vins de Xérès, généralement dédiés à l’exportation.

L’Espagne compte 390 000 exploitations céréalières de 15,8 ha en moyenne. La surface agricole destinée à la production de céréales était de 6,1Mha en 2015, soit 24% de la SAU, pour une production de 19,6Mt. Sont cultivés par ordre d’importance pondérale : orge, blé, maïs.

Les récoltes restent fortement dépendantes des conditions climatiques qui rendent la question de l’irrigation déterminante. Si le rendement moyen a augmenté durant les dernières années, la production céréalière ne permet pas d’atteindre l’autosuffisance, notamment pour l’alimentation animale. Ce déficit de production est compensé par les importations, en grande partie d'origine européenne. Dès lors, l’Espagne a recours à toutes les techniques favorisant la productivité : c’est l’unique pays européen avec une culture notable de maïs génétiquement modifié (30% de la sole espagnole de maïs).

A l’opposé de ce modèle de production, l’agriculture biologique ne cesse de progresser, et, pour la sixième année consécutive, l’Espagne occupe en 2015 le 1er rang de l’Union européenne en surface (1,6Mha, soit environ 6,9% de la SAU espagnole). Les produits biologiques espagnols, essentiellement d'origine végétale, sont quasi-exclusivement destinés à l’exportation.

Les productions animales représentent plus du tiers de la valeur des productions agricoles espagnoles. Le cheptel se compose principalement de porcins : 2e producteur européen, derrière l’Allemagne, l’Espagne connaît un rythme d’abattage en forte croissance (+7% à 46,4 millions de têtes). L’élevage ovins-caprins représente plus de 20% du cheptel européen (plus de 16,6 millions de têtes d’ovins et 2,8 millions de têtes de caprins). Le pays compte également 6 millions de têtes de bovins et 42 millions de têtes de volailles. L’élevage porcin varie de modèles très intensifs (Catalogne, Aragon) à des modèles très extensifs (élevage en plein air en Estrémadure, pour des productions de haute qualité de porc rustique de race ibérique, nourri essentiellement au gland de chêne vert), destiné essentiellement à la production de jambon (35% des productions animales espagnoles).

La production laitière est réalisée selon deux principaux modèles : dans de petites exploitations herbagères, faiblement intégrées et à fort coût de collecte (corniche cantabrique), et dans de grandes fermes hors sol, sur un mode plus intensif mais très dépendant du coût de l’alimentation (Andalousie et Catalogne). La collecte nationale (6,8Mt de lait en 2015, en hausse de 2% par rapport à 2014) ne représente plus que 4% de la production de l’Union européenne et ne couvre que les deux tiers des besoins nationaux. La filière souffre de la disparition des quotas laitiers (concentration, disparition progressive des petites exploitations, etc.). La même dualité se constate dans le secteur de la viande bovine où des productions extensives de races rustiques coexistent avec des fermes d’engraissement de broutards importés de France (l’Espagne est le 2e marché de la France après l’Italie pour les jeunes bovins de boucherie), qui se concentrent à proximité des régions productrices de céréales.

La reprise économique se confirme depuis 2014 pour l’industrie agroalimentaire espagnole, avec une évolution favorable de la production, de l’emploi et des exportations. Le secteur de l’industrie de l’alimentation, des boissons et du tabac compte 28 372 entreprises (16% des entreprises manufacturières) et 513 700 actifs (2,2% des actifs du pays). Avec un chiffre d’affaires de plus de 90Md€, 2,4% du PIB espagnol en valeur ajoutée brute (VAB) et 16,5% de la VAB de l’industrie, l’industrie agroalimentaire est le premier secteur industriel de l’économie espagnole. Il se caractérise par une polarisation forte avec 96% de PME et 0,2% des entreprises générant plus de la moitié du chiffre d’affaires. Bien que l’Espagne soit un producteur agricole important (11% de la production totale de l’UE), Aucune entreprise espagnole ne figure parmi les 20 plus grandes entreprises agroalimentaires du monde.

La superficie forestière occupe 27Mha, soit 53% du territoire espagnol. Constituée à majorité de feuillus, elle est caractérisée par une extrême diversité en raison de la grande variété des écosystèmes du pays, répartis sur quatre régions biogéographiques (atlantique, pyrénéen, méditerranéen et macronésique dans les Îles Canaries). Près de la moitié des surfaces forestières se situe en Andalousie et dans les deux Castilles (Castille-la-Manche et Castille-et- Léon). Cependant, il s’agit, dans ces trois Communautés autonomes, essentiellement de «dehesa», bois (souvent de chêne vert) clairsemés valorisés en sylvopastoralisme. C’est au Nord du pays, notamment en Galice, que se situent les peuplements les plus productifs (résineux et eucalyptus destinés à l’industrie). Environ 70% de la forêt espagnole est privée. La forêt publique appartient essentiellement aux collectivités locales,la forêt de l’État ne représentant que 5% de la superficie forestière totale. Les problèmes sanitaires (nématodes du pin maritime par exemple), les incendies récurrents (5 500 départs de feux et plus de 120 000 ha détruits en moyenne chaque année) et l’érosion édaphique frappent durement la forêt espagnole et accélèrent le phénomène de désertification.

Politique agricole

La France et l’Espagne partagent, en termes de politique agricole, un grand nombre de positions (défense d’une agriculture européenne forte dotée d’un budget européen conséquent, préservation d’un modèle alimentaire de qualité, indications géographiques, etc.).

Le maintien de la PAC n’est pas seulement crucial pour des raisons économiques (production alimentaire, emplois) mais aussi pour l’aménagement du territoire (maintien de l’exploitation des terres) et la préservation des espaces ruraux. L’Espagne, comme la France, est attachée au maintien d’outils de régulation des marchés agricoles.

Cependant, les choix de l’Espagne pour la mise en œuvre de la PAC 2014-2020 ont tenu compte de ses spécificités propres (nombre très important de petits producteurs, complexité du fonctionnement décentralisé dans 17 Communautés autonomes ayant des compétences propres en politique agricole) mais aussi de la fragilité du tissu économique en milieu rural, aggravée par la crise qui frappe le pays depuis 2008.

Lors des négociations pour la dernière réforme de la PAC, les positions espagnoles ont été guidées par le souhait de limiter au maximum les perturbations internes liées à la réforme, tout en essayant de réorienter les aides directes vers les exploitants professionnels et de réduire la dispersion des paiements. Ces éléments ont abouti à une déclinaison nationale de la nouvelle PAC restant proche de la répartition historique des soutiens directs.

La conscience des liens de plus en plus étroits entre l’agriculture et l’environnement a conduit le gouvernement à fusionner les deux ministères compétents en 2008. Toutefois, la sensibilité politique au verdissement des aides de la PAC rencontre peu d’écho en Espagne. Adoptant une approche très pragmatique, toujours à la recherche de plus d’efficacité sur les marchés, le pays s’efforce en priorité de défendre les spécificités de l’agriculture méditerranéenne dans les projets de réglementation européenne et d’augmenter sa production intérieure.

Par ailleurs, l'Espagne est très présente dans les échanges internationaux sur les forêts. Elle a accueilli l'unité de liaison de Forest Europe, assemblée des ministres en charge de la forêt au niveau paneuropéen responsable de l'organisation de la négociation de l'accord paneuropéen sur les forêts. La défense des forêts contre les incendies est le sujet de préoccupation majeure de l'Espagne. En 2015, le feu a, à nouveau fait d'importants ravages avec près de 55 000ha de forêt détruits, un chiffre dépassant le total cumulé des deux années précédentes. La valorisation économique des biens et services rendus par la forêt apparaît également comme un point central des efforts déployés par la gouvernance forestière espagnole, intérêt relativement partagé par les autres pays du pourtour méditerranéen.

Echanges commerciaux

L’Espagne est un partenaire commercial essentiel pour la France. La France est le 1er fournisseur de produits agricoles et agroalimentaires de l’Espagne (4,82Md€, soit 15,4% de part de marché). L’Espagne est ainsi le 5e client agricole et agroalimentaire de la France (derrière l’Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni et l’Italie). La France est également le 1er client de l’Espagne (6,55Md€, soit 16,9% de ses exportations).

La France enregistre en 2015 un déficit commercial de 1,73md€ vis-à-vis de l’Espagne dans les secteurs agricole et agroalimentaire (contre 1,38Md€ en 2014). Le déficit se creuse ainsi de 25% en 2015. Ce repli s’explique par une dynamique importatrice française depuis l’Espagne (+6% en 2015) beaucoup plus forte que les exportations françaises vers ce pays (+0,3% seulement en 2015).

Le secteur agricole (produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture) est le principal responsable de la croissance des échanges commerciaux franco espagnols. Les exportations françaises dans ce secteur se sont renforcées de 5,8% alors que les importations depuis l'Espagne ont augmenté de 13,2%, le déficit du secteur agricole se creusant en défaveur de la France de 213k€, atteignant - 902 k€. à l’inverse, les échanges de produits transformés par l’industrie agroalimentaire reculent de 0,2% en 2015. Les importations françaises en provenance d'Espagne ont progressé de 1,6% alors que les exportations vers l'Espagne ont diminué de 2,4%, contribuant ainsi au creusement du déficit agroalimentaire de la France vis-à-vis de l'Espagne (de -140k€ pour atteindre -830k€).

La détérioration du déficit cumulé de ces deux secteurs provient principalement du déficit français dans les échanges de produits agricoles et de la baisse des exportations agroalimentaires françaises. Cependant, certains produits transformés français renforcent au contraire leur présence en Espagne (par exemple +12% pour les bières et les vins).

La France fournit l’Espagne majoritairement en matières premières pour l’élevage et pour l’industrie (céréales pour l’alimentation animale, lait, animaux vivants, etc.), en produits gourmets (fromages, chocolats, conserves de viande, etc.) et en vins. Le secteur du vin est tiré par les champagnes qui représentent 80% des importations espagnoles de vins français. La France approvisionne également l’Espagne en fruits et légumes, notamment en pommes de terre (la moitié des exportations françaises de légumes vers l'Espagne), bananes et pommes (respectivement 36% et 26% des exportations françaises de fruits vers l'Espagne). Le secteur des produits de la mer est également porteur pour les exportations françaises, la France étant le 3e fournisseur de l’Espagne (derrière le Maroc et l’Argentine).

Les exportations agricoles et agroalimentaires de l’Espagne vers la France augmentent à un rythme soutenu (+12% depuis 2011) mais de manière moins importante qu’au niveau mondial (+30% depuis 2011). Les filières espagnoles ont en effet retrouvé un nouvel élan lié à une orientation stratégique centrée sur l’export. Lors de la crise de 2008, les marchés extérieurs ont constitué la bouée de sauvetage de l’économie espagnole. Dans les secteurs agricole et agroalimentaire, l’export a d’abord permis de dégager les excédents de production et de désengorger le marché interne victime d’une chute de la demande intérieure. Par la suite, la stratégie exportatrice est devenue un véritable fondement du développement de ces filières, permettant au pays d’enregistrer un excédent agroalimentaire significatif qui ne cesse de croître ces dernières années (+10,6Md€ en 2015).Le secteur agroalimentaire représente ainsi 16% des ventes extérieures de l’Espagne en 2015.

L’Espagne connaît une diversification de ses échanges, import comme export. Son partenaire commercial privilégié reste l’Union européenne, destinataire de 75% de ses exportations, et en particulier la France, l’Allemagne, l’Italie et le Portugal. Hors Union européenne, les principaux clients de l'Espagne sont les États-Unis, le Brésil, la Chine et le Japon. Les exportations vers l’Asie sont en plein développement (+12,8% entre 2011 et 2014). Avec 825M€ en 2015, les exportations alimentaires vers la Chine ont doublé par rapport à 2013. à l’inverse, les exportations vers la Russie ont chuté de 43% entre 2014 et 2015, à la suite de l’embargo mis en place par la Russie en août 2014.

Les exportations espagnoles sont dominées par les fruits et légumes (39% des exportations), avec 7,9Mt de fruits (8,4Md€, essentiellement des agrumes) et 5,8Mt de légumes exportés en 2015 (5,5Md€, majoritairement poivrons, tomates, laitues et concombres). Viennent ensuite l’huile d’olive (2,6Md€), la viande porcine (2,7Md€) et le vin (2,7Md€). Les exportations de vins espagnols progressent significativement en volume (de 18,5Mhl en 2013 à 24,4Mhl en 2015). L’Espagne est en 2015 le 1er exportateur mondial de vin en volume et la France est son 1er client (essentiellement des vins en vrac, en très forte progression depuis 2013 pour atteindre près de 5Mhl en 2015, utilisés pour le conditionnement en France de vins sans indication géographique).

L’Espagne est le 1er fournisseur agricole et agroalimentaire de la France. Outre le vin (qui, en valeur, ne représente que 0,26Md€), la France importe d’Espagne essentiellement des fruits (1,5Md€, dont 44% d’agrumes), de la viande (0,9Md€, dont 65% de viande porcine), des légumes (0,88Md€), de l’huile d’olive (0,21Md€) et des jus de fruits (0,18Md€).

Accords internationaux

L’Espagne est entrée dans l’Union européenne en 1986. Elle est membre de l’organisation mondiale du commerce (OMC) depuis le 1er janvier 1995, de l'organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de l’organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). Elle accueille le siège du conseil oléicole international (COI). L’Espagne a ratifié le protocole de Kyoto, la convention sur la diversité biologique (CDB), la convention de Washington sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d'extinction, l’accord international sur le café de 2001. Elle a également adhéré à l’engagement international sur les ressources phyto-génétiques de la FAO et à l'initiative «4 pour 1000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat » lors de la COP21 en décembre 2015.

L’Espagne participe activement au réseau méditerranéen de santé animale (REMESA) qui regroupe les services vétérinaires de dix pays du pourtour méditerranéen. Elle a financé de nombreuses actions en appui au REMESA via la FAO. L'Espagne héberge également la branche méditerranéenne de l'Institut forestier européen de recherche sur la forêt (EFI Med) ainsi que la facilité technique de l'Union européenne sur la réduction des émissions de gaz à effets de serre provenant de la déforestation (EU REDD).

L’Espagne soutient l’Union européenne dans ses négociations commerciales avec les États-Unis (TTIP) et le Mercosur. Elle estime en effet que ces accords lui permettraient de développer ses exportations agricoles vers les États-Unis et les pays d’Amérique Latine avec lesquels elle entretient des liens privilégiés.

Relations bilatérales

Les relations bilatérales avec l’Espagne sont nourries et régulières sur les questions agricoles, sur lesquelles les visions des deux pays sont le plus souvent convergentes. Principaux producteurs européens pour certains produits agricoles (fruits et légumes, vin, banane,viande porcine), les deux pays se retrouvent parfois en situation de concurrence, la compétitivité étant plus favorable du côté des filières françaises pour les céréales, le lait et les pommes de terre et du côté espagnol pour les fruits et légumes, le vin et la viande de porc. Ils se coordonnent régulièrement– en associant également l'Italie– au sein d'un « comité mixte des fruits et légumes », véritable forum de discussion et de prévention des difficultés du secteur.Dans le cadre de ce comité, cinq « groupes de contacts » spécialisés par produit (fraise, tomate, pêche/nectarine, pomme et ail) permettent aux professionnels des trois pays de se rencontrer et de dialoguer au moins une fois par an.

Partageant également la nécessité de défendre une agriculture européenne de qualité, les deux pays défendent un système fort d’indications géographiques et de labels. Ils échangent par ailleurs régulièrement avec le Portugal sur les politiques agricoles qu’ils souhaitent mettre en œuvre dans leurs régions ultrapériphériques respectives.

Dans le secteur de l'enseignement agricole technique et supérieur, l'Espagne est la 2e destination préférée des élèves et étudiants français (après le Royaume-Uni) avec plus de 700 mobilités par an (stages et mobilités académiques). De nombreux partenariats existent entre établissements de l'enseignement supérieur.

Enfin, les relations sur les questions sanitaires sont également très intenses. Elles se matérialisent par une rencontre annuelle vétérinaire et phytosanitaire qui associe les régions espagnoles et les départements français de part et d’autre de la frontière pyrénéenne et aboutissent en tant que de besoin à la signature de protocoles d’accord (notamment en 2015 et 2016, un protocole révisé entre les autorités sanitaires françaises et les autorités espagnoles a été adopté afin de faciliter les échanges d’animaux vivants entre les deux pays eu égard à la fièvre catarrhale ovine).

Sources : GTA (DNSCE + Eurostats), MAGRAMA, MAAF, SER, BusinessFrance, COAG

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