Enseignement agricole et territoires : la filière professionnelle services et la filière scientifique
28/06/2018
Marie-Hélène Bouillier-Oudot, Jacques Gallon, Danielle Gozard
Le CGAAER a été chargé d'étudier la place occupée dans les territoires ruraux par deux filières de l’enseignement agricole, la filière « services aux personnes et aux territoires » et la filière générale scientifique

crédit ci-après
Cneac.fr

Rapport de mission de conseil n° 17045 CGAAER

Janvier 2018

Mots clés : enseignement technique agricole, filière professionnelle services, filière générale scientifique, baccalauréat SAPAT, baccalauréat S

Enjeux

Le ministre a chargé le CGAAER d'étudier la place occupée dans les territoires ruraux par deux filières de l’enseignement agricole, la filière « services aux personnes et aux territoires » (SAPAT) et la filière générale scientifique (S), en particulier, leur positionnement par rapport aux formations équivalentes de l’Éducation nationale.

Méthodologie

La mission a mené des investigations séparées sur ces deux filières. La première partie du rapport analyse les caractéristiques et le positionnement de la filière SAPAT par rapport à la filière équivalente de l’éducation nationale à partir de l’étude de quatre régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Hauts-de-France, Pays de la Loire). La seconde partie, consacrée aux spécificités de la filière S par rapport à celles de l’Éducation nationale, s’appuie sur un état des lieux statistique et une enquête auprès de lycées publics et privés.

Résumé

L’instauration de deux baccalauréats débouchant sur les métiers de services à la personne, bac SAPAT dans l’enseignement agricole et bac ASSP à l’Éducation nationale, n’a finalement pas créé de concurrence entre les deux systèmes éducatifs. Les deux maillent les territoires de façon complémentaire. Ils ont des approches pédagogiques et des périmètres de formation différents. Le remplissage des classes est assuré.

En revanche, l’articulation avec les diplômes de travail social relevant du ministère en charge des affaires sociales est plus complexe. Les baccalauréats SAPAT et ASSP (accompagnement, soins et services à la personne) sont mal reconnus par rapport aux diplômes de travail social relevant du ministère en charge des affaires sociales et qui correspondent à des métiers ciblés.

La polyvalence du bac SAPAT est à la fois un atout du fait de son ouverture sur plusieurs champs professionnels et une faiblesse de par son manque de lisibilité.

La compétence « services aux personnes » prédomine dans la formation et l’évaluation des élèves, mais sans être reconnue par les employeurs et les partenaires régionaux.

La compétence « services aux territoires », spécifique à la filière SAPAT, n’est ni valorisée dans la formation et les évaluations, ni connue en terme de débouchés.

La mission a fait six recommandations se rattachant à trois objectifs :

  • revaloriser la place de la filière aux niveaux national et régional dans le pilotage de l’enseignement agricole,
  • reconsidérer la compétence « services aux territoires » dans la formation et l'évaluation,
  • et favoriser le travail en réseau des établissements.

Avec 1,1 % des effectifs de 1ère S, la filière scientifique de l’enseignement agricole ne fait pas concurrence à celle de l’éducation nationale. Ce baccalauréat joue un rôle significatif dans la formation des enfants d’agriculteurs (14 % des effectifs). La majorité des élèves (55 %) sont internes. Le taux moyen de réussite au bac S des lycées agricoles publics est supérieur de plus de deux points à celui de l'Éducation nationale.

Environ 38 % des bacheliers S-EAT (écologie, agronomie et territoires) poursuivent leurs études en BTS et DUT, soit près du double de l'ensemble du bac S. Cette voie est privilégiée par certains élèves pour accéder aux écoles d'ingénieurs et de vétérinaires. Cette filière présente plusieurs facteurs d’attractivité :

  • la taille des établissements, les classes peu chargées, le climat scolaire, l’internat,
  • les résultats aux examens,
  • l'enseignement d'exploration EATDD (écologie, agronomie, territoire et développement durable) en 2nde GT et l'enseignement de spécialité EAT en 1ère et terminale.

La mission recommande le maintien de la filière dans l'enseignement agricole et préconise d’examiner les ouvertures de classes de 1ère S en lien avec l’Éducation nationale.

Lien vers le rapport : Enseignement agricole et territoires - La filière professionnelle services et la filière scientifique (PDF, 1.81 Mo)


Logo abonnementS'abonner à La lettre du CGAAER