Des brebis au pied du sapin de Noël
12/12/2017
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© Pascal Xicluna / Min.Agri.Fr
Depuis 25 ans, Jean-Luc Rat-Patron et sa femme Agnès font pousser leurs sapins de Noël de qualité à Saint-Thibaud-de-Couz en Savoie. Un produit de fête élaboré dans le respect de l’environnement. Rencontre.

Sur la plate-forme de stockage des Sapins de Chartreuse, à Saint-Thibaud-de-Couz, près de Chambéry, l’air est humide et le soleil semble bien loin. Pas idéal pour les hommes, mais les sapins de Noël s’y sentent bien : coupés dès la mi-novembre, cette mise au frais les gardera beaux dans les foyers pendant les fêtes.

Aux côtés de Jean-Luc Rat-Patron et de sa femme Agnès, permanents et saisonniers s’affairent pour préparer les commandes. À cette période, entre 1000 et 2000 sapins sont mis en palette chaque jour pour être vendus dans les jardineries de la région. « Mais on s’occupe de nos sapins toute l’année ! » précise Agnès. Un beau sapin, droit et dense, avec une tige terminale centrée, une couronne bien fournie n’est pas le fruit du hasard : il faut surveiller sa croissance et le tailler deux fois dans l’année pour faire la différence le jour du réveillon.

La plupart des sapins viennent de petites parcelles sur les pentes de la vallée de Couz. « C’est une passion qui vient de loin : mes arrière-grands-parents étaient bûcherons dans le Tyrol ! Et mon père, agriculteur, vendait quelques sapins sur les bords de Saône à Lyon. C’était sa prime de Noël  », sourit Jean-Luc Rat-Patron. L’entreprise fêtera bientôt ses 25 ans. Dès l’origine s’est ajoutée une activité de création de jardins : « Il fallait gagner sa vie en attendant que les premiers sapins poussent : près de 10 ans sont nécessaires pour un sapin de 2 mètres ! »

Jean-Luc Rat-Patron, dans une des parcelles de l'entreprise Sapins de Chartreuse. ©Pascal.Xicluna/Min.Agri.Fr

En 2005, la petite entreprise s’est engagée dans une méthode de production originale, avec pour alliées des brebis Shropshire, une race galloise, «  les seules qui mangent les herbes mais ne s’attaquent pas aux sapins ». Elles pâturent d’avril à fin octobre et débarrassent la pépinière d’une partie des herbes qui font concurrence aux sapins. Résultat : l’entreprise a diminué de 90 %son utilisation de produits phytosanitaires. « Certes, cela complique la production : il faut clore les parcelles, penser à l’eau pour les bêtes, les surveiller et les changer régulièrement de parcelle. Mais c’est un choix réfléchi : peut-être qu’un jour, sur ces terres, mes gamins feront pousser des salades ! » explique Jean-Luc.

Ces sapins durables sont aussi vendus directement aux particuliers, sur place ou sur les marchés de Noël. « C’est un aboutissement, la raison d’être du sapin ! Et c’est agréable de voir les gens choisir leur sapin. Pour eux, le plus beau c’est celui qu’ils imaginent déjà dans leur salon. »

Sapins de Noël : quelques chiffres

  • En 2016, environ 800 exploitations productrices de sapins de Noël ont été recensées en France pour une superficie totale de 6 000 ha.
  • L’espèce la plus fréquente est le sapin de Nordmann (75% du marché).
  • Près d’un foyer français sur quatre a acquis un sapin de Noël en 2016. Le sapin naturel reste le favori des français, il représente près de 84 % des achats.

Visiter le site des Sapins de Chartreuse

Visiter le site de l’Association Française du sapin de noël naturel (AFSNN)

En images : visite de l’exploitation « Les Sapins de Chartreuse »

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