Ecoantibio 2017 : une seule santé, une seule planète
Les antibiotiques sont certainement la découverte la plus importante pour la vie. A contrario, l'antibiorésistance est un défi majeur pour la planète. Explications.

Vétérinaire effectuant la vaccination par injection sur un lot de canards " Mulards ".
La santé animale et la santé humaine sont indissociables. C'est le concept d'« une seule santé / one health » porté par l'Organisation mondiale de la santé. Le monde animal et le monde humain partagent, pour une grande partie, les mêmes maladies et le même arsenal thérapeutique. Avec le réchauffement climatique et la mondialisation des échanges, les hommes et les animaux sont exposés à de nouvelles maladies alors même que la résistance aux antibiotiques - « l'antibiorésistance » - justifie une prise de conscience et une mobilisation urgente de tous.

Les antibiotiques sont utilisés pour traiter les infections d'origine bactérienne, ils n'ont en revanche aucune action contre les virus. Depuis quelques années, on observe une moindre efficacité des antibiotiques : certaines bactéries auparavant sensibles à l'antibiotique ne sont plus détruites ou leur multiplication n'est plus arrêtée.

La lutte contre l'antibiorésistance est un enjeu majeur de santé publique mondiale. Le risque principal est celui de la transmission de l'homme à l'animal et de l'animal à l'homme, de mécanismes de résistances à des bactéries par contact direct, par voie alimentaire ou par l'environnement.

L’arsenal thérapeutique est limité. Aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de découvrir de nouvelles molécules efficaces, il est donc essentiel de préserver l’arsenal thérapeutique dont on dispose. Il faut notamment limiter l’usage des molécules très efficaces vis-à-vis de germes très dangereux que l’on appelle les « antibiotiques critiques ».

Au cours des années 2000, la France est devenu leader européen et même mondial dans la lutte contre l’antibiorésistance en médecine vétérinaire. Le plan Ecoantibio 2017 lancé en 2012 montre déjà des résultats encourageants. L'objectif est de réduire de 25 % en 5 ans l'usage des antibiotiques. En deux ans, une baisse de 13 % a été observée, avec des résultats à nuancer selon les filières animales et les familles d'antibiotiques. Le message « les antibiotiques, c'est pas automatique » est passé dans la filière des animaux d'élevage, alors que l'on observe une augmentation des antibiotiques dit critiques pour les animaux de compagnie.

La loi d’avenir, adoptée en 2015, prévoit de renforcer le dispositif, par exemple encadrer davantage l'utilisation des antibio d'importance critique ou dans les élevages industriels, limiter l’usage des antibiotiques en préventif et faire évoluer les méthodes d’élevage.

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La perspective de développer de nouveaux antibiotiques est très réduite. Préserver l'efficacité des antibiotiques existants est donc devenu une priorité car ils sont indispensables à la santé humaine et animale.

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