Déploiement du plan Ecophyto : des résultats encourageants
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© Pascal Xicluna / Min.Agri.Fr

Instance de gouvernance du dispositif Ecophyto, le Comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) suit la mise en œuvre de ce plan visant une réduction de 50% des produits phytosanitaires d’ici 2025. Piloté par le ministre de l’Agriculture, cette instance, composée de professionnels, de chercheurs et de représentants de l’administration, se réunit deux à trois fois par an. Le dernier comité s’est tenu le 30 janvier dernier, et a mis en avant des résultats concluants.

Le réseau de fermes pilotes DEPHY affiche des performances probantes en termes de réduction d’intrants. Le dispositif des CEPP permettra une meilleure sensibilisation des agriculteurs via les distributeurs. Plus largement, des progrès significatifs ont été constatés dans des domaines aussi variés que la formation et la recherche.

Les fermes DEPHY, « fer de lance » du plan Ecophyto

Lancé en 2009, ce réseau rassemble des exploitations agricoles engagées dans une démarche volontaire de réduction de l’usage des pesticides. En 2016, fort de ses résultats encourageants, il a été élargi de 2 000 à 3 000 fermes réparties sur tout le territoire (hexagone et DOM).

Le bilan présenté le 30 janvier dernier par le COS montre qu’entre 2010 et 2015, les exploitations qui participent DEPHY ont baissé de 18% en moyenne leur utilisation de produits phytosanitaires (mesurée par l'indice de fréquence de traitement IFT), toutes filières confondues. Et ce, tout en préservant le même niveau de production et de rentabilité. Cependant, les résultats sont très contrastés selon les filières agricoles :

  • - 11% en grandes cultures (céréales, oléagineux) et polyculture-élevage ;
  • - 12% en viticulture ;
  • - 25% en cultures légumières ;
  • - 8% en arboriculture ;
  • - 33% en horticulture ;
  • de - 28% à - 75% en cultures tropicales (bananes, mangues).

Désormais, le réseau entre dans une nouvelle phase : essaimer des pratiques qui ont fait leurs preuves à d’autres exploitations. Avec une trajectoire bien précise : contribuer à engager 30 000 exploitations agricoles dans la transition agro-écologique d’ici 2022, soit 10% du nombre total sur le territoire.

Les CEPP appelés à jouer un rôle majeur

Parmi les principaux leviers à mettre en place pour y parvenir, le COS souligne le rôle essentiel des certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques (CEPP). Ce dispositif contraint les distributeurs à obtenir un certain nombre de certificats justifiant de leurs actions de promotion des méthodes permettant de réduire l'usage de pesticides dans les exploitations de leurs clients.

L’expérimentation de ce nouvel outil a commencé en septembre dernier avec vingt fiches-actions validées par l’Institut national de recherche agronomique (Inra). Les distributeurs devront avoir atteint leur objectif pour 2021.

De la formation à la recherche : la dynamique Ecophyto à l’œuvre

Le COS relève de nombreux progrès enregistrés dans une grande variété de domaines :

  • Le NODU (nombre de doses unités), indicateur de suivi du plan, affiche, pour la première fois depuis sa mise en place en 2008, un léger recul entre 2014 et 2015, avec une baisse de 2,7% des ventes de produits phytosanitaires à usages agricoles. Sa valeur moyenne triennale augmente néanmoins de 4,2% entre les périodes 2012-2014 et 2013-2015. Calculé à partir des données de vente des distributeurs de pesticides, le NODU correspond à un nombre de traitements moyens appliqués annuellement à l’ensemble des cultures, à l’échelle nationale.
  • La formation : 575 000 professionnels détiennent désormais le Certiphyto (certificat individuel à destination des utilisateurs de produits phytosanitaires qui a fait l’objet d’une simplification administrative en 2016), dont 375 000 agriculteurs et salariés agricoles. Un chiffre qui représente 97% de la profession !
  • L’information : 3 500 bulletins de santé du végétal (documents techniques qui informent les exploitants sur la situation sanitaire régionale des parcelles) ont été publiés l’an dernier en régions. Le portail de référence de la protection intégrée des cultures, EcophytoPIC compte quant à lui 13 500 de visiteurs uniques par mois, soit une augmentation de 12% par rapport à 2015.
  • La recherche et l’innovation : 6,1 millions seront consacrés en 2017 à la recherche et à l’innovation, un chiffre en forte hausse par rapport aux 2,8 millions attribués en 2016.
  • La phytopharmacovigilance (dispositif de surveillance des effets indésirables des produits phytopharmaceutiques) : le COS souligne la montée en puissance de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail). En plus d’évaluer leur efficacité et leurs risques, l’Agence délivre depuis le 1er juillet 2015 les autorisations de mise sur le marché (AMM) des produits phytosanitaires. Elle assure également la surveillance des résidus de ces produits dans notre alimentation et dans l'environnement.

A l’issue de la réunion du 30 janvier, le COS se félicite de la volonté partagée au sein du Comité de diminuer le recours aux produits phytosanitaires dans l’agriculture française. Pour ce faire, il mise sur une optimisation toujours plus efficace des sources de financement mises à disposition et une simplification de la gouvernance nationale.