Dommages occasionnés par la pyrale du buis
photo d'Olivier Baubet (DSF/Ministère)

Après une année 2016 très active en Auvergne-Rhône-Alpes, la pyrale du buis fait à nouveau parler d’elle

La pyrale du buis, espèce invasive originaire d’Asie du sud-est, est arrivée en France en 2008. Cet insecte, à la forte prolificité, a connu un développement particulièrement dynamique au cours de la saison 2016, avec le passage de la pyrale dans le milieu forestier. Les dommages sur les buxaies et leur environnement sont nombreux. Le Département de la santé des forêts a construit une stratégie de surveillance adaptée aux enjeux et reste moteur dans les partenariats avec la recherche.

Retour sur la grande invasion

Sur la région Auvergne-Rhônes-Alpes, la pyrale du buis a été détectée en 2011 dans les parcs et jardin. Ce n’est qu’à partir de 2015 que les premiers dommages concernant le milieu naturel ont été enregistrés. Certaines zones concentrées ont été défoliées en totalité. Le cycle de la pyrale du buis est particulièrement dynamique, les femelles peuvent pondre jusqu’à 1200 œufs. Avec 3 générations par an, en 2016, les forêts ont subi une véritable invasion.

Les défoliations totales et continues des buxaies ont concerné les départements de l’Ain, la Savoie, l’Isère, la Drôme et l’Ardèche. Dans ces départements, ce sont plusieurs milliers d’hectares qui ont été atteints.

Les défoliations ne concernent pas seulement la masse foliaire des buis, mais aussi les écorces et les bourgeons (de la ramification fine aux branches et tiges). Ces derniers dommages sont à l’origine de dépérissements marqués, correspon-dant à la mortalité totale ou partielle des parties aériennes des buis. La survie des buxaies est remise en cause et mérite d’être analysée.

Durant cet épisode, en fin d’été 2016, les zones défoliées ont présenté une sensibilité particulière aux départs de feu. Dans l’Ain et en Savoie, plusieurs départs de feu ont été enregistrés, des arrêtés interdisant l’accès aux forêts ont été pris.

Evaluation des risques en 2017

La pyrale du buis passe l’hiver au stade larvaire, et malgré une période de froid intense de janvier 2017, les chenilles ont réussi à passer ce cap. Depuis le milieu du mois de mars, elles sont sorties de l’hivernage.

  • Sur les zones totalement défoliées en 2016, les chenilles ont émergé en masse. Par contre, elle n’ont rien pour s’alimenter, leur croissance est très ralentie. Sur ces zones, il faut s’attendre à un effondrement des populations.
  • Sur les secteurs au contact des zones défoliées en 2016, les chenilles sont présentes et en phase de croissance active. Il faut donc s’attendre à un déplacement de l’épidémie vers des zones jusqu’alors épargnées. Dans la région, la présence de la pyrale est notée jusqu’à des altitudes d’environ 600 mètres. Le buis étant largement présent sur l’ensemble des massifs calcaires, on peut s’attendre à ce que l’atteinte des buis progresse jusqu’à ces limites.

La gestion de la pyrale dans les zones de présence

La pyrale est implantée dans divers milieux naturels. Une lutte par traitement sur les zones forestières n'est pas envisageable tant sur le plan technique, économique qu’environnemental.

Le buis constitue également un patrimoine arboré important et structurant tant pour les particuliers que pour les collectivités. Des solutions pour limiter la pression de ce ravageur sont diversifiées comme l'atteste le programme "Save buxus".

Il convient d’avertir les particuliers et collectivités de la montée en puissance de ce nouveau ravageur.

Un insecte gênant

La présence abondante de chenilles dans les buis a constitué une gêne majeure à la fréquentation des massifs. Rappelons que ces chenilles ne sont pas urticantes. A ce jour, elles n’ont pas occasionné de dommage significatif sur d’autres essences que les buis. Durant chaque essaimage, les vols de papillons ont constitué une véritable gêne pour les riverains. Les éclairages ont concentré les papillons : dès la tombée de la nuit, des pluies de papillons se sont déversées dans les zones urbanisées. Parmi les autres désagréments, les papillons ont causé de réels gênes aux fonctionnements de certaines installations (groupe frigorifique et climatisations avec des échangeurs colmatés). La gêne à la visibilité dans la circulation automobile a pu ponctuellement perturber les conditions de trafic…

Une surveillance adaptée

Suite à l’invasion de pyrales du buis dans le milieu naturel enregistrée en 2016, le DSF a adapté sa stratégie pour répondre aux nouveaux enjeux :

  • un suivi des zones défoliées par la pyrale est réalisé en continu par les correspondants-observateurs. Un point en fin de période d’activité (octobre) va permettre de mieux cerner la dynamique des populations de cet invasif dans le milieu naturel.
  • le suivi de la réaction des buis à la défoliation totale fait partie des enjeux forts pour le milieu forestier. Un réseau de placette a été installé pour 5 ans, sur les zones défoliées.
  • le suivi des prédateurs et parasitoïdes s’attaquant à la pyrale du buis dans les zones de pullulation va être réalisé avec l’INRA et l’Unité expérimentale Entomologie et Forêt Méditerranéenne. Une convention sur 3 ans prise en charge par la DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes va permettre d’identifier la réaction du milieu naturel à cette invasion biologique.

A terme, l’ensemble de ces suivis devraient permettre de disposer d’une meilleure connaissance de la dynamique des populations de pyrale mais aussi des facteurs qui y sont liés.

Dommages occasionnés par la pyrale du buis (PDF, 6.58 Mo)