Entre mer et volcans, La Réunion, une île de grande tradition agricole
DAAF La Réunion
Destination recherchée pour son volcan, ses cirques ou ses sentiers de randonnée, La Réunion est aussi une terre agricole aux nombreuses ressources.

Compte-tenu du relief montagneux, du classement au Parc national de 150 000 hectares situés au cœur de La Réunion, et de la pression urbaine, l’agriculture ne couvre que 17% du territoire. Cependant, malgré la faible surface qui leur sont consacrées, agriculture et agroalimentaire occupent une place importante.

La latitude tropicale de l’île et son relief important, qui culmine à plus de 3 000 mètres, ont engendré une multiplicité de micro-climats. Ceux-ci lui permettent de posséder l’une des agricultures les plus diversifiées au monde sur un territoire aussi restreint – 420 km² de superficie agricole utile (SAU). On y trouve en effet aussi bien des cultures typiquement tropicales à l’instar de la vanille, de l’ananas ou de la canne à sucre, que des spéculations plus caractéristiques des zones tempérées comme la pomme de terre ou l’élevage laitier.

Outre son importance économique, l’agriculture joue également un rôle social essentiel (21 700 personnes, soit 6,4% de la population active) et contribue à l’aménagement du territoire. Les entreprises agroalimentaires emploient quant à elles plus de 4 300 salariés, soit un tiers des emplois industriels.

Performante, la production locale couvre à 75% le marché intérieur en produits frais locaux, tant en fruits et légumes que produits animaux. Ce taux est l’un des plus élevés connu parmi les économies insulaires tropicales.

La canne à sucre demeure le principal pilier de l’économie agricole de l’île, par son importance en termes de surfaces, d’emplois (près de 3 000 exploitations et, au total, 14 000 emplois liés aux secteurs canne, sucre, rhum et production d’énergie) et de capacités d’exportation. La filière représente en effet 50% des exportations alimentaires, soit le tiers du total des exportations réunionnaises.

L’agriculture fournit en outre la deuxième source d’énergie renouvelable de l’île après l'énergie hydro-électrique grâce à la bagasse issue de la canne à sucre. Celle-ci permet d’éviter l’importation de 140 000 tonnes de charbon chaque année.

Fruits et légumes sont à l’origine de la première source de revenu agricole de l’île

La quasi-totalité des fruits et légumes courants peut être produite à La Réunion grâce à l’ensoleillement et aux différents gradients d’altitude. La mise en place de systèmes de culture sous abri permet aussi de s’affranchir en partie des contraintes climatiques.

Conquérir le marché de la restauration collective et développer des unités de transformation industrielle figurent parmi les principaux enjeux. Mais l’exportation vers l’Europe de fruits « d’exception » comme l’ananas Victoria, le letchi, le fruit de la passion ou la mangue est également une opportunité pour développer l’agriculture locale sur des marchés de niche où la qualité de l’origine Réunion est reconnue.

Lancée il y a 40 ans, la mise en place des filières de productions animales organisées autour des coopératives et des organisations interprofessionnelles représente un trait fort du dynamisme de l’agriculture réunionnaise.

Que seraient les Hauts de La Réunion sans leurs éleveurs ?

Les filières animales couvrent aujourd’hui plus de 50% des besoins du marché local.

Pour se maintenir et se développer, l’agriculture réunionnaise doit relever un défi majeur : la préservation du foncier agricole contre un développement urbain dynamique. L'enjeu de sauvegarde des terres cultivables est bien compris de la part des partenaires institutionnels de La Réunion, qui ont créé avec l’État un Groupement d'intérêt public chargé de protéger ce patrimoine.

Le marché de la pêche est structuré avec une filière aval bien organisée

Si la pêche australe exporte 95% de sa production (6 000 tonnes), la pêche palangrière hauturière en exporte 50% tandis que la pêche artisanale côtière commercialise toute sa production sur le marché local.

Le marché réunionnais est en devenir. La consommation de poissons par les ménages y est inférieure à la moyenne française et européenne, et la part qu’y tiennent les produits de la pêche réunionnaise est marginale (15%), mais avec un potentiel de développement du marché local intéressant.

Un produit, un lycée agricole, une forêt, un événement, une initiative…

Retrouvez ci-dessous les spécificités de la région avec, au choix :

La vanille bourbon, une production artisanale

Installée au cœur d’un authentique domaine créole, le Domaine du Grand Hazier, La Vanilleraie est le fruit de la rencontre entre des producteurs de vanille passionnés par leur métier et d’un transformateur de vanille.

La vanilleraie se situe à Sainte-Suzanne, à 10 minutes de l’aéroport Roland Garros. Cette commune est le berceau de la culture de la vanille à La Réunion. C’est en effet sur les terres du domaine historique du Grand Hazier, au lieu-dit Belle Eau, qu’ont été implantés les premiers vanilliers originaires du Mexique. C’est également à Sainte-Suzanne qu’a été découvert le procédé de fécondation de la fleur du vanillier par Edmond Albius, jeune esclave originaire de la commune.

L’objectif de La Vanilleraie est de renouer avec une production artisanale de vanille de qualité. Cela passe en premier lieu par la sélection des meilleurs producteurs de vanille de l’île de La Réunion. Implantés sur trois terroirs bien distincts, 30 producteurs de vanille cultivent avec attention et passion cette délicate orchidée. Une fois récoltées au stade optimum de maturité, les gousses de vanille vertes, gorgées d’arômes, sont confiées aux bons soins du préparateur, fort de 30 ans d’expérience dans le métier. Il sait en tirer la quintessence grâce aux soins attentifs et méticuleux apportés au cours du lent processus de préparation et de maturation aromatique des gousses.

Garante de la tradition, mais aussi tournée vers l’avenir par son travail de sélection variétale et ses recherches sur les terroirs, en collaboration avec l’université de la Réunion, la Vanilleraie redonne à la vanille de La Réunion ses lettres de noblesse et contribue à maintenir sa réputation mondiale au travers de récompenses reçues, notamment au Salon de l’agriculture de Paris (5 médailles d’argent, 3 médailles d’or dont double médaille d’or en 2018, et 3 prix d’excellence).

Le lycée agricole de Saint-Paul, acteur majeur du développement durable

L'Établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricoles (EPLEFPA) de Saint-Paul prépare aux métiers de l’agriculture, du paysage, de la protection de l’environnement et des territoires. Il accueille chaque année 400 apprenants, du CAP à la licence professionnelle, dans les trois voies de formation : scolaire (LEGTA), apprentissage (CFAA) et formation continue (CFPPA).

L’établissement poursuit ses missions principales d'enseignement et de formation professionnelle tout en étant un acteur majeur de la recherche et du développement durable de l'agriculture et de l’environnement de La Réunion.

Ainsi, depuis 2016 et dans le cadre du plan Ecophyto, l’EPLEFPA de Saint-Paul pilote le projet Ecophyto JEVI avec ses partenaires techniques qui vise à réduire ou supprimer l’usage des produits phytosanitaires de synthèse dans les Jardins, Espaces Végétalisés et Infrastructures (espaces verts, forêts, voiries accessibles au public…) et à développer des méthodes de gestion alternatives.

Une charte régionale « Pour des collectivités sans pesticides » a été développée et plusieurs communes ont été labellisées, bénéficiant ainsi d’un accompagnement pour dépasser les objectifs de la loi « Labbé », vers le zéro pesticide sur l’ensemble des espaces en ville.

Des guides pratiques ont notamment été créés, constituant une véritable source d’information et de sensibilisation aux questions de la pérennité et de la gestion des espaces publics paysagers à La Réunion.

Par sa forte implication dans les projets tournés vers le développement durable et l’agro-écologie, l’EPLEFPA de Saint-Paul est devenu un partenaire reconnu sur son territoire.

 Plus d’informations sur l'établissement

Le massif de Terre Plate, au cœur des enjeux de la filière bois

Terre Plate est un massif forestier de cryptoméria (résineux) basé sur un plateau à 1 300 mètres d’altitude, surplombant Hell Bourg dans le cirque de Salazie. Sa surface est de 106 hectares, dont 94 hectares productifs, avec un volume exploitable très important (144 000 m³) de bois de qualité. Au regard de la topographie et de la pluviométrie exceptionnelle, l'exploitation des bois doit se faire uniquement par câble, car le site est inaccessible par la route.

En terme de potentiel, Terre Plate est le massif forestier clé pour un approvisionnement futur de l’unique scierie industrielle de l’île, Sciages de Bourbon, en bois de cryptomeria. La finalité du projet est de fournir la scierie Sciages de Bourbon à hauteur de 8 000 m³/an, dont 4 000 m³ en moyenne pourraient être issus de Terre Plate, afin d'approvisionner la filière économique avale de transformation du bois à la Réunion.

La technique d'exploitation se fera par des éclaircies et 10 hectares de coupe rase avec la plantation de ces 10 hectares. En accord avec les différents partenaires publics (Conseils départemental et régional, État), l'ONF (Office nationale des forêts) a lancé un appel d'offres visant l'exploitation pour une première période de 7 ans du massif forestier de Terre Plate.

L'analyse des offres a sélectionné une entreprise en capacité de répondre aux objectifs assignés : abattage d'arbres, débardage, descente du bois en câble et formation de 4 bûcherons réunionnais sur site.

Distillerie Rivière du Mât, un savoir-faire innovant pour une agriculture durable

Créée en 1886, la distillerie Rivière du Mât tire son nom de la principale rivière de La Réunion, située au nord-est de l’île. C’est la plus importante des trois distilleries locales, avec une capacité théorique de 400 hectolitres d’alcool pur par jour. Son site actuel de production se situe depuis 1984 à Saint-Benoît, dans le quartier de Beaufonds. Elle est alimentée en mélasse par les deux sucreries de l’île : Le Gol et Bois Rouge.

La production de la distillerie est commercialisée ainsi :

  • Le rhum traditionnel de sucrerie est consommé localement pour 30% de la production, le solde étant exporté en France Métropolitaine.
  • L’eau de vie de canne et le rhum « léger » sont exportés en Europe avec pour marchés principaux la France métropolitaine, l’Allemagne et l’Italie.

Du fait de l’étroitesse du marché local et ne pouvant maintenir son outil industriel et ses emplois pour le seul marché réunionnais, l'entreprise s’est toujours tournée vers l’exportation.

Depuis fin 2012, la distillerie est détenue par la Compagnie financière européenne de prise de participation (COFEPP), société holding du groupe La Martiniquaise, deuxième groupe français spécialisé dans la fabrication et la distribution de vins et spiritueux (derrière Pernod Ricard).

Une entreprise soucieuse de l'impact environnemental de ses activités

La distillerie procédé en 2011 à l'implantation d’une unité de méthanisation des vinasses. Cette unité a permis le traitement anaérobie de 50% des vinasses par méthanisation et la valorisation énergétique du biogaz pour produire de la vapeur en auto-consommation.

Aujourd’hui, la maîtrise du process de méthanisation permet à la distillerie Rivière du Mât d’engager le projet de méthanisation de la totalité de ses vinasses. Elle doublera ainsi sa production de biogaz et sa capacité de cogénération (vapeur et électricité).

L'énergie thermique (vapeur) sera consacrée aux process de la distillerie, et l'électricité produite par les cogénérateurs sera distribuée sur le réseau EDF. Ce projet est porté par la société Saint-Benoît Énergies Vertes, associant la distillerie et Albioma – producteur d'énergie renouvelable indépendant –, sur le site de la distillerie de Beaufonds. Les travaux débuteront en 2018.

Enfin, la distillerie Rivière du Mât prévoit la mise en place d'un recyclage agricole contrôlé des coproduits appelés « ferticanne » issus de la méthanisation. Ils seront utilisés dans le cadre d'un plan d'épandage de 1 342 hectares concernant 105 exploitations agricoles.

Une diversification dans la production de bioéthanol

Animée du souci d’assurer toujours plus solidement son avenir, la distillerie s’ouvre à de nouvelles perspectives de développement. Elle prévoit ainsi la production de bioéthanol qui lui permettra d'alimenter une turbine à combustion (TAC) mise en place par la société Albioma, producteur d'énergie verte, à Saint-Pierre.

Cette TAC viendra en renfort des moyens de production déjà existants, notamment aux heures de pics de consommation électrique. D’une puissance de 41 MWe, la TAC, conçue par General Electric, sera à 80% alimentée par du bioéthanol issu de la mélasse des campagnes sucrières. Du fioul léger sera utilisé uniquement lors des phases de démarrage et d’arrêt de la centrale.

La distillerie Rivière du Mât s'inscrit ainsi pleinement dans les axes de développement des énergies circulaires avec la production de biogaz (Saint-Benoît Énergies Vertes) et de bioéthanol (Albioma) qui figure dans la programmation pluri-annuelle de l'énergie de La Réunion (PPE 2016-2023).

La région Réunion en chiffres

  • 17% du territoire régional utilisé par l’agriculture
  • 7 500 exploitations agricoles
  • 15 000 hommes et femmes travaillent de façon permanente sur les exploitations agricoles
  • Première région européenne productrice de sucre de canne
  • Plus de 100 000 hectares de superficies boisées
  • 4 300 salariés dans le secteur des industries agroalimentaires
  • 1 400 élèves répartis dans 8 établissements d’enseignement agricole ; des formations de la 4e à la licence pro, en partenariat avec l’Université
  • 350 apprentis